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Alix Le Clerc, une pionnière des écoles de jeunes filles

RAGAZZA, SCUOLA, TEMA

Drazen Zigic | Shutterstock

Mathilde de Robien - publié le 08/01/19 - mis à jour le 06/01/23

Charlemagne et Jules Ferry sont loin d’avoir le monopole du titre d’inventeurs de l’école. Ce serait sans compter Bienheureuse Alix Le Clerc, religieuse lorraine qui fonda dès 1598 de nombreuses écoles accueillant des petites filles, ainsi que la congrégation des Chanoinesses de Notre-Dame.

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Les Alix sont fêtées le 9 janvier, en mémoire de la mort de la bienheureuse Alix Le Clerc, le 9 janvier 1622, religieuse originaire de Lorraine, fondatrice de nombreuses écoles pour filles, et de la congrégation des Chanoinesses de Notre-Dame, ordre religieux d’enseignantes encore présent aujourd’hui dans de nombreux pays. Elle est béatifiée en 1947 par Pie XII, trois ans avant la découverte de ses reliques.

« J’avais 19 ou 20 ans quand je pris cette vocation »

Alix est née le 2 février 1576 à Remiremont, en Lorraine. Riche et belle, elle connaît une enfance heureuse, marquée par les divertissements, la danse, les honneurs… À 18 ans, elle commence à se sentir « l’âme fort triste parmi les vanités ». Après une vision de la Vierge Marie, elle décide de changer de vie malgré les réprobations de son père et les quolibets de son entourage. Elle revêt alors des robes de paysanne et refuse tout loisir. « Je quittai tous mes habits de vanité et pris un voile blanc sur ma tête, comme les simples filles du village », écrit-elle.

Encouragée par son confesseur, saint Pierre Fourier, curé de Mattaincourt (Vosges), elle eut l’idée de fonder une « maison nouvelle de filles », consacrée à l’éducation des jeunes filles pauvres. « Quand je priai Dieu », confie-t-elle, « il me tombait toujours en l’esprit qu’il faudrait faire une nouvelle maison de filles pour y pratiquer tout le bien que l’on pourrait ». C’est ainsi qu’Alix et quelques compagnes s’installent à Poussay, où elles ouvrent leur première école à l’automne 1598.

Alix le Clerc explique que son enthousiasme et son désir d’entreprendre de grandes choses proviennent de la confiance qu’elle place en Dieu. « Toutes mes espérances et confiances sont fondées sur la bonté et providence divines. Et c’est ce qui me porte, ce me semble, à entreprendre souvent des choses plus hautes que ma capacité ».

Une mission reconnue par Jules Ferry

Cette première fondation d’un établissement scolaire gratuit sera soulignée par son compatriote vosgien, Jules Ferry, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts. En 1882, il évoquera « la naissance de l’instruction primaire en Lorraine, constituant l’acte de naissance de l’enseignement des filles en France ».

Après Poussay, de nombreuses écoles furent créées : à Pont-à-Mousson en 1604, à Saint-Nicolas-de-Port en 1605, à Verdun en 1608, à Châlons-sur-Marne en 1613, à Bar-le-Duc en 1618, à Mirecourt en 1619. Aujourd’hui, les maisons les plus connues sont Notre-Dame des Oiseaux, à Verneuil-sur-Seine, les Oiseaux, à Paris, et l’Institution Notre-Dame de l’Espérance, à Saint-Étienne.

De jeunes reliques

Plus de 300 ans après sa mort, bienheureuse Alix Le Clerc n’avait pas fini de surprendre. En 1950, deux jeunes étudiants nancéiens trouvèrent son cercueil, enterré à 1 mètre 50 de profondeur dans une cave de la rue Maurice Barrès qu’ils souhaitaient aménager en salle de concert. Longtemps conservées par le lycée Notre-Dame Saint-Sigisbert, ses reliques ont été transférées à la cathédrale de Nancy le 14 octobre 2007.

Tags:
bienheureuxÉcoleÉducation
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