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Thea Bowman, la petite-fille d’esclaves qui pourrait devenir sainte

THEA BOWMAN

sistertheabowman.com

Sandra Ferrer - publié le 12/02/22

Sœur Thea Bowman (1937-1990), descendante d'esclaves, a toujours promu l'unité, le respect et l'amour entre tous dans l'Église. Son "ministère de la joie" a laissé du fruit. Servante de Dieu, elle fait l’objet d’un procès en béatification.

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Au milieu du XXe siècle, les États-Unis ont connu l’une des périodes les plus conflictuelles de leur histoire. La lutte pour les droits civiques a conduit à des situations de violence et d’incompréhension entre les différentes communautés qui habitent le pays. Alors que certains propageaient la haine envers ceux qui sont différents, d’autres voulaient simplement vivre en paix et en harmonie avec tout le monde. Sœur Thea Bowman a vécu beaucoup de conflits raciaux dont elle a fait l’expérience directe. Mais loin de rester les bras croisés, elle a fait de son exemple, de son charisme et de sa transmission de la foi un modèle pour de nombreux Américains.

Son vrai nom est Bertha Elizabeth Bowman. Elle est née le 29 décembre 1937 à Yazoo, dans le Mississippi. Elle est née libre, mais le chapitre de l’esclavage était encore très présent dans sa famille, car son grand-père avait été esclave. Bertha a grandi dans une famille méthodiste, mais elle a rapidement ressenti le besoin de chercher des réponses à ses questions au-delà de ce qu’elle avait reçu de ses parents. Elle n’avait que 9 ans lorsqu’elle a pensé que sa place était plutôt dans la religion catholique à laquelle elle s’est convertie peu après. Ses parents, d’abord réticents, ont accepté son choix.

À l’âge de 15 ans, elle rejoint l’ordre franciscain en adoptant le nom de sœur Thea. Elle était la seule religieuse de la congrégation d’origine afro-américaine. Jeune femme responsable, elle poursuit ses études dans diverses universités du pays pour devenir enseignante, tâche qu’elle accomplira ensuite pendant de nombreuses années. Durant toute cette période, elle est très consciente du racisme qui existe dans les rues de nombreuses villes américaines : elle en est témoin et elle en est aussi parfois victime.

Loin de répondre par la haine ou la colère au rejet social qu’elle subit en raison de ses origines, elle répond toujours par le respect, le calme et beaucoup de bienveillance. C’est pour cette raison que l’évêque local lui propose de travailler dans son diocèse comme consultante interculturelle. Connu sous le nom de « ministère de la joie », son travail attire de nombreuses personnes. Les conférences qu’elle donne à travers les États-Unis et dans d’autres pays du monde sont une source d’inspiration pour des milliers de personnes.

ST BENEDICT THE AFRICAN
Le vitrail représentant sœur Thea Bowman et Rosa Parks dans une église de Chicago.

Un message simple et inspirant

Sœur Thea demande sans cesse à tous ceux qui l’écoutent de défendre les différences et la richesse de leurs origines. Elle les appelle aussi à se sentir unis en tant que disciples du Christ : « Nous nous joignons à l’action rédemptrice du Christ », a-t-elle déclaré un jour, « lorsque nous nous réconcilions, lorsque nous faisons la paix, lorsque nous partageons la bonne nouvelle que Dieu est dans nos vies et lorsque nous reflétons à nos frères et sœurs la guérison de Dieu, le pardon de Dieu, l’amour inconditionnel de Dieu. »

L’année 1984 est l’une des plus tristes de sa vie. En peu de temps, elle perd ses deux parents. Elle doit bientôt faire face à un autre drame : le cancer qui la ronge de l’intérieur. Sœur Thea vit encore six ans, pendant lesquelles le traitement de sa maladie l’immobilise dans un fauteuil roulant. Cependant, cela ne l’empêche pas de continuer à émouvoir tous ceux qui veulent bien écouter son message de paix.

Sœur Thea Bowman meurt le 30 mars 1990 à l’âge de 52 ans. Elle est enterrée à côté de ses parents. Pour de nombreuses personnes, son aura ne fait aucun doute : c’est une sainte. Sœur Thea a été nommée servante de Dieu, et son procès de béatification est en cours.

Tags:
États-UnisracismeReligieux
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