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Nicaragua : les catholiques empêchés de vivre la Semaine sainte

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LEROY Francis / hemis.fr / hemis.fr / Hemis via AFP

Granada (Nicaragua).

Cécile Séveirac - publié le 04/04/23

Au Nicaragua, les catholiques s'apprêtent à vivre une Semaine sainte particulièrement difficile. L'interdiction des processions, ajoutée à de multiples restrictions, empêche les fidèles de pratiquer leur foi correctement pendant cette période liturgique cruciale.

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Les catholiques du Nicaragua semblent tout particulièrement porter leur croix en cette Semaine sainte, tandis qu’un florilège de restrictions les empêche de pratiquer librement leur foi. Alors que le carême venait tout juste de débuter, les processions ont de nouveau été interdites en extérieur. Malgré le début de la Semaine sainte avec le dimanche des Rameaux, aucun allègement de cette interdiction n’a été décidé par le gouvernement Ortega. Au contraire, d’après le journal nicaraguayen Confidencial, ce dernier a même ordonné à la police de renforcer la surveillance des catholiques. La traditionnelle procession des Rameaux (« Procesión de Las Palmas ») a ainsi été empêchée. D’après ce même journal, un sentiment d’impuissance mêlé de peur a saisi les fidèles catholiques du pays face à ce que beaucoup qualifient de « harcèlement ».

Le centre nicaraguayen des droits de l’Homme s’est exprimé avec force contre ces intimidations envers la communauté catholique. « L’interdiction des processions du carême et de la Semaine sainte au Nicaragua est une violation flagrante de la liberté de conscience, de religion et de la liberté d’expression », martèle notamment cette organisation sur les réseaux sociaux. « Le régime Ortega-Murillo ne veut pas seulement bannir les chrétiens, il détruit maintenant ce qu’il y a de plus solennel et de plus sacré pour le peuple : ses traditions chrétiennes, qui font partie de son identité », poursuit-il.

En plus des interdictions successives des processions publiques depuis septembre 2022, le gouvernement semble appliquer un plan de « remplacement » des traditions chrétiennes parfois séculaires dans certaines villes du Nicaragua. Ainsi, un « défilé canin » a eu lieu à la place de la procession « Saint Lazare » à Masaya, à l’ouest du pays. Le curé de la paroisse Sainte-Marie-Madeleine a par ailleurs fait l’objet de menaces d’emprisonnement de la police locale s’il tentait de maintenir la procession malgré tout.

Hostilité maximale à l’égard de l’Église catholique

L’Église catholique est considérée par le pouvoir comme le soutien majeur des opposants politiques au régime Ortega, notamment depuis l’année 2018 après les représailles sanglantes contre les manifestants qui réclamaient la démission aussi bien du président que de son épouse, la vice-présidente Rosario. Les relations avec le Vatican s’étaient déjà détériorées depuis un certain temps, jusqu’à trouver un point d’orgue le 17 mars lorsque le chargé d’affaires du Vatican au Nicaragua, Mgr Marcel Mbaye Diouf, a quitté le pays, fermant ainsi la délégation diplomatique. Plusieurs membres du clergé ont été arrêtés et détenus pour des raisons encore obscures, à l’image de Mgr Alvarez, évêque de Matagalpa. Considérés comme un facteur de déstabilisation, les catholiques constituent, du point de vue du gouvernement, une menace de premier ordre.

Cette hausse exponentielle des actes anti-chrétiens a fait entrer pour la première fois le Nicaragua dans l’Index mondial de persécution de l’ONG protestante « Portes Ouvertes ». L’Amérique Latine devient la région du monde où la persécution des chrétiens augmente le plus en 2023.

Nigeria, Birmanie, Haïti… Une nouvelle année sanglante pour les chrétiens

Tags:
CarêmeNicaraguaPersécutions
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