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Comment sainte Mathilde a réagi face à l’ingratitude de ses enfants

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Zvonimir Atletic I Shutterstock

Sainte Mathilde. Cathédrale de Milan, Italie.

Mathilde de Robien - publié le 13/03/22

Après la mort de son mari Henri Ier en 936, sainte Mathilde, fêtée le 14 mars, se voit confisquer ses biens par ses propres fils. Cela ne l’empêche pas de demander au Seigneur de les bénir. Son attitude fait d’elle une sainte toute indiquée pour intercéder en faveur de la paix dans les conflits familiaux.

Après 23 ans de mariage heureux auprès d’Henri Ier, roi de Germanie, appelé aussi « Henri l’Oiseleur » en raison de sa passion pour la chasse au faucon, la reine Mathilde poursuit ses bonnes œuvres initiées aux côtés de son mari et fait construire de nombreux hôpitaux et monastères. Des œuvres pieuses et charitables qui ne sont pas vraiment au goût de ses fils.

Mathilde et Henri ont cinq enfants, trois fils et deux filles. L’aîné, Otton, deviendra empereur d’Allemagne et roi d’Italie, premier titulaire du Saint Empire romain germanique. Henri sera roi de Bavière, et le cadet, Bruno, évêque de Cologne, canonisé sous le nom de saint Bruno de Cologne. Quant aux filles, Gerberge épousera Louis IV d’Outremer, roi de France. Et Edwige deviendra la femme de Hugues le Grand et la mère de Hugues Capet.

Lors de la désignation d’Otton comme héritier, en septembre 929, Henri Ier accroit considérablement les biens de Mathilde pour la prémunir en cas de veuvage. Il lui concède notamment le douaire sur les domaines de Quedlinbourg, Pöhlde, Nordhausen, Grone et Duderstadt.

« Mes enfants sont pour moi l’instrument de la volonté de Dieu »

Mais à la mort du roi, les deux fils, Otton et Henri, s’allient pour dépouiller Mathilde de son douaire et la reléguer dans un couvent en Westphalie. Ils l’accusent de dilapider l’argent du royaume à force de fonder des monastères et de donner l’aumône aux pauvres. Ne se plaignant pas de sa retraite forcée, elle répond aux princes et aux prélats venant la réconforter : « Mes enfants sont pour moi l’instrument de la volonté de Dieu : qu’Il soit béni et qu’Il les bénisse ».

« Jésus ne veut pas déclencher une dispute, mais désamorcer la rancœur. »

Une douceur qui n’est pas sans rappeler l’attitude à laquelle invite le Christ. Lorsque nous sommes mis à l’épreuve, Jésus exhorte à ne pas céder à l’instinct et à la haine. Il invite plutôt à se surpasser au point de rendre le bien au mal en tendant l’autre joue : « À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue » (Lc 6, 29). Commentant le récit de la passion où Jésus reçoit une gifle d’un des gardes et se contente de demander des comptes (« Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal? Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu? »), le pape François rappelait dans son homélie du 20 février dernier que « tendre l’autre joue ne signifie pas souffrir en silence ni céder à l’injustice ». Jésus le fait « sans colère ni violence, plutôt avec gentillesse; il ne veut pas déclencher une dispute, mais désamorcer la rancœur ».

Une gentillesse et une patience dont semble avoir fait preuve la future sainte Mathilde de Ringelheim, et qui sont récompensées. Grâce à l’intervention de sa belle-fille Edith, épouse d’Otton, Mathilde recouvre ses biens et sa liberté. Les deux princes se réconcilient avec leur mère, et la rétablissent à la cour dans sa première fortune.

On disait d’elle : « Personne ne venait à elle dolent (malheureux) qui ne repartit joyeux ». Sa douceur et sa grandeur d’âme font de sainte Mathilde la sainte patronne des familles nombreuses. Elle est notamment invoquée pour venir en aide aux parents en conflit avec leurs enfants.

Voici la prière de sainte Mathilde récitée peu avant sa mort :

« Ô bon Jésus, je vous remercie de la grande miséricorde que vous faites à votre vile créature de lui donner quelques petites choses à souffrir. Celui qui vous regarde tout déchiré et étendu sur une croix si dure, peut-il avoir une bouche, un cœur et une âme pour se plaindre ? Ainsi soit-il. »

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