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Récits de solidarité entre « réfugiés du Pape »

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Marinella Bandini - publié le 19/05/16

Et portraits de Syriens arrivés en Europe grâce aux "couloirs humanitaires" de la Communauté Sant'Egidio.

Shuila et Wafaa travaillent à la cantine des pauvres de Saint Egidio à Rome. Elles préparent les plats qui vont être servis à table : du riz, du poulet, des boulettes de viande, de la salade, du houmous et du pain arabe. Il y a aussi une touche italienne : des pâtes au four. Elles portent le voile. Elles sont arrivées à Rome avec leurs familles à la mi-avril. Ils ont fait le voyage depuis la ville de Lesbos, dans l’avion du pape François. Aujourd’hui, ils servent le déjeuner aux nouveaux réfugiés syriens, qui ont rejoint l’Italie grâce au projet « Couloirs humanitaires » promus par la Communauté Sant’Egidio, par la Fédération italienne des Églises évangéliques et par l’Église vaudoise. Wafa confie : « Les familles qui étaient ici avant nous, nous ont accueillis et ont cuisiné pour nous à notre arrivée. Aujourd’hui, nous faisons la même chose pour ceux qui arrivent ». La musique et les applaudissements saluent les nouveaux arrivés.

La plupart des nouveaux arrivants sont chrétiens

Ils sont une trentaine de réfugiés syriens à venir pour le déjeuner. Un total de cent-un réfugiés ont atterris à Fiumicino. Nombre d’entre eux ont été installés dans des structures accueillantes des villes voisines. Leurs sacs contiennent le peu de choses qu’ils ont réussi à sauver et à emporter avec eux. Ils sont propres, ordonnés et prêts pour un banquet. Un monsieur est bien habillé : il porte une veste, un pantalon, une chemise et une cravate. Il est arrivé avec sa femme, son fils, sa fille et son gendre. Il est le plus âgé du groupe, et une place d’honneur lui est réservée à table. La plupart des nouveaux arrivants sont chrétiens. Ils en sont fiers, sans exagération. Une femme porte un chapelet autour du cou. Il est caché par son chemisier, mais à un moment donné, elle le met en évidence pour montrer qu’elle est chrétienne. Elle porte un large sourire sur le visage et ses yeux brillent de mille éclats. « La chose la plus importante que nous ayons est la foi »

Même les signes de la souffrance sont évidents, portés avec une grande dignité. Un père de famille marche fièrement à côté de son fils. Ses pas sont incertains : ses jambes ont été remplacées par deux prothèses. Sa femme n’a plus qu’un bras, mais elle garde le sourire. Maiyas a 32 ans, il est chef cuisinier. Il s’est enfui au Liban durant l’été 2014. Quelques mois plus tard, il a rejoint son frère et ses parents, peu de temps avant la fermeture de la frontière. Dans sa région d’origine, qui est un des villages de l’arrière-pays d’Al-Hasakah, des miliciens de Daesh ont pris plusieurs otages. Il est difficile d’envisager de retourner chez soi, dans son pays, quand il a été piétiné et pillé. Maiyas porte une bague au doigt. Il nous explique qu’il est fiancé avec une jeune fille partie en Suède pour ses études. Depuis le début de la guerre elle n’a pas pu rentrer en Syrie. Peut-être un jour, la reverra-t-elle.

« Je ne crois pas beaucoup à la chance. Je crois en Dieu »

Un autre réfugié raconte le long siège de la ville d’Alep : des mois sans lumière, parfois sans eau et sans chauffage durant les mois d’hiver. Le prix du pain a été multiplié par vingt. Tous ses amis sont partis ; leurs maisons ont été détruites. « Il n’y a plus de pierres assemblées les unes sur les autres. » Peut-être rentrera-t-il un jour, dans cinq ou dix ans, quand tout sera terminé. Mais aujourd’hui, ce n’est pas possible. Il y a encore trop de mauvais souvenirs. Ses yeux deviennent plus sombres, en montrant des photos sur son téléphone : des murs détruits, des chambres éventrées, des portes effondrées. Il était métallurgiste et il a toujours soutenu sa famille grâce à son travail. Il a toujours été indépendant. La plus grande difficulté pour lui c’est de se faire aider. « Nous avons confiance en Dieu. Je mets ma vie dans les mains du Seigneur. Je vous remercie d’être ici, et d’avoir la force et le désir de travailler. Je ne crois pas beaucoup à la chance. Je crois en Dieu. »

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