Aleteia logoAleteia logoAleteia
Jeudi 01 décembre |
Aleteia logo
Tribunes
separateurCreated with Sketch.

Le profit des entreprises, ami de l’emploi

ENTRETIEN D'EMBAUCHE

© fizkes - Shutterstock

Xavier Fontanet - publié le 21/10/21

Ancien président d’Essilor, Xavier Fontanet explique le rôle du profit dans une entreprise. Mal considérés, les profits sont pourtant les investissements qui font les emplois.

Le profit est un des mots les plus détestés de nos jours. Faire du profit c’est laisser entendre qu’on n’est pas généreux. Le profit ne peut se faire que sur le dos de ses clients ou de ses employés, ce qui n’est pas mieux. Quelle qu’en soit l’origine, ce mépris dispense de bien comprendre comment il se forme et à quoi il peut servir. Certains ne se privent pas non plus d’expliquer qu’il est facile d’en faire, mais la majorité de ceux qui le prétendent n’ont jamais ni travaillé en entreprise ni a fortiori démarré la leur. Ils ne savent pas de quoi ils parlent.

La récompense des clients

Dans les faits, construire une entreprise qui gagne de l’argent est beaucoup plus difficile qu’on croit : cela suppose de beaux produits (eux-mêmes fruits de créativité et d’une bonne capacité d’exécution) ; il faut avoir une fine connaissance du client (activité qui demande du jugement de la sensibilité et de la capacité d’écoute). Il faut enfin tenir la route face à ses concurrents (ce qui suppose un goût de l’excellence et une attention de tous les instants). Sur le plan stratégique, le profit est le résultat d’une part de marché solide dans son métier. Ceci suppose une base de clients fidèles. En ce sens, le profit est en la récompense donnée par ces clients au concurrent qui les a le mieux servi. On a donc là un merveilleux système d’allocation de ressources qui procure naturellement à l’entreprise la plus efficace les moyens de se développer.

Le profit, pour quoi faire ?

Peu comprennent cette dimension-clé parce qu’on se garde d’expliquer ce qui est fait du profit : le profit est d’abord réinvesti et cet investissement est la condition de l’emploi. Il est en effet une règle que l’on n’enseigne pas assez : la proportionnalité entre l’activité et l’investissement. Si on veut créer de l’emploi, il faut se développer et pour cela, il faut investir sachant que l’investissement vient en priorité des profits. C’est ce que les Allemands ont très bien compris depuis longtemps, leurs dirigeants ayant réussi à populariser l’idée que « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». Le profit, en d’autres termes, est l’ami de l’emploi !
Ce qui ne va pas en investissement est versé à l’actionnaire sous forme de dividendes. Lui aussi a mauvaise cote. Le dividende est un flux qui sort de l’entreprise et va aux actionnaires… horreur absolue ! Mais on oublie que les investissements permettant l’amorçage de l’entreprise viennent forcément de dividendes versés antérieurement par d’autres entreprises. Sans dividende, il ne peut y avoir de nouvelles entreprises.

Apprendre l’entreprise

Ne pas disposer d’un minimum de connaissances en économie est un manque aussi grave pour un individu que ne pas parler correctement la langue du pays où l’on vit, ou ne pas être capable de faire une règle de trois. Le jour où chacun de nos concitoyens comprendra qu’avoir sur son sol des entrepreneurs et des entreprises rentables est une bénédiction pour un pays, les choses commenceront à aller mieux ! C’est pourquoi il est impératif de développer dans tous les milieux, tous, la connaissance de l’entreprise et la place centrale du profit de façon à ce que même ceux qui n’y travaillent pas en comprennent les ressorts profonds.

Savez-vous que Aleteia ne peut vivre que grâce à la communauté de ses membres Premium ?

Inscrivez-vous !

(c’est totalement gratuit et sans engagement)

Tags:
bien communéconomieentreprise
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
FR_Donation_banner.gif
Top 10
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement