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Décryptage
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Amalgames, mensonges, calomnies… tous les procédés sont bons pour dénigrer Aleteia

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La rédaction d'Aleteia - publié le 17/01/22

Des sites internet, se revendiquant catholiques, ont entrepris ou relayé une campagne contre Aleteia qui se révèle aussi malveillante qu’elle est infondée. La rédaction de Aleteia décrypte ici les procédés employés pour réussir à tromper le jugement des lecteurs.

Amis lecteurs, n’en doutez pas, les collaborateurs de Aleteia mettent toute leur bonne volonté à être de bons et fidèles serviteurs de l’Evangile. Cependant, ils ont bien conscience de n’être pas parfaits et d’être capables de faire des erreurs, voire des fautes. C’est pourquoi ils s’efforcent de recevoir toute correction fraternelle – d’où qu’elle vienne -, comme une grâce qui va leur permettre de rendre Aleteia chaque jour plus digne de son objet.

Un site américain, Church Militant, se revendiquant chrétien et catholique, a entrepris par un long article de donner une sévère correction à Aleteia. Ledit article a été complaisamment repris par de nombreux médias catholiques dans le monde, en France notamment par Le Salon Beige. Malheureusement, il nous est bien difficile de rendre grâce pour cet article car la correction qu’il nous inflige peut difficilement être qualifiée de fraternelle : en fait, elle ressemble plus à un châtiment inique qu’à une œuvre charitable qui viserait à aider Aleteia à s’améliorer en corrigeant ses erreurs.

A cet égard, nous voudrions rappeler qu’entre chrétiens, catholiques romains de surcroît, la correction fraternelle (cf. Mt 18, 15-20) consiste à ce que deux se réunissent au nom de Jésus pour se dire la vérité dans la charité. Alors Jésus lui-même est au milieu d’eux. Cependant, là où sont l’amalgame, le jugement téméraire, le mensonge, le faux témoignage et la calomnie, Jésus n’est certainement pas présent… Et comme le démontre l’article de Church Militant, si Jésus n’est pas présent au milieu des discussions, celui qui prétend corriger les autres se révèle bien incapable d’administrer une correction fraternelle qui réussisse à tenir ensemble la vérité et la charité. 

Des procédés aussi fallacieux que cauteleux

Nous avons relevé dans cet article de très nombreuses atteintes graves à la vérité, des atteintes qu’en langage chrétien on nomme des « péchés contre le huitième Commandement ». C’est une ironie cruelle que Church Militant intitule son article contre Aleteia “Just what we don’t need : Catholic ‘fact-checkers’,” alors que ce même article est truffé de contre-vérités… En donner la liste complète consisterait à citer la presque totalité de l’article, nous nous contenterons donc de citer quelques exemples de chaque espèce, pour aider le lecteur à démasquer lui-même les procédés mis en œuvre par ce média :

Amalgame

Church Militant : “A Catholic « fact-checking » operation launched by a consortium of establishment Catholic media with close ties to Pope Francis is being bankrolled by child rape porn–pushing Google, vaccine-peddler Bill Gates and left-wing agitator George Soros.” 

Cette première phrase dévoile la mise en œuvre d’un procédé qui va être déployé dans toute la suite de l’article, pour in fine produire son effet : on suggère des amalgames entre des acteurs plus ou moins liés et concernés, en mettant en avant des imputations infamantes que l’on peut leur faire, même si celles-ci n’ont rien à voir avec ce qui est en cause. L’efficacité de ce procédé est bien avérée en ce qu’il suggère des syllogismes inconscients qui peuvent piéger les lecteurs pressés ; exemple : on dit que telle personne roule en Volkswagen, puis on raconte incidemment que Volkswagen a été créé par Hitler. En fait, on espère que l’inconscient du lecteur fera le syllogisme : X. roule en Volkswagen, or Volkswagen a été créée par Hitler, donc X. est complice des nazis. 

En l’occurrence, on organise cet article de telle manière que certains lecteurs gardent l’impression que Aleteia est plus ou moins financé par la pornographie et des viols d’enfants, et manipulé par les promoteurs des vaccins et par l’agitateur de gauche Georges Soros. Dans ce but, on va aller jusqu’à dénoncer Aleteia qui serait entré dans une alliance perverse avec Google parce qu’en 2013 il a adopté les technologies de recherche et les services de publicité utilisés par la très grande majorité des sites Internet dans le monde. Alors même que, encore aujourd’hui, le site Church Militant utilise un logiciel de recherche “Enhanced by Google” ! Avec ce procédé, nous pourrions dénoncer Church Militant pour être entré dans une alliance perverse avec Google… 

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Jugement téméraire

Church Militant : « One of the consortium’s most high-profile listed media partners is Religión Digital — a left-wing, pro–liberation theology media group founded by laicized homosexual priest José Manuel Vidal, who has accused the Church of a « paranoid, irrational and absurd homophobia. » 

Cette information est significativement incomplète. Ici, le cas échéant, il appartiendrait à Religion Digital de défendre son honneur et rectifier ce qui devrait l’être. Quoi qu’il en soit, imputer à l’ensemble d’un corps qui compte de nombreux membres, les “méfaits” d’un seul de ses membres, est, selon la doctrine de l’Eglise catholique, un jugement téméraire gravement fautif. Il n’est pas équitable de généraliser la particularité d’un partenaire, sans prendre en compte les particularités des 34 autres. En réalité, pour être membre du consortium, la condition nécessaire et suffisante était d’être un média professionnellement sérieux, et se définissant comme chrétien en communion avec l’Eglise catholique romaine. L’orientation politique ou ecclésiale n’a jamais été prise en compte dans un sens ou dans un autre. Ainsi, par exemple, pour les médias hispanophones, Religion Digital, classé effectivement comme « progressiste » est membre du consortium, mais si vous regardez la liste des médias partenaires, vous trouverez de nombreuses publications profondément attachées à la Tradition, avec des sensibilités très différentes. Le même procédé injuste et téméraire est utilisé par Church Militant pour discréditer le comité scientifique du consortium. 

Mensonge

Church Militant : “Headed up by Aleteia (a Catholic website owned by France’s fourth-largest publishing house, the Média-Participations group),”

Le groupe Média-Participations est un actionnaire minoritaire de Aleteia, un parmi la quarantaine d’actionnaires français et étrangers qui détiennent les parts de la Société. 

Church Militant : “the initiative labelled catholicfactchecking.com is targeting Catholic journalists who expose adverse vaccine events and vaccine fatalities.” 

Cette affirmation est doublement fausse : a) l’initiative ne vise pas les journalistes personnellement mais les seules désinformations avérées qu’ils auraient pu publier ; b) elle ne cible pas spécialement les désinformations qui porteraient sur les événements indésirables et les décès liés aux vaccins. En fait, pas une seule fois Catholicfactchecking.com n’a visé spécifiquement des journalistes parce qu’ils “présentaient des événements opposés à la vaccination ou des victimes du vaccin”.

Faux témoignage

Church Militant : “A Church Militant investigation has unearthed an unholy nexus between the International Consortium of Catholic Media on COVID-19 Vaccines (aka catholicfactchecking.com) and Big Tech, Big Pharma and pro-abortion, pro-LGBTQ+ left-wing philanthropy.” 

Dès les premiers paragraphes suivants, on constate qu’il s’agit d’une « investigation » biaisée :

Church Militant : « According to its website, the Google project pays journalists to counter « misinformation » on the China-virus jabs « to reach audiences underserved by fact-checking or targeted by misinformation » — in this case, Catholics with moral or safety concerns about the abortion […]. »

Dans la même phrase qui commence par « Selon son site internet », Church Militant donne une information qui ne figure pas sur ledit site : « dans ce cas, les catholiques ayant des préoccupations morales ou de sécurité concernant l’avortement -». L’ « enquête » de Church Militant consiste donc ici à reprendre la citation d’un site internet, en y ajoutant une information fausse, laquelle est présentée de telle manière que le lecteur d’attention moyenne puisse croire que cette information figure sur le site internet ! La suite de l’ « enquête » est ainsi truffée de jugements téméraires, d’amalgames et de calomnies qui lui font perdre toute crédibilité.

Calomnie

Church Militant « The stench of corruption would need a gas mask, » the British ethicist added, noting that « Reuters Fact Check is a secular propaganda arm of Pfizer — a counterpart to the Catholic fact-checkers. »  

Nous n’avons pas d’information particulière sur Reuters Fact Check, mais nous protestons que faire de Aleteia l’équivalent d’un bras de propagande de Pfizer dont « la puanteur de corruption » rendrait nécessaire « un masque à gaz » constitue une grave calomnie totalement gratuite. Ici, nous sommes tristes de devoir rappeler aux dirigeants et aux plumes de Church Militant que « L’Eglise a toujours enseigné que la calomnie étant une grave injustice contre le prochain, elle est un péché mortel par nature » (Rep. de la doctrine chrétienne).

Duplicité

Conformément au conseil évangélique, les redresseurs de tort sont d’abord invités à dialoguer « seul à seul » pour s’assurer qu’ils ont bien compris la position de l’autre, et éventuellement pour la corriger (Mt 18, 16). Ce n’est qu’en dernier ressort qu’ils peuvent rendre les accusations publiques. La moindre des choses, y compris dans le cadre de la déontologie journalistique, aurait été que Church Militant prît contact avec Aleteia et lui soumette son projet d’article pour qu’au moins en soit retranchées les erreurs de fait et les procès d’intention les plus offensants. En matière de diffamation, les tribunaux sont très attentifs au fait que le diffamateur ait pris la peine de contacter le diffamé pour recueillir ses objections et en faire état dans l’article le mettant en cause. Church Militant sait bien cela puisqu’il fait figurer en fin de l’article la mention suivante : 

Church Militant : “Church Militant contacted catholicfactchecking.com, asking about their sources of funding, conflict of interest, geographical location and if their « fact-checkers » were offering « opinion » and therefore protected from defamation, but received no response.”

Dans ce contexte, on ne s’explique pas que Church Militant n’ai pas cru devoir contacter directement Aleteia, alors même que son article désigne Aleteia comme la tête du consortium et son organe opérationnel. On peut encore s’étonner que Church Militant n’ai pas proposé au consortium de s’expliquer et de répondre aux soupçons avant que ceux-ci ne deviennent des attaques péremptoires.

Enfin, on doit constater que Church Militant s’est arrangé pour ne pouvoir espérer aucune réponse avant la publication de l’article. En effet, Church Militant a envoyé son courriel quelques heures avant le 6 janvier, un jour férié en Italie (Church Militant le savait bien puisque ce mail a été envoyé par leur correspondant à Rome). Et pour couronner le tout, il termine son mail ainsi : « We are hoping to publish the story tomorrow afternoon and would be grateful for your response before that. » 

Comment qualifier ce mail qui n’est pas envoyé au bon endroit, qui est envoyé quand on sait bien que les bureaux sont fermés, qui demande une réponse dans des délais dont il est certain qu’ils seront impossibles à tenir, et qui ne propose pas à Aleteia et au consortium de s’expliquer sur les accusations qui vont être portées contre eux 

Comment les choses se sont-elles réellement passées ?

En 2021, nos lecteurs s’en rappelleront, Aleteia, en partenariat avec une trentaine d’autres médias catholiques, a mis en place un consortium de “fact checking” sur l’actualité autour des vaccins contre le Covid 19. Cette initiative a été présentée en toute transparence aux lecteurs de Aleteia. L’enjeu était d’importance : les courants de pensée catholique pouvaient-ils ne pas être représentés parmi les médias de correction des désinformations sur la pandémie et la vaccination ? Mais Aleteia devait-il prendre le risque de s’engager dans cette galère, avec le risque réel que son initiative puisse être mal comprise ou même calomniée ? Après avoir bien pesé le pour et le contre, après avoir recueilli les conseils des autorités compétentes de l’Église, nous avons estimé que les médias catholiques n’avaient pas le droit d’être absents du concours public mondial organisé par Google News Initiative, concours dans lequel 309 projets de 74 pays ont été présentés. Finalement, 11 projets ont été sélectionnés, dont celui de Aleteia, issus de différents milieux géographiques et idéologiques, choisis par un jury dont rien ne nous a permis de douter de l’impartialité. Sa composition peut être consultée sur ce lien

Les coûts du développement du Consortium ont donc été pris en charge pour partie par Google News Initiative. Comme c’était « la condition » dès le départ, ce financement n’a créé aucune dépendance idéologique des médias du consortium à l’égard de Google News Initiative, chacun préservant sa ligne propre. Nous pouvons attester que jamais Google News Initiative n’est intervenu auprès de l’un quelconque des membres, de quelque manière que ce soit et pour quelque raison que ce soit. Enfin, précisons que jamais la Gates Foundation ou Open society Foundation n’ont été sollicitées pour soutenir l’action du consortium. Et jamais ces deux organismes n’ont donné au consortium le moindre centime. 

Bien entendu, en mettant en œuvre ce consortium, tout ne s’est pas exactement passé comme nous le souhaitions. Et nous avons certainement pu faire des erreurs, commettre des imprudences, bref prêter ici ou là le flanc à des critiques méritées et susciter des vocations pour nous retirer les pailles de l’œil. Mais en fin de compte, tout bien pesé, nous ne regrettons pas d’avoir lancé ce consortium. Il fallait le faire. Ceux qui nous critiquent peuvent facilement nous reprocher nos mains salies par le labeur, « eux ils ont les mains propres, mais ils n’ont pas de mains » (Charles Péguy).

Aleteia est toujours demeuré libre et dans la vérité

Pour ce qui concerne le site Aleteia, sa ligne éditoriale sur les questions de la pandémie et de la vaccination n’en a été que mieux informée, tout en demeurant parfaitement libre. Nous venons de mener une étude pour faire un point sur le juste équilibre de notre couverture de ces sujets. Sur la centaine d’articles recensés couvrant les douze derniers mois, nous pouvons garantir et prouver que cette couverture a été parfaitement équilibrée entre deux orientations en fait non contradictoires, d’une part le soutien à la vaccination, notamment telle que promu par le Saint-Père et les principales conférences épiscopales, et en même temps l’information vérifiée sur les limites et les risques des vaccins, aussi bien que sur les effets délétères du « tout sanitaire », notamment sur le psychisme des enfants. En grec, Aleteia veut dire « La Vérité » et nous mettons un point d’honneur à ne pas contredire ce beau titre.

Oui Aleteia a toujours été, est et sera toujours totalement libre de dire la vérité. Aleteia n’appartient à aucune chapelle. Aleteia n’est pas vendu à Google. Aleteia n’est pas un “média du Vatican” : nous n’avons aucun lien ni hiérarchique, ni financier, avec le Saint Siège. Aleteia cherche d’abord et avant tout à faire rayonner le message de l’Evangile. Avec bienveillance envers toutes et tous. La bienveillance, c’est ce qui nous sépare de sites comme Church Militant ou Le Salon Beige. Des premiers chrétiens, le monde disait : « Regardez comme ils s’aiment ! ». A lire l’article de Church Militant sur Aleteia, le monde ne peut dire autre chose que : « Regardez comme ils se détestent ! ». 

Aleteia est un média profondément catholique. Cela signifie que nous respectons le Pape et l’Eglise enseignante. Nous savons que sur une question comme celle des vaccins, ils ne sont pas infaillibles. Mais leur parole compte pour nous et, de manière tout-à-fait factuelle, nous diffusons ce qu’ils disent. C’est un service que nous devons à nos lecteurs. Cette déférence – libre et éclairée, certes -, envers le successeur de saint Pierre et les successeurs des apôtres, nos pasteurs légitimes, c’est cela aussi qui nous sépare radicalement de Church Militant.

Pour terminer, qu’on nous permette de nous inspirer de saint Paulin : « Pardonner à un calomniateur et l’aimer est une vengeance toute céleste » disait-il (ep. 2  ad Sever). Alors oui, nous pardonnons à Church Militant et à tous les sites qui lui ont emboîté le pas, et pas seulement par vengeance. Parce qu’ils n’ont pas besoin de nous pour que leurs mauvaises actions les condamnent : In quo enim judicas alterum, te ipsum condemnas (Rom 2, 1).

Et puis, en ces temps où les catholiques se font rares et sont volontiers persécutés, nous aimerions tant pouvoir réciter avec tous les catholiques – oui tous -, d’une seule voix, d’un seul cœur et d’une seule âme la prière attribuée à saint François :

Seigneur, fais de nous des instruments de ta paix.
Là où est la haine, que nous mettions l’amour.
Là où est l’offense, que nous mettions le pardon.
Là où est la discorde, que nous mettions l’union.
Là où est l’erreur, que nous mettions la vérité.

Enfin, portant dans la prière le Salut éternel de nos détracteurs, nous voudrions leur rappeler l’article 2487 du Catéchisme de l’Eglise catholique : « Toute faute commise à l’égard de la justice et de la vérité appelle le devoir de réparation, même si son auteur a été pardonné [en l’occurrence c’est acquis…] Ce devoir de réparation concerne aussi bien les fautes commises à l’égard de la réputation d’autrui. Cette réparation, morale et parfois matérielle, doit s’apprécier à la mesure du dommage qui a été causé. Elle oblige en conscience. » Non remititur peccatum nisi restituatur ablatum, disait saint Augustin.

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