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Ce prêtre est à l’initiative d’une préparation au mariage hors norme

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Mathilde de Robien - publié le 03/04/22

Frère de la communauté saint Jean, le père Jean-Baptiste Stern propose depuis quelques années une préparation au mariage qui sort des sentiers battus. Une préparation exigeante, "bouleversante" même, au dire des fiancés, où une grande place est faite à la connaissance de soi, de l’autre, et au partage des émotions.

Le nombre de divorces met la préparation au mariage en première ligne. Pour donner aux couples les moyens de durer, il semble nécessaire de muscler la préparation au mariage. « Pour devenir prêtre, il y a une préparation de huit ans. Alors que pour le mariage, on fait quatre cours… Il y a quelque chose qui ne va pas », avait constaté le pape François en septembre 2015. C’était sans compter la préparation décapante proposée par le père Jean-Baptiste, frère de la communauté saint Jean à Saint-Quentin-sur-Indrois (Indre-et-Loire).

Prêtre depuis une trentaine d’années, il a préparé de nombreux couples au mariage tout au long de son ministère. Il a ainsi fait le constat que bon nombre de couples, pourtant accompagnés durant leurs fiançailles, sont finalement rattrapés, après cinq, dix ou quinze ans de mariage, par les mêmes difficultés que les autres couples. « J’ai essayé d’analyser ce qui pourrait les aider à mieux affronter ces difficultés, et je me suis demandé comment donner un « plus » à la préparation au mariage », confie-t-il. Depuis une dizaine d’années, il a donc revu son approche, construite sur une intime conviction : l’intimité entre deux êtres se fonde sur le partage des émotions. « L’intimité entre deux personnes ne se fonde pas sur l’échange des idées mais plutôt sur l’échange des émotions. Je ne deviens intime avec quelqu’un que parce que je lui confie ce que je ressens. »

C’est cette intimité qu’il s’agit d’approfondir pendant ce temps de préparation au mariage, et qui s’avère un trésor inestimable pour les années qui suivent. Une approche destinée à des fiancés convaincus et motivés, prêts à se laisser bousculer par une préparation exigeante. Car le père Jean-Baptiste ne se contente pas d’enseigner un catéchisme sur le mariage religieux ou de donner des clés pour la vie à deux. Formé à l’accompagnement des personnes, il engage les fiancés à se dévoiler, à partager leurs émotions, à entrer véritablement en communion avec l’autre. Une démarche qui remue profondément mais qui porte incontestablement de précieux fruits pour la vie conjugale.

Accompagner un travail sur soi

Le père Jean-Baptiste a la chance d’avoir du temps à consacrer aux couples de fiancés. Plusieurs week-ends dans l’année – à un rythme qui est propre à chaque couple – il écoute, accompagne, aide les fiancés à se découvrir mutuellement. Cela passe par des entretiens à trois, où le prêtre invite chaque fiancé à descendre au plus profond de lui-même pour dire qui il est vraiment.

Éloi et Bénédicte se sont mariés en 2018. Ils ont été accompagnés par le père Jean-Baptiste et se rendent compte de la chance qu’ils ont eue de pouvoir se livrer aussi librement l’un à l’autre avant leur mariage. « Dans une préparation au mariage classique, on reste un peu « spectateur », il y a beaucoup de théorie, de catéchisme, de témoignages… Avec le frère Jean-Baptiste, chacun a entrepris un travail sur soi, devant l’autre. Il a cette capacité à nous pousser à parler de tout ensemble, à nous faire nous écouter, à nous aider à respecter l’autre dans ce qu’il est. Il nous aide à se connaître, s’aimer soi-même et à aimer l’autre », confie Éloi.

Accueillir les blessures

Une démarche décapante dans la mesure où elle fait remonter des blessures, plus ou moins profondes, que chacun porte au fond de lui. Des blessures qui sont montrées à l’autre dans cette quête de vérité sur soi-même. Et cela peut être douloureux. « Au moment où les fiancés se livrent, ils prennent conscience de certains obstacles, ils font tomber des barrières, des blessures passées surgissent. C’est source de larmes, souvent, mais ô combien libératrices », explique le père Jean-Baptiste. Marc et Éléonore, mariés depuis août 2019, témoignent des bienfaits de dévoiler à l’autre ses blessures. « Il ne s’agit pas nécessairement de grosses blessures ! », nuance Éléonore, « mais nous sommes forcément marqués par des petites choses qui façonnent notre personnalité. En avoir conscience permet de connaître l’autre en profondeur, de savoir pourquoi il réagit de telle manière, et puis cela évite qu’elles ressurgissent dans dix ans. »

Pour Mathieu et Marie, également préparés au mariage par le frère de saint Jean, parler de soi a fait émerger certaines blessures assez profondes. Marie a bien conscience de la peur, chez elle, de ne pas être aimée. Elle attribue cette angoisse à l’attitude de son père qui ne lui a jamais vraiment manifesté son affection. Parfois, elle a tendance, surtout lors de disputes, à redevenir cette petite fille blessée, avec cette peur profonde que personne ne s’attache à elle. Lors de la préparation au mariage, elle a compris d’où venait cette peur et est désormais en mesure de se rassurer. « Nous avons appris à communiquer, nous avons fait l’expérience du bénéfice de partager nos fragilités. Et cela est très libérateur ! Montrer ses faiblesses, quand elles sont accueillies dans le respect et l’écoute, rend heureux, renforce la confiance et démultiplie l’amour », témoigne Marie.

Donner des clés de communication

L’intérêt de parler de soi ? Outre le fait de se connaître en profondeur, le pli est pris pour les années à venir. Il n’y a plus de sujets tabou. Mathieu et Marie confirment : « Pendant cette préparation, nous avons pris l’habitude de communiquer sur des sujets intimes ». Grâce à cette aisance dans la communication, Bénédicte et Éloi se sentent également armés pour les années qui viennent : « On a énormément creusé nos différences, nous n’avons plus peur de la confrontation, notre connaissance mutuelle permet même d’anticiper certaines tensions. Bien sûr nous serons confrontés dans notre vie de couple à de nouvelles problématiques, mais nous avons désormais des clés de communication, d’écoute, qui nous permettront de les aborder avec sérénité et dans le respect de l’autre ».

« C’est quoi ton sentiment maintenant ? »

Quant à Marc et Éléonore, après avoir découvert l’importance de s’attacher aux sentiments, ils ont élaboré un petit rituel de couple qui leur est propre : lorsqu’un problème, ou une tension, surgit dans leur quotidien de jeunes mariés et de jeunes parents, ils se demandent : « C’est quoi ton sentiment maintenant ? », et l’autre s’efforce de répondre : « Je me sens… ». Un outil de communication découvert et expérimenté pendant leur préparation au mariage, qui s’est révélé très efficace pour résoudre un sujet de tension en particulier qui parasitait de temps à autre leur relation : Marc était mal à l’aise quand Éléonore partait seule en week-end avec des amies, sans lui. Il éprouvait un sentiment de déception, et de frustration à la savoir heureuse sans lui. Résultat, elle culpabilisait, l’appelait tout au long du week-end… Ils en ont parlé, ont partagé leurs sentiments, et elle a pu le rassurer.

Assurer le SAV

Pour couronner cette préparation hors norme, le père Jean-Baptiste assure le « service après-vente ». Après le mariage, il reste disponible pour prêter une oreille attentive aux couples qu’il a préparés. Marc et Éléonore confient l’avoir appelé plusieurs fois depuis leur mariage. « En une heure de conversation, il avait résolu le problème en nous posant des questions du type : pourquoi lui as-tu dit cela… », raconte la jeune femme. Un souci qui correspond pleinement à une demande du pape François formulée dans son exhortation apostolique Amoris Laetitia, où il consacre un long paragraphe à l’accompagnement des époux durant les premières années de mariage : « Lorsque l’amour devient une pure attraction ou un sentiment vague, les conjoints souffrent alors d’une très grande fragilité quand l’affectivité entre en crise ou que l’attraction physique décline. Étant donné que ces confusions sont fréquentes, il s’avère indispensable d’accompagner les premières années de la vie matrimoniale pour enrichir et approfondir la décision consciente et libre de s’appartenir et de s’aimer jusqu’à la fin. »

Pratique

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