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Un aumônier militaire au secours d’un enfant vendu pour ses organes

Ignacio María Doñoro

Juankidyc | Image by Ignacio María Doñoro | CC BY-SA 4.0

Francisco Vêneto - publié le 16/08/21

Au Salvador, dans les années 1990, un aumônier militaire a sauvé un enfant du trafic d'organes en se faisant passer pour un trafiquant.

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L’histoire du père Ignacio María Doñoro de los Río est digne des plus grands James Bond. L’ancien aumônier militaire de 57 ans a été nommé pour recevoir le prix Princesse des Asturies dans la catégorie « Concorde ». Ceci pour récompenser son travail passé durant 25 ans auprès de jeunes victimes de pauvreté extrême et contre le trafic humain. 

Doté d’un grand courage, il s’est démarqué dans les années 1990 au cours d’une mission spéciale au Salvador avec le Corps national de police d’Espagne. C’est à cette époque qu’il sauve d’une mort certaine un enfant prêt à être vendu pour ses organes.

Marchandise défectueuse

Cette histoire commence au sein d’une famille de cinq enfants. Parmi eux, Manuel, 14 ans qui souffre d’une paralysie. Ses parents, très pauvres, décident de le vendre pour se faire un peu d’argent et nourrir leurs quatre autres filles. Ils n’en demandent que 25 dollars. Rapidement, de nombreux acheteurs se manifestent. Mais pas n’importe lesquels. Il s’agit de criminels dont l’objectif est clair : tuer le jeune homme pour récupérer ses organes afin de les vendre sur le marché du trafic d’organes. Car quoique « défectueuse », la « marchandise » a suffisamment de valeur en pièces détachées.

Tout dans cette histoire paraît sortir d’un cauchemar. La misère si grande d’une famille qu’elle est obligée de vendre l’un de ses enfants ; un enfant traité et manipulé comme un animal que l’on mène à l’abattoir ; la vente d’un être humain par un autre sans le moindre scrupule. Le plus choquant, c’est que Manuel est loin d’être le seul dans son cas. Le trafic humain est un problème qui dure depuis des siècles et qui malheureusement est toujours d’actualité.

L’opération de secours délicate

En apprenant le sort qui attend Manuel, le père Ignacio n’hésite pas à risquer sa vie pour le secourir. Pendant une semaine, il ne se rase pas, s’habille en civil puis loue un camion et se rend dans les montagnes de Panchimalco là où vit la famille de Manuel. Se faisant passer pour un trafiquant, il achète le garçon et offre un dollar de plus que les précédents. Après quoi, il charge le garçon dans le camion et l’emmène, le tirant ainsi des griffes d’un sort tragique. 

Dans un entretien avec El País, le père Ignacio s’est confié : « En un dixième de seconde, je me suis rendu compte que ce genre d’opportunité n’arrive pas deux fois dans une vie. On doit faire le choix de la saisir ou la laisser passer. Et si on la saisit, elle peut nous emmener là où on aurait jamais imaginé […] J’étais très conscient que cet enfant allait changer ma vie. »

On demande alors au père Ignacio ce qu’il pense de la famille. Savaient-ils ce qu’il allait advenir de leur enfant ? Étaient-ils au courant pour le trafic d’organes ? À cela, le prêtre répond simplement : « Si j’ai appris une chose avec le temps, c’est qu’on ne peut pas les juger. Cet enfant allait mourir et ils l’ont vendu poussé par une situation sans espoir. »

Grâce au père Ignacio, le garçon a pu être soigné. Avec de la physiothérapie, Manuel a non seulement survécu, mais a aussi retrouvé l’usage de son corps. Aujourd’hui, il est en vie et profondément reconnaissant. Le père Ignacio, de retour en Espagne, a reçu une lettre dans laquelle le jeune homme y exprime sa joie et déclare que le prêtre a été la « personne la plus importante dans sa vie ». 

La mission du père Ignacio continue

Mais la générosité du père Ignacio ne s’est pas arrêté avec Manuel. Avec des amis, il a fondé au Pérou la Maison Nazareth dont la mission est de s’occuper des orphelins et des enfants de familles pauvres comme Manuel. Des familles qui vivent dans la pauvreté et qyu se retrouvent à faire des choix impossibles pour survivre. Prostitution, crime, et bien entendu, trafic humain.

Le père Ignacio a reçu en 2021 le prix de solidarité du magazine Telva. Les 20.000 dollars ont contribué à l’achat d’équipement pour permettre à la Maison Nazareth de développer son agriculture et devenir autonome. Aujourd’hui, l’ancien aumônier continue d’assumer sa mission avec détermination.

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