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Un ami de Jean Paul II honoré 78 ans après son assassinat par les nazis

list biskupa Karola Wojtyły do rodziców Szczęsnego Zachuty

sanbartolomeo.org

Cyprien Viet - publié le 16/06/22

Une émouvante cérémonie s’est tenue mercredi soir à Rome, en la basilique Saint-Barthélémy, sur l'île Tibérine, à l’occasion du dépôt d’une lettre de Mgr Karol Wojtyla, adressée en 1958 à la famille de Szczęsny Zachuta, son ancien compagnon de séminaire tué par les Allemands en 1944.

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Une centaine de personnes, issues de la diaspora polonaise de Rome, de la famille du séminariste assassiné et de la Communauté Sant’Egidio, qui administre ce sanctuaire dédiée aux nouveaux martyrs, étaient réunies pour ce temps de prière présidé par Mgr Jan Romeo Pawlowski, Secrétaire pour les représentations pontificales, la troisième section de la Secrétairerie d’État. 

Cette lettre autographe de 1958 adressée à la mère et au frère de Szczęsny Zachuta par celui qui venait d’être nommé évêque auxiliaire de Cracovie, a été déposée dans la chapelle dédiée aux martyrs du nazisme par le père Antoni Stefanski, un neveu du séminariste condamné à mort en juin 1944 et exécuté par la Gestapo, et qui n’a pas de lieu de sépulture. Cette chapelle de la basilique Saint-Barthélémy servira donc de lieu de recueillement pour sa famille. 

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Lettre de saint Jean Peul II écrite à son ami Szczęsny Zachuta en 1958

Dans sa lettre, l’alors jeune évêque auxiliaire de Cracovie écrit que Szczęsny Zachuta était son « ami le plus proche » durant leurs « études théologiques clandestines ». « Je travaillais alors comme ouvrier d’usine à Solvay et je rencontrais souvent Szczęsny, le plus souvent à l’église et chez le regretté Jan Tyranowski, qui était notre guide spirituel« , raconte Mgr Wojtyla dans ce document précieusement conservé par la famille du séminariste depuis 64 ans.

« Dans ces années-là, la terrible cruauté de l’occupant a éloigné Szczęsny de nous tous. Aujourd’hui, alors que Notre Seigneur m’a permis d’atteindre la plénitude du sacerdoce ici sur terre, je ne peux manquer de penser à mon très cher frère, dont le chemin vers le sacerdoce a été interrompu dès le début », écrit celui qui deviendra le pape Jean Paul II 20 ans plus tard.

« De la mort, Dieu peut faire naître la vie »

« Ce garçon, ce jeune séminariste polonais tué durant la Seconde guerre mondiale aurait du servir l’eucharistie. Mais ses projets se sont évanouis, détruits par la haine, par le non-sens de la guerre », a expliqué Mgr Pawlowski dans la méditation prononcée lors de ce temps de prière. « Mais en regardant avec les yeux de la foi, le programme reçu lors du baptême, avec son nom qui signifie “bienheureux”, s’est complètement réalisé en lui, car il est devenu bienheureux par son martyre », a-t-il souligné.

Jean Paul II avait parlé de lui comme d’un « frère dans la vocation sacerdotale que, d’une autre façon, le Christ avait uni au mystère de sa mort et de sa résurrection », a rappelé Mgr Pawlowski. Il a souligné qu’en répondant à l’invitation de Jésus à ne pas chercher les honneurs mais à rechercher Dieu « dans le secret », ce jeune séminariste aurait pu rester « un parfait inconnu », mais il laisse un « exemple fort » en étant réuni avec son ami Karol Wojtyla « dans la Maison du Père ».

Dieu peut faire naître des fleurs au milieu des cendres.

« L’attachement à Dieu dans le secret des cœurs contribue ainsi à la paix dans le monde », a remarqué Mgr Pawlowski, en soulignant que « Dieu peut faire naître des fleurs au milieu des cendres. De ces destructions, de la mort, de la guerre, Dieu, et seulement Lui, est capable de faire naître la vie, à travers cette amitié spirituelle qui est née entre Karol Wojtyla et Szczęsny », a expliqué l’archevêque polonais.

« Il est très important pour nous, qui gardons ce lieu saint, de recevoir ce fragment de la biographie de saint Jean Paul II, qui nous a confié la basilique et a voulu qu’elle soit un lieu de mémoire œcuménique du martyre de notre temps », confient les responsables de la Communauté de Sant’Egidio.

Il a toujours construit la paix, il a espéré dans la paix, comme aujourd’hui nous espérons la paix en Ukraine.

Mario Giro, responsable des relations internationales de Sant’Egidio, explique que cette cérémonie a été l’occasion de revivifier « la mémoire de Karol Wojtyla, qui est un compagnon du jeune martyr. Cet homme a traversé le siècle passé, tant le nazisme que le communisme, sans y perdre la sérénité de jugement, et sans se faire « manger » par la rancune et la rancœur ». Il assure que « l’exemple de Jean Paul II est encore très vivant pour la Communauté de Sant’Egidio, parce que c’est l’exemple d’un homme qui a su interpréter le siècle, un siècle de fer et de sang, à la lumière de l’Évangile ». « Il a toujours construit la paix, il a espéré dans la paix, comme aujourd’hui nous espérons la paix en Ukraine », insiste-t-il, rappelant que « l’ouverture de l’Europe à l’Est » doit donner l’occasion de « vaincre les nationalismes ». 

Cette lettre de 1958 s’ajoute à de nombreux souvenirs collectés depuis que cette basilique a été dédiée aux martyrs contemporains sous l’impulsion de Jean Paul II, en octobre 2002. Parmi les autres reliques exposées dans les différentes chapelles latérales figurent un bréviaire du père Jacques Hamel, assassiné en Normandie en 2016, une lettre du bienheureux Christian de Chergé, prieur de Tibhirine tué en Algérie en 1996, ou encore le cahier d’écolier d’un enfant chrétien tué lors d’un attentat à Lahore au Pakistan, le jour de Pâques, en 2016.

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