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Elle veut rendre Marc-Antoine Charpentier aussi célèbre que Bach

Mathilde Piganeau

© Les Fous divertissants

Mathilde Piganeau

Caroline Becker - publié le 03/05/21

Jeune ensemble de musique baroque créée en 2014 par Mathilde Piganeau, les "Fous divertissants" explorent la musique de Marc-Antoine Charpentier. Un compositeur profondément inspiré qui a consacré une grande partie de sa carrière à la composition de musique sacrée et dont la foi, qui transparaît dans chacune de ses notes de musique, fait écho à celle de la jeune directrice artistique.

“Pour moi, Charpentier, c’est le Bach français”, commence Mathilde Piganeau, directrice artistique des “Fous divertissants”, ensemble baroque qu’elle a créé il y a sept ans, une fois son prix de flûte à bec en poche. Dans le monde de la musique baroque, cette jeune maman de quatre enfants, qui joue aussi du clavecin et étudie la théologie, fait figure d’exception. Sortie d’une école de commerce, elle décide de se consacrer à la musique et se forme au conservatoire de Versailles. C’est là-bas, alors qu’elle participe aux Jeudis musicaux organisés par le Centre de musique baroque, que son désir de prendre la direction artistique d’un ensemble prend naissance. Les concerts sont l’occasion de rencontrer de jeunes et talentueux musiciens qui, motivés par son projet, acceptent de la suivre ! Très vite naît “Les Fous divertissants”, un nom choisi en hommage à un opéra de Marc-Antoine Charpentier, son compositeur de prédilection.  

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Les Fous divertissants.

 “J’aime le côté mystérieux de Charpentier. On ne sait pas grand chose de lui, il n’y a pas de portrait officiel, peu de correspondances… mais sa musique dit beaucoup de lui. Elle est très expressive et teintée d’une foi profonde, à l’image de Bach”, raconte-t-elle. Compositeur prolifique de la cour de Louis XIV, Marc-Antoine Charpentier n’est, à son époque, pas aussi célèbre que le grand Jean-Baptiste Lully et ce dernier lui met souvent des bâtons dans les roues. Formé à Rome où il rencontre de nombreux compositeurs italiens, Charpentier sera, toute sa vie, fortement influencé par la musique italienne. Un style qui n’est pas toujours apprécié à la cour de Versailles mais qui fait toute la force de la musique de Charpentier, notamment celle consacrée à la liturgie et qui représente deux tiers de sa production. “La musique religieuse de Charpentier est très belle, très fine, pleine de couleurs et d’expressivité”. C’est justement pour faire rayonner ce répertoire incroyable, composé de messes, motets, hymnes, litanies, magnificats… que Mathilde se consacre corps et âme à la mise en valeur de l’œuvre si inspirée du compositeur. “On ne sait rien de la foi de Charpentier, elle est bien sûr intime au compositeur, mais il est clair qu’il n’a pas pu écrire de tels chef-d’œuvres sans être habité par Dieu”, souligne Mathilde. 

Si Marc-Antoine Charpentier est davantage célèbre pour son Te Deum, rendu célèbre grâce à l’Eurovision, Mathilde porte une affection particulière pour des œuvres plus intimes, notamment le De Profundis (H189) écrit très rapidement en 1683 suite à la mort brutale de la reine Marie-Thérèse d’Autriche, épouse de Louis XIV. “Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur” sont les premiers mots de cette œuvre funèbre incroyable, inspirée du Psaume 130, où Charpentier excelle dans l’art de l’harmonie. Plein de lyrisme et d’intériorité, l’œuvre y exprime parfaitement la désolation. À la fin, l’air du Requiem aeternam (“Donne leur le repos éternel”), qui s’élève vers le ciel dans une atmosphère éthérée, est rythmée à la basse par le son du glas, rappel discret de la mort, chemin inévitable qui mène à Dieu. 

“Ces œuvres sont si belles que j’espère toucher le cœur des auditeurs, notamment les catholiques, pour qu’ils renouent avec leur patrimoine sacré. C’est en effet un désir que je porte en moi, en tant que chrétienne, de pouvoir lier la musique sacrée et l’Église”, explique Mathilde, qui reconnaît cependant que cette musique, aujourd’hui davantage jouée lors de concerts, n’est plus adaptée à nos offices actuels. “Les messes ont changé. L’objectif de Vatican II était que les fidèles se réapproprient la liturgie en étant plus impliqués, notamment dans le chant. Les œuvres sacrées des grands compositeurs nécessitent un chœur professionnel, il est donc difficile d’imaginer pouvoir les rejouer lors des célébrations”, indique-t-elle. Mais qu’importe, Mathilde continue la belle mission qu’elle s’est lancée de faire résonner Charpentier dans le cœur de tous, croyants ou non. En décembre dernier, l’enregistrement de ses antiennes “Ô” de l’Avent, ont été diffusées sur la chaîne KtoTV. Des concerts en direct sont également proposés sur sa chaîne Youtube pour pallier le confinement. 

D’autres projets passionnants sont en cours, notamment un programme sur Charpentier construit autour de Marie. Plus tard, Mathilde souhaite s’attaquer à Jean-Sébastien Bach, un autre compositeur chère à son cœur, qui a consacré toute sa vie à la gloire de Dieu. “Nous commencerons par la cantate “Actus tragicus” (BWV 106)”, indique-t-elle. Une œuvre d’une grande intensité, dont la profondeur ne sont pas sans rappeler celles des œuvres de Marc-Antoine Charpentier.  

Tags:
Musique
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