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Ces Madones qui veillent sur Lyon

Association Madones de Lyon

Bérengère de Portzamparc - published on 11/02/22

L’attachement des Lyonnais à la Vierge Marie est profond. Si Notre Dame de Fourvière veille de sa hauteur sur la cité, de nombreuses statues de la Vierge sont nichées sur les façades des immeubles de la ville. Une association les restaure.

L’attachement des Lyonnais à la Vierge Marie remonterait aux premiers siècles du christianisme. De fait, la Vierge est vraiment partout chez elle à Lyon. À commencer par la basilique de Fourvière qui surplombe la ville avec sa Vierge dorée qui draine chaque année près de deux millions de visiteurs. Deux grandes fêtes mariales, les 8 septembre et 8 décembre, sont également particulièrement fêtées dans la ville.

Mais c’est en se promenant dans le cœur de la ville, et en levant les yeux sur les façades d’immeubles, que le promeneur peut découvrir de nombreuses niches abritant encore des statues de la Vierge. Si certaines sont vides, faute d’entretien, d’intempéries ou de volonté des propriétaires, l’association Les Madones de Lyon s’est lancée comme objectif de remettre les Vierges dans leurs écrins citadins et organise régulièrement des visites guidées pour faire découvrir ce patrimoine marial. 

C’est par une délibération du 12 mars 1643 que les consuls de Lyon décident de mettre la ville « sous la protection toute puissante de la très-sainte et immaculée Vierge Marie, Mère de Jésus-Christ, nostre Seigneur ». Ce « vœu des échevins » prévoyait également l’installation de nouvelles madones un peu partout dans la ville. S’il est difficile de les comptabiliser, les écrits et recensements de Jean de Bombourg et du père Ménestrier des XVIIe et XVIIIe siècles, estiment qu’il existe environ une centaine de statues partout dans la ville à cette époque. Avec le regain de la piété mariale a au XIXe siècle, directement lié aux apparitions mariales comme celle de la rue du Bac (1827), La Salette (1846), Lourdes (1858) ou encore Pontmain (1871), le nombre de statues augmente.

La basilique de Fourvière est construite en 1872 et des Vierges sont installées le long des axes de circulation nouvellement créés. Les auteurs de la fin du XIXe siècle — traitant de la mutation et de la disparition de la ville ancienne et de ses mœurs — considèrent alors la conservation et l’installation des statues comme une tradition religieuse, à la fois expression communautaire et piété individuelle incarnant « l’âme lyonnaise ». Car ce qui est beau, c’est que la plupart des statues et niches qui sont érigées sur lesfaçades des immeubles lyonnais l’ont été par des anonymes, animés par un élan missionnaire et une foi discrète. Ainsi, en 1913, André George leur consacre un ouvrage : Les madones des rues de Lyon dans lequel il recense alors 400 sculptures. On en compte moitié moins aujourd’hui.

Soutenu par le diocèse de Lyon et la Fondation Saint-Irénée, l’association des Madones de Lyon, créée en 2019, a pour objectif de faire redécouvrir ce patrimoine aux Lyonnais, comme aux touristes, en organisant des visites, le nez au vent, d’une madone à l’autre. Chacune a son histoire particulière : un pieu propriétaire, un vœu exaucé, le respect d’une tradition… Un guide les recense et permet aux curieux de découvrir la ville autrement. Au-delà de la découverte patrimoniale, l’association œuvre également pour remplir de nouveau les niches vides, en proposant aux propriétaires de participer à une nouvelle construction de statue, en partenariat avec la Fondation du patrimoine.    

Et à chaque nouvelle installation de statue, est organisée une bénédiction qui permet de faire vivre ces figurines d’une façon spirituelle. Car ces statues sont bien plus qu’un patrimoine agrémentant le paysage, elles sont la marque visible, à chaque coin de rue, de la foi des Lyonnais et de leur confiance en la Vierge Marie.

Tags:
LyonPatrimoineVierge Marie
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