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« À Calais, les exilés sont moins bien traités que les animaux ! »

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Matteo Placucci / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Une famille kurde vivant dans le camp de la jungle de Calais, emballant ses affaires pendant que l'équipe de police attend d'opérer l'expulsion.

Véronique Fayet - publié le 30/10/21

Ancienne présidente du Secours catholique, Véronique Fayet a rendu visite aux exilés parqués à Calais dans des conditions indignes. Aujourd’hui, leur situation s’aggrave. Pour elle, si personne n’a de solution toute faite, rien ne se fera sans trouver la voie d’un vrai dialogue.

C’est le cri de colère et d’indignation de Mgr Leborgne, évêque de Calais, il y a quelques mois, lorsque nous avions rendu visite aux exilés qui vivent dans des conditions inhumaines et indignes sur le littoral. Vous le savez, nous le savons tous, c’est une véritable chasse à l’homme qui se joue chaque jour dans ce coin de France où la police déloge sans ménagement les exilés de leur maigre campement, confisquant bien souvent, au passage, leurs tentes ou effets personnels. Les associations humanitaires sont empêchées de fournir les biens de première nécessité à ces exilés (eau, nourriture, couvertures, produits d’hygiène…). Des rochers sont posés sur les lieux de distribution pour empêcher l’accès des véhicules associatifs et des arrêts municipaux rendent illégales les distributions en ville !

Jusqu’où ira cette absurdité ? Jusqu’où ira cet aveuglement des pouvoirs publics, ce déni d’humanité ? Hélas parfois jusqu’à la mort de jeunes gens qui prennent de plus en plus de risques pour fuir cet enfer et passer en Angleterre, comme ce jeune Érythréen écrasé par un camion il y a un mois. Un drame de plus, mais un drame violent pour tout le Calaisis : les exilés, les bénévoles qui les soutiennent mais aussi les habitants qui sont lassés et choqués de cette violence à leurs portes ; un drame si violent que le père Philippe Demeestère s.j., aumônier du Secours catholique, a commencé une grève de la faim il y a trois semaines avec deux jeunes, Anaïs et Ludovic, pour protester pacifiquement contre tant de violence et d’injustice. Ils demandent trois choses simples : premièrement, l’arrêt des expulsions pendant l’hiver ; ensuite, l’arrêt de la confiscation des tentes, couvertures et effets personnels… et enfin, surtout, l’ouverture d’un dialogue avec les pouvoirs publics

Trouvons les voies d’un vrai dialogue

Est-ce trop demander que le ministère de l’Intérieur accepte d’écouter les associations engagées sur le terrain depuis des années, ainsi que les exilés, au même titre que les élus locaux, les entreprises ou les habitants de la région ? Personne n’a la solution à ce problème si complexe des migrations, mais chacun détient une part de la vérité et des solutions à mettre en œuvre. Ce n’est qu’ensemble, en croisant les points de vue et les idées, que l’on pourra traiter les personnes avec humanité et pragmatisme. Un médiateur vient d’être nommé par l’État : c’est un premier pas. Soutenons jusqu’au bout la démarche du père Demeestère, d’Anaïs et de Ludovic et des nombreux Calaisiens qui s’engagent à leurs côtés, en signant la pétition du collectif Faim aux frontières ou en manifestant, à notre façon, auprès de nos élus ou sur les réseaux sociaux, notre désir que la France retrouve le sens de l’hospitalité et de la dignité de toute personne humaine ! Trouvons les voies d’un vrai dialogue, au sens donné par le pape François dans Fratelli tutti (n. 198) : « Se rapprocher, s’exprimer, s’écouter, se regarder, se connaître, essayer de se comprendre, chercher des points de contact. » Avec le père Philippe Demeestère qui s’exprimait ce jeudi sur Radio Vatican, restons dans l’espérance !

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