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Săpânța, un cimetière joyeux pour voir la mort autrement

cimetière

© Adela Lia Rusu / shutterstock

Domitille Farret d'Astiès - publié le 31/10/21

À Săpânța, un village niché à l'extrême nord de la Roumanie, un cimetière unique au monde met la mort à l'honneur à travers des stèles bariolées mettant en scène la vie des défunts.

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Franchir ce portail de fer, c’est consentir à en prendre plein les mirettes mais aussi à rire et à pleurer tout à la fois. Car ici, dans le cimetière de Săpânța, joliment surnommé le  »cimetière Joyeux », la vie n’a pas dit son dernier mot. Nous sommes dans les Maramures, une région rurale du nord-ouest de la Roumanie, à quelques pas de la frontière ukrainienne. Partout, des stèles de chêne colorées ornées de bas-reliefs au style naïf, surmontées de croix elles-mêmes coiffées de petits toits. Chacune d’entre elles est unique. Ici, un soldat au garde-à-vous le sourire aux lèvres devant un tank. Là, une mère de famille posant avec toute son encombrante marmaille. À quelques mètres, une femme égrène son chapelet. Plus loin, un facteur qui pour le coup est bien passé, une femme penchée sur sa quenouille avec une application à faire pâlir d’envie la Belle au Bois Dormant, ou encore un trio de violonistes en costumes traditionnels façon 2Be3 à la mode roumaine.

Chaque tableau et l’épitaphe qui l’accompagne, qui prend la forme d’un court poème, donnent à voir qui était le défunt à travers son métier, sa famille, ses souffrances ou même ses péchés mignons. Parfois encore, ils mentionnent la façon dont il est mort, souvent avec tendresse et poésie, parfois avec humour. Ces panneaux, encadrés de motifs floraux et géométriques chamarrés, avec une prédominance de bleu dit de Săpânța, donnent à voir de façon colorée la vie paysanne, familiale, culturelle, religieuse culturelle des habitants des lieux dans toute leur diversité. Le bleu, omniprésent, représente chez les chrétiens l’infini du ciel et symbolise la fidélité et la foi. C’est aussi la couleur de la Vierge, lien entre le céleste et le terrestre.

Les joies et les peines de la vie quotidienne

En cheminant au milieu des tombes, on découvre des réalités de vie souvent dures. Ainsi, Grigore raconte qu’il aimait son tracteur mais aussi trouver du réconfort dans l’alcool. Pour sa part, Teodosia confesse qu’elle n’a pas eu une existence facile puisqu’elle a fait un mariage malheureux et… qu’elle a dû cohabiter avec sa belle-mère. Gheorghe, médecin, déclare quant à lui qu’il a travaillé dans un dispensaire et confie avoir fait de son mieux pour aider les autres. À la lecture de certains textes, les gorges se serrent. Comme devant la sépulture d’Anuta, fauchée par une voiture à l’âge de 3 ans. « Je m’en vais pour toujours. […] Le Bon Dieu m’a tellement aimée qu’il m’a fait venir près de lui ».

Le cimetière entoure l’église orthodoxe Nașterea Maicii Domnului, qui célèbre la Nativité de la Vierge Marie. Les croix sont l’œuvre de Stan Ioan Patras, un artisan de Săpânța qui a mêlé son talent à la tradition du travail du bois des Maramures. Du début des années 1930 jusqu’à sa mort en 1977, il a sculpté et peint ces stèles originales mettant en scène ses contemporains. Le flambeau a ensuite été repris par Dumitru Pop, l’un de ses apprentis. Au-delà du plaisir des yeux et du réel intérêt culturel, en abordant la mort avec simplicité et non comme une réalité taboue, ce lieu montre à quel point la mort et la vie sont liées et redit que la mort n’est que l’entrée dans la meilleure vie… avec Dieu.

Pour découvrir la beauté du cimetière, cliquez sur le diaporama :

Tags:
CimetièreMortroumanie
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