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« Droit fondamental à l’avortement » : les sept qui ont dit non

Sept députés votent contre la réaffirmation du droit à l’IVG – fr

© Montage via MaxPPP

Philippe Oswald - publié le 28/11/14

Ils n’ont été que 7 députés sur 151 votants à avoir la lucidité et le courage de voter « non » à la résolution affirmant que l’avortement est un « droit fondamental », le 26 novembre, 40e anniversaire de la loi Veil.

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Jacques Bompard (non inscrit), Xavier Breton (UMP), Nicolas Duicq (UMP), Jean-Christophe Fromantin (UDI), Olivier Marleix (UMP), Yannick Moreau (UMP), Jean-Frédéric Poisson (UMP) : leurs noms méritent d’être retenus et cités comme des exemples de clairvoyance et de courage.

Car le tabou qui pèse aujourd’hui sur l’IVG voue à la vindicte publique ceux qui contestent que l’avortement puisse être un droit, au mépris de la vie de l’enfant à naître. Celui-ci est comme toujours le grand absent de la résolution votée hier à l’Assemblée nationale pour « réaffirmer le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse en France et en Europe ».

La proposition de résolution avait été cosignée par tous les présidents de groupes (Aleteia). Le résultat est sans appel : 143 députés ont voté pour, sept contre, 1 s’est abstenu (Assemblée nationale). Rappelons que la représentation nationale compte
577 députés. En tout, 426 députés n’avaient donc pas jugé bon de se prononcer sur ce « droit fondamental »…

« À l’inverse de la violence des échanges d’il y a 40 ans, l’apaisement a dominé dans l’hémicycle lors des interventions, rompu seulement par un virulent discours anti-avortement du député d’extrême droite Jacques Bompard », commente L’Express. Député du Vaucluse non inscrit, Jacques Bompard a en effet prononcé calmement, sans effets de manche, ni coups de menton, un discours comme on n’en avait pas entendu depuis longtemps dans l’hémicycle, et dont la « violence »… a consisté à demander pardon. Il vaut d’être cité in extenso :

« Je veux demander pardon. Je veux demander pardon puisqu’une lourde responsabilité incombe forcément aux défenseurs de la vie quand une telle négation du principe le plus fondamental de la loi naturelle est présentée à la représentation nationale. Pardon devant l’ensemble des enfants qui ne naîtront pas, 225 000 par an en France, qui disparaissent devant la grande coalition du prêt à penser et de la culture de mort. Pardon pour toutes ces mères que nous n’aurons pas su protéger des élans morbides qui ont tenu lieu de féminisme depuis des décennies. Pardon aussi à l’ensemble des pays européens, et notamment à l’Espagne, à qui certains ici voudraient imposer la marchandisation des parcours de vie des femmes et la négation de l’animation du fœtus comme seul horizon de la politique. Pardon pour tous ceux qui se réveillent blessés de ces nombreux attentats contre le bon sens et se souviennent qu’aucun totalitarisme n’a fait l’impasse de l’eugénisme. Pardon également pour toutes ces femmes à qui personne ne propose jamais de possibilités alternatives à l’avortement puisque l’État comme les médias ont fait le choix de l’incitation à la suppression de la vie à naître. Pardon à toutes ces associations qui œuvrent aux côtés des handicapés et notamment aux enfants victimes de maladie héréditaires. En forçant ainsi le passage d’un avortement érigé en principe organisateur de notre pays, vous brisez leur œuvre. Je veux demander pardon, puisqu’un représentant de la Nation ne peut que souffrir quand le CSA refuse la diffusion de vidéos défendant les enfants trisomiques pour favoriser une culture de l’éradication de la différence et de la faiblesse. Une société qui érige de tels principes ne peut pas se plaindre des divers maux qui la traversent : réification de l’homme, hédonisme autodestructeur, victoire des puissants sur les innocents. Je veux demander pardon à nos aïeux pour un pays qui laisse des délinquantes ukrainiennes, les Femen, mimer un avortement dans une église sans qu’aucune sanction lourde ne soit prise. Je veux demander pardon pour Simone Veil qui imposa un cas d’extrême limite en dépénalisant l’avortement alors que vous enlevâtes la condition de détresse pour le recours à l’interruption volontaire de grossesse. Je veux demander pardon à toutes ces femmes à qui vous vendîtes le droit à disposer de leurs corps pour en aboutir à la généralisation programmée de la GPA, c’est-à-dire au retour à la plus pure barbarie du marchandage du corps de la femme. Je veux demander pardon pour cette atteinte sans nom à la liberté qu’est devenu le délit d’entrave qui empêche les praticiens d’affirmer en conscience ce qui les pousse à refuser de faire de l’avortement un moyen de contraception. Je veux demander pardon pour ces femmes traumatisées par des recours nombreux à l’avortement qu’on leur avait vendu comme anodin. Je veux demander pardon pour toutes ces vocations perdues dans la médecine, abasourdies qu’elles furent de cette négation des éléments les plus fondamentaux du serment d’Hippocrate. » 

Jean-Christophe Fromantin menacé d’exclusion de l’UDI

Ex-candidat à la présidence de l’UDI, le député-maire de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) s’est attiré les foudres de son parti en votant non à cette résolution, rapporte Le Figaro. Les cadres de l’UDI lui sont tombés dessus,à commencer par le nouveau président, Jean-Christophe Lagarde, suivi de Chantal Jouanno, présidente de la délégation aux droits des femmes au Sénat : « Je considère qu’en termes de valeurs il vient de commettre un grand écart et qu’il n’a pas vraiment sa place parmi nous », a-t-elle jugé, dénonçant ce vote négatif comme une « provocation » de la part d’un ancien candidat à la présidence du « parti de Simone Veil ».

Le maire de Neuilly-sur-Seine s’est défendu sur son blog : « Contrairement à ce qui est exprimé dans l’intitulé de cette résolution, ce texte ne réaffirme en rien le projet présenté par Simone Veil en 1974. Dans le texte d’origine dont on célèbre l’anniversaire, il s’agissait d’ouvrir une dérogation au principe de protection de l’être humain dès le commencement de la vie. (…) Vouloir nous engager vers la reconnaissance d’un droit fondamental est donc contraire à l’engagement de Simone Veil et n’entre pas non plus dans les orientations de la Convention européenne des droits de l’homme.»

Jean-Christophe Fromantin s’étonne par ailleurs qu’il ait manqué… 426 députés pour se prononcer sur ce projet de résolution : « Que reste-il des convictions, d’un côté comme de l’autre, quand un mercredi, en fin d’après-midi, sur un texte hautement symbolique, plus de 400 députés sont absents de l’hémicycle ? Pourquoi les politiques feraient-ils preuve de courage sur les grandes réformes dont la France a besoin quand ils renoncent jusqu’à l’affirmation de leurs convictions ? ».

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