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À Hautecombe, cheminer derrière la Croix de réconciliation

À Hautecombe, cheminer derrière la Croix de réconciliation

DR / CCN

À Hautecombe, cheminer derrière la Croix de réconciliation

Pierre Dohet - publié le 08/08/15

Au festival Welcome to paradise, les jeunes ont vécu un temps privilégié de pardon et d’espérance.

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Le festival « Welcome To Paradise » fait la preuve de ce que l’on peut être tourné vers Dieu en toute occasion. Pour ce seul matin, j’ai appris à peindre en prière ; j’ai chanté le « Notre Père » en swahili à trois voix ; j’ai lavé la cuisine en louange, sans compter les temps d’oraison et de rencontres. Même le sport, dans des conditions parfois spartiates, est pratiqué sans se prendre la tête, dans une ambiance détendue entretenue par le stand animation. On peut trouver la plus grande joie dans les faits les plus simples si on sait les vivre en lâchant prise, en abandonnant ses soucis, sans s’inquiéter du regard des autres, de la réussite ou de l’échec, puisque cela dépend de notre Père céleste. C’est ainsi qu’on peut comprendre l’esprit d’enfance qu’enseigne Jésus.

Cette attitude trouve sa plus haute expression dans le Pardon, ce moment où l’on remet de la vérité dans nos vies, où l’on reconstitue ce qui dans notre être était divisé. Et le Pardon prend sa source essentielle dans le mouvement de don de la vie sur la Croix et de Résurrection. C’est ainsi que l’un des moments les plus forts du festival est le chemin de croix, suivi de la soirée de réconciliation. Ce chemin de croix en cinq stations est très particulier. Il est tellement riche que là encore on doit se laisser guider sans essayer de tout compartimenter, et se nourrir de ce qui nous touchera.

Les blessures prises par Jésus

À chaque étape, des témoins se livrent en vérité avec leurs peines, tout ce que d’habitude nous cherchons à cacher. Ils les font éclater devant des milliers de personnes, alors qu’ils sont encore dans des démarches de reconstruction. Ils s’abandonnent dans la confiance, touchants de candeur et de lucidité. Ce sont d’abord quatre frères et sœurs qui ont parcouru ensemble un chemin de réconciliation ; on sent encore toutes les douleurs dans leurs paroles ; les larmes coulent. L’aînée qui aurait dû être un garçon, et que la petite sœur dépasse rapidement en taille, le second qui se fait tyrannique et violent dans la détresse d’avoir perdu un ami, la troisième qui subit ces violences et s’isole, le dernier qui se sent mis à l’écart pour son âge et cherche refuge en dehors de la famille : les blessures fraternelles sont vives et sans doute infectieuses si le Christ n’avait pas pris sur Lui ces difficultés.

Merci, pardon, s’il vous plaît

Suit une jeune fille qui supporte avec une humble grandeur le poids de la maladie, et sur qui toute l’assemblée impose les mains en prière. Puis un homme raconte les déchirements d’avec Dieu et lui-même qu’ont été la mort de son grand-père, puis l’avortement de celle avec qui il avait commencé de se reconstruire. Alors qu’ils voulaient se marier leur relation a été anéantie, et la culpabilité de « la plus grosse erreur qu’il a fait de sa vie » est encore brûlante ; il a fallu Jésus pour entrer dans le Pardon, et cesser les drogues.
Nous sommes ensuite séparés entre filles et garçons pour recevoir un témoignage propre ; trois jeunes filles de 19 et 20 ans s’adressent à notre virile assemblée en trois mots : merci, pardon, s’il-vous-plaît. Puisque de nombreuses blessures viennent de nos relations homme/femme, elles viennent remercier pour les moments où nous savons être simples, demander pardon pour les lieux où elles-mêmes sont fausses et fatales, et solliciter que nous soyons vrais et francs.

Le dernier témoignage est celui de deux jeunes filles séparées par la guerre, ukrainienne et russe, qui ont eu beaucoup de mal à faire le pas de la rencontre alors qu’elles suivaient la même formation dans la Communauté, et elles ont fini par entrer dans une démarche de pardon et ont fait prier ensemble tous leurs camarades pour la paix entre leurs pays. Ces témoignages donnent du relief aux extraits de la Passion. On ressent toutes les souffrances que le Christ prend avec lui sur la Croix ; on entre dans une démarche d’abandon, de confiance, de compassion.

Veillée de réconciliation

Chacun, là où nous en sommes, selon notre mode d’expression propre, est appelé à déposer ce qui lui pèse sur le cœur. Parce que le monde permet tout, mais ne pardonne rien, et l’Église pose des limites, mais pardonne tout. Parce que le mal agit dans l’ombre, nous pouvons maintenant le mettre à la lumière. Plusieurs invitations nous sont adressées : des tables sont dédiées à écrire des lettres, lettre pour restaurer une relation, lettre à une personne chère auprès du Père, lettre à Dieu lui-même. Des prêtres sont à notre disposition pour déposer nos fardeaux dans le sacrement de réconciliation ; des frères et sœurs de la communauté sont aussi présents par binôme pour nous écouter dans le secret et la charité. Nous pouvons encore nous confier à notre Mère du Ciel dans la prière du chapelet, ou poser un geste de purification corporelle avec des vasques d’eau. Enfin, il nous est proposé d’allumer un lumignon et de le déposer au pied de la croix, reflet de notre offrande comme de notre communion avec tous les festivaliers. Dans ces gestes simples nous pouvons retrouver de la quiétude.
La douceur vespérale restera gravée dans nos cœurs comme celle où le Père a retrouvé plusieurs de ses enfants, où les larmes de sang ont été effacées par le Christ, pour des larmes de joie.

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