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Pourquoi le mal n’est pas prêt de disparaître

Jean-Michel Castaing - publié le 09/09/22

L'homme postmoderne, qui mène sa vie sans Dieu, a tort de miser sur le progrès pour extirper totalement le mal. Celui-ci n'est pas à mesure humaine : seul Dieu peut nous en prémunir à condition que nous Le lui demandions.

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Le mal constitue un point d’achoppement au sujet duquel règne un grand désaccord entre le christianisme et les idéologies nées de la Modernité. Pour ces dernières, le mal est appelé à être surmonté par le progrès, alors qu’il représente, pour la foi chrétienne, un mystère prégnant dont l’homme livré à lui-même est impuissant à se libérer. Les diverses « révolutions » politiques ont bien tenté d’éradiquer le mal de la terre — au besoin par la force et la violence. Toutes ont échoué et certaines ont créé des enfers sur terre qui l’ont l’amplifié dans des proportions monstrueuses. 

De son côté, la postmodernité est plus humble. Elle s’échine à surmonter les crises au fur et à mesure qu’elles se présentent : crises sanitaire, écologique, économique, politique. Cependant, la postmodernité est toujours portée, dans son fonds idéologique, par la croyance dans un progrès rédempteur. Le président Macron ne se définit-il pas lui-même comme un « progressiste » ? Derrière ce terme se dissimule la croyance qu’il sera possible de venir à bout du mal au bout du compte.

Le Christ nous a avertis de la persistance du mal

Sur ce terrain, le christianisme est moins optimiste. Le Christ nous a avertis que le mal ne disparaîtra jamais tant que durera l’histoire des hommes. Seul Dieu le vaincra à la fin des temps. Jésus, que nous confessons comme le Verbe de Dieu, ne nous a pas vendu une romance : le danger sera toujours là, aux aguets, prêt à nous faire chuter. 

Dans les évangiles, trois signes démontrent la validité de la thèse de la persistance du mal jusqu’à la fin des temps. Il y a d’abord la notion de salut accolée à la mission de Jésus qui se présente comme celui qui rachète les hommes. « Le Fils de l’Homme est venu donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10,45) dit-il en parlant de lui-même. Si le Christ paye une rançon, c’est que nous étions, et sommes, prisonniers, esclaves d’un mal, et d’un mal particulièrement puissant pour que cette rançon soit la propre vie du Fils de Dieu ! 

Si Jésus nous demande de ne pas nous endormir, c’est qu’un danger est proche, que le mal rôde.

Ensuite, le Christ insiste sur la nécessité de prier et de veiller (Mt 24,42). Si Jésus nous demande de ne pas nous endormir, c’est qu’un danger est proche, que le mal rôde. Enfin, la dernière demande du « Notre Père » fait explicitement référence à un mal pervers et agissant : « Et délivre-nous du mauvais ». Il ne s’agit pas du « mal » en général, du mal abstrait, mais plutôt du « Mauvais », d’une force personnelle, ténébreuse et malveillante, en l’occurrence le démon. Ainsi, ces trois signes sont suffisants pour nous montrer que le monde sera toujours sous la menace constante du mal. Sur ce sujet, il est très difficile pour les chrétiens de se faire entendre de nos jours. 

On demande à la religion un « supplément d’âme » ou bien de belles envolées spirituelles. Cependant, la mission des disciples de Jésus-Christ consiste également à avertir leurs contemporains que le monde est parsemé de dangers redoutables, que l’histoire n’est pas un long fleuve tranquille en marche automatique vers la lumière. Et ce qui valable pour l’histoire collective l’est également pour les destinées individuelles. À ce niveau, le malentendu entre les croyances de la postmodernité et la foi chrétienne est immense. La notion de salut semble inaudible aujourd’hui, remplacée par celles de la santé et du bien-être. 

Ni fatalisme, ni optimisme présomptueux

Un proverbe affirme qu’un homme averti en vaut deux. Le chrétien sait qu’il évolue dans un univers environné d’embûches de toutes sortes dont il doit prévenir ses semblables. Or, à leurs yeux incrédules, ce ministère de guetteur le rend semblable à Cassandre, cette prophétesse troyenne dont les prédictions n’étaient jamais prises au sérieux en vertu d’une malédiction d’Apollon dont elle avait repoussé les avances. Cassandre s’opposa en vain à l’entrée du cheval de bois dans la ville de Troie, décision qui s’avéra funeste pour la cité. 

Pareillement, les chrétiens ont pour mission de dire à leurs contemporains de se méfier du mal et de ne pas le faire entrer dans leurs esprits. Plût à Dieu que les oreilles de leur auditoire soient plus enclines à l’écoute de ses avertissements que celles du peuple troyen auquel s’adressa la pauvre Cassandre !

Le chrétien n’est pas un oiseau de mauvais augure. Seulement, son expérience et sa foi l’obligent à avertir ses semblables que seul Dieu possède les moyens ne nous prémunir contre le mal, ainsi que l’affirme sans ambiguïté la dernière demande du Pater. Certes, l’homme n’a pas à se résigner et doit lutter à son niveau contre le mal avec l’aide de Dieu. Face à ce mystère, il est nécessaire de tenir le bon équilibre entre le fatalisme démobilisateur et l’optimisme présomptueux. 

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