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L’art sacré contemporain, une « culture de la rencontre » ?

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Marcel CROZET/CIRIC

Christ en croix, bronze réalisé par Germaine Richier en 1950, Notre Dame de Toute Grâce du Plateau d'Assy.

Philippe-Emmanuel Krautter - publié le 03/01/23

Paul VI adressa ce message aux artistes, lors de la clôture du Concile œcuménique Vatican II, le 8 décembre 1965 : "La beauté, comme la vérité, est ce qui apporte la joie au cœur des hommes, elle est ce fruit précieux qui résiste à l'usure du temps, qui unit les générations et les fait communiquer dans l'admiration. Et cela grâce à vos mains...", un message toujours actuel et constamment rappelé par ses successeurs…

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Près d’un demi-siècle après le Concile Vatican II, l’encyclique Lumen fidei du 29 juin 2013 va constituer un véritable relais passé entre deux papes, Benoit XVI et François, et venir souligner elle aussi le caractère lumineux de la foi et par là même la place occupée par l’art. Face au relativisme démultiplié par la force de la communication internationale conduisant souvent à l’incertitude et à la confusion entre bien et mal, la foi participe de cette lumière et l’art sacré peut en constituer l’un des vecteurs. Écouter la parole de Dieu et tenter de voir le reflet de son image répondent au souhait de l’Ancien Testament, ce que souligne l’encyclique :

« L’Ancien Testament a concilié les deux types de connaissance, parce qu’à l’écoute de la Parole de Dieu s’unit le désir de voir son visage. De cette manière, il a été possible de développer un dialogue avec la culture hellénique, dialogue qui est au cœur de l’Écriture. L’ouïe atteste l’appel personnel et l’obéissance, et aussi le fait que la vérité se révèle dans le temps ; la vue offre la pleine vision de tout le parcours et permet de se situer dans le grand projet de Dieu ; sans cette vision nous disposerions seulement de fragments isolés d’un tout inconnu. » (Encyclique Lumen fidei n. 29)

Ainsi, le « grand plan de Dieu » peut être perçu grâce à cette force de la vision véhiculée par l’art. Cette idée qui anime les artistes de l’art contemporain sacré rejoint l’oculata fides des Apôtres rappelée par saint Thomas d’Aquin, une foi qui voit le Ressuscité. 

Une foi qui voit un Dieu invisible…

Cette Parole visible naît de cette idée que le christianisme — contrairement à l’idée trop souvent répandue — n’est pas une « religion du Livre » à la différence de l’islam, mais bien de la foi en la Parole incarnée en Jésus. Ainsi que le souligne le grand historien de l’art Mgr Timothy Verdon, la Parole incarnée devient ainsi « visible » tel qu’il ressort de l’évangile de Jean : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1, 14). A l’égard de cette parole incarnée, l’art se révèle un des plus visibles médiums.

La perception de cet art qui renouvelait les canons du classicisme en matière d’art sacré pose l’éternelle question des anciens et des modernes, des tenants de la tradition et de la nouveauté.

Cependant, parallèlement, l’idée même d’image d’un Dieu invisible au sens où l’entend Paul dans sa lettre aux Colossiens  — « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature », (Col 1, 15) peut conduire à de multiples interprétations de la part des artistes contemporains, engendrant parfois l’incompréhension. Tel fut le cas avec le Christ réalisé en 1950 par l’artiste Germaine Richier pour la chapelle du plateau d’Assy suscitant oppositions et défiances pour un art jugé « semi-décadent »… La perception de cet art qui renouvelait les canons du classicisme en matière d’art sacré pose l’éternelle question des anciens et des modernes, des tenants de la tradition et de la nouveauté. Depuis cette époque, les audaces des artistes contemporains dans d’autres domaines que celui du sacré ont habitué l’opinion publique à d’autres approches que celles livrées par la tradition. 

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Église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du Plateau d’Assy (Haute-Savoie).

L’art sacré, une rencontre…

L’idée même de rencontre que suscite toute œuvre d’art implique de la part du fidèle qui découvre une œuvre d’art sacré une certaine disponibilité et un dialogue entre l’œuvre et son for intérieur. C’est en ce sens qu’à la fin de l’année 2021, une première exposition permanente d’art contemporain a été inaugurée au sein même du Vatican dans la bibliothèque apostolique. Cette manifestation destinée à « soutenir la culture de la rencontre » selon l’expression du cardinal José Tolentino de Mendonça a ouvert les portes à une installation de l’artiste italien Pietro Ruffo. L’œuvre intitulée « Tutti. Umanità in cammino » s’inspire directement de l’encyclique « Fratelli Tutti » du pape François avec cette idée d’une humanité en marche, une fraternité conduisant à « l’amitié sociale » en référence à la pensée de saint François d’Assise. 

Tags:
art sacréArts
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