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Nicolas Barré, une vie consacrée à l’instruction des enfants pauvres

Aliénor Goudet - publié le 31/05/21 - mis à jour le 21/10/21

Fêté le 21 octobre, Nicolas Barré a découvert sa vocation d’éducateur pour les enfants pauvres au XVIIe siècle, à Rouen. Ce Minime avait surtout à cœur l'éducation des jeunes filles et a fondé un ordre qui rayonne encore aujourd'hui dans 18 pays du monde.

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Sotteville-lès-Rouen, 1662. Une odeur putride envahit les rues du bourg. La plupart des maisons qui le compose semblent sur le point de s’effondrer. Le ciel couvert et les sifflements stridents du vent ne font qu’accentuer l’atmosphère misérable du village. Devant ce sinistre spectacle, le père Nicolas Barré ne peut que retenir un haut-le-cœur. On lui avait rapporté l’état pitoyable de ce village, victime des répercussions de la guerre. En un an, la moitié de ses enfants a succombé à la dernière épidémie de peste noire et à la famine. Constater les dégâts de ses propres yeux pèse sur le cœur du minime. 

La misère sans Dieu

Après s’être figé plusieurs minutes, Nicolas se décide enfin à entrer dans le village. Au fur et à mesure qu’il avance ce qu’il découvre est de plus en plus glaçant. Les quelques personnes qu’il croise le fuient du regard, comme pour dissimuler une honte profonde. Quelques-uns répondent timidement à ses salutations. Alors qu’il contemple l’incarnation de la misère, il sent alors quelque chose tirer sur sa manche. Une fillette aux joues creusées l’implore du regard. 

– M’sieur l’abbé, dit-elle. Vous auriez pas quelques sous ? 

Le cœur de Nicolas se serre dans sa poitrine. C’est à peine s’il retient ses larmes. Pour cacher son trouble, il offre à la fillette une part de son déjeuner. L’affamée dévore son aumône en quelques instants.

– Dis moi, mon enfant. Où vas-tu à l’école ? 

– Y’a pas d’école pour les filles au village, m’sieur l’abbé, répond-elle entre deux bouchées. Mes frères n’y vont plus. Depuis que papa est mort, faut travailler. 

– Ta maman travaille donc ? 

– Elle travaille la nuit.  

Une autre vague de tristesse secoue le prêtre. Les rumeurs semblent une fois de plus bien réelles. La misère est si prononcée que l’éducation des jeunes est délaissée et la prostitution est devenue la norme. Et il y a si peu de place pour Dieu… C’est donc l’endroit idéal pour accomplir sa mission ! 

Les tertiaires à la rescousse

Sans perdre de temps, le père Barré retourne à Rouen pour mettre en place un plan d’action. Il n’y a pas un instant à perdre. Laisser ces enfants et ces femmes dans la misère serait criminel. Avec l’aide des femmes de la communauté, il commence par ouvrir des écoles gratuites près de Rouen.

L’éducation des filles qui est la plus souvent négligée lui tient particulièrement à cœur. Il choisit les meilleurs éducateurs et les conjure d’aller chercher et encourager leurs jeunes élèves. L’argent ne doit pas être un frein pour les jeunes esprits. Toutes ses écoles seront gratuites. Certaines enseigneront même divers métiers aux jeunes filles pour qu’elles n’aient pas à se vendre. Les femmes qui l’assistent forment à partir de 1666 la communauté des maîtresses des Écoles Charitables du Saint Enfant Jésus. Elles s’appelleront plus tard les Sœurs de l’Enfant Jésus – Nicolas Barré.   

À son retour à Paris, Nicolas Barré continue son œuvre jusqu’à sa mort, le 31 mai 1686. Le pape Jean-Paul II le béatifie en 1999. De son vivant, il conseillait saint Jean-Baptiste de La Salle, également connu pour son souci d’encourager l’éducation.

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