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Mgr Lovey : le pape François « connaît vraiment bien la Suisse »

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Shutterstock I Fedor Selivanov

I.Media - publié le 02/12/21 - mis à jour le 02/12/21

Lors de leur visite ad limina à Rome du 22 au 28 novembre, les évêques de Suisse ont échangé pendant près de deux heures avec le pape François. Ils ont pu constater que le souverain pontife connaissait "vraiment bien la Suisse".

Les évêques de Suisse étaient tous à Rome du 22 au 28 novembre 2021 pour leur visite ad limina. Le 27, Mgr Jean-Marie Lovey a reçu I.Media dans la résidence Sainte Marthe – le lieu de vie du pape François – où lui et ses frères évêques ont posés leurs valises pour une semaine. L’occasion pour le Valaisan de revenir sur le sens de ce pèlerinage romain et sur sa rencontre avec le pontife.

La veille en effet, l’évêque de Sion et ses confrères suisses ont passé « pratiquement deux heures » avec le pape François. Un temps qui venait parachever une intense séquence de rencontres tout au long de la semaine. Si le prélat ne souhaite pas révéler le contenu de cette longue discussion, que les évêques ont décidé de présenter ensemble lors d’une conférence de presse le 29 novembre, il a accepté de revenir sur ses impressions personnelles.

Un coup de pouce papal pour le Synode

Mgr Lovey a ainsi a souligné que le pape François avait insisté – comme il l’a fait régulièrement ces derniers mois – sur la question du synode sur la synodalité lors de leur rencontre. « Il a rappelé l’opportunité que représentait cette démarche importante mais aussi ce qu’elle n’était pas : un Parlement ».

« Je crois que ce n’est pas tout à fait innocent qu’il dise cela à la Suisse », continue le prélat valaisan avec un sourire. « On a un culture démocratique et parlementaire qui est très ancienne et chacun de nous est très frileux si on touche à cette réalité-là ». Une spécificité qui constitue un « défi synodal » pour les évêques suisses, estime-t-il.

« Il faut permettre aux gens de s’exprimer sans tomber dans certains pièges », explique Mgr Lovey. Par exemple en répondant à un certain fatalisme qui laisse à penser que « l’enquête » synodale sera une goutte d’eau une fois synthétisée avec les autres rapports du reste du monde. « Mais c’est le chemin, plus que le terme et l’objectif visé, qui importe », souligne le Valaisan. « Et le chemin, c’est le Christ », insiste-t-il, « c’est lui le centre ».

L’énergie du Pape

Revenant à sa rencontre avec le pontife, Mgr Lovey confie avoir été personnellement frappé par deux choses. D’abord la « forme incroyable » affichée par le pape François. « Une demi-heure après nous, il recevait le président Emmanuel Macron ; il ne s’est pas épargné : il s’est donné à fond ».

Cette discussion, raconte-t-il, a surtout été un grand moment d’écoute de la part du pape François. « Il nous a dit de parler de ce que nous voulions sans crainte », se réjouit-il, leur rappelant que dans les Évangiles, on ne voit jamais le Christ avoir peur.

« Le Pape était intéressé et présent », continue le prélat suisse. Leur conversation s’est faite en allemand, en français et en italien, chacun parlant dans sa langue, et ce pratiquement sans l’aide du traducteur présent. « Le Pape comprend bien le français », note-t-il.

Le sens de l’humour

Mgr Lovey a aussi été grandement frappé par les capacités « humoristiques » du pape François. « Franchement, il a eu quelques réflexions tout à fait drôles ! », confie-t-il, « et qui montraient qu’il connaît vraiment bien la Suisse et en perçoit les nuances ». Et son sens de l’à propos, ajoute-t-il, « montre qu’il est très attentif à ce qui est en train de se dire ».

La rencontre avec François aura été le moment fort de leur semaine de « pèlerinage » qui les a menés sur les tombes des apôtres Pierre et Paul. Chaque matin, l’évêque de Sion et ses frères évêques ont célébré une messe ensemble dans une des basiliques majeures de Rome, comme le veut la tradition.

Un retour « à la source » essentiel, explique Mgr Lovey, surtout au regard du programme « serré » qu’implique une visite ad limina. Lui et tous les évêques se sont rendus, tout au long de la semaine, dans une quinzaine de dicastères du Saint-Siège, ces ministères qui administrent depuis Rome toutes les dimensions de l’Église catholique. Puis se sont répartis, en fonction de leurs spécialités et de leurs besoins spécifiques, entre les autres entités de la Curie romaine.

La « patte pape François »

L’évêque se réjouit d’un véritable changement de « climat » dans tous les dicastères, ce qu’il interprète comme une « confirmation de la patte “pape François” » à Rome. Se rappelant de sa précédente visite en 2014, il note que « dans plusieurs dicastères, ce n’était pas cette atmosphère là ».

Partout, les évêques ont reçu non seulement « un accueil sympathique », mais ont perçu la « disponibilité » des membres de la Curie, prêt à écouter ce qui les préoccupait et à « entendre la réalité de nos églises ».

Un changement qu’il juge « heureux » : « On se rend bien compte que notre ministère d’évêque, c’est d’être au service des gens, et qu’on ne peut pas l’être en étant qu’au service d’une catégorie de personnes ».

Lors de cette semaine, les évêques suisses ont aussi eut des contacts avec leurs célèbres compatriotes de la Garde Suisse. Une petite rencontre a même été organisée avec quelques gardes dans la semaine, et, comme ses confrères, Mgr Lovey a pris du temps pour rencontrer certains gardes de son canton.

Tous les évêques les retrouveront plus officiellement lundi pour une messe, juste avant la séance ordinaire de la conférence des évêques suisses qui se tiendra exceptionnellement à Rome. À son issue, en fin de journée, les évêques tiendront enfin une conférence de presse pour revenir plus en détail sur leur séjour romain.

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