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Quand les enfants accomplissent ces choses simples que nous n’arrivons plus à accomplir

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Di Ann in the uk|Shutterstock

Elisabeth de Courrèges - publié le 30/01/23

Elisabeth de Courrèges, ergothérapeute actuellement en mission avec l'Œuvre d'Orient dans une unité de soins palliatifs pédiatrique à Erevan, en Arménie, nous confie son rituel du matin : lire un passage d’un livre de Mère Teresa. Elle réalise alors que les premiers à appliquer les paroles de la sainte de Calcutta, ce sont les enfants qu’elle accompagne, qui cherchent à aimer, donner, se donner.

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Chaque matin, c’est le même rituel : ouvrir ce livre de Mère Teresa et puiser, dans ces lignes de vie, des conseils de don de soi, de persévérance, de joie. Il n’y a pas eu une matinée sans que ces paroles, lues comme un deuxième petit-déjeuner, n’aient été source d’énergie pour le reste de la journée: « donne tes mains pour servir et ton cœur pour aimer », « ne laisse personne venir à toi et repartir sans être plus heureux », « quand j’ai soif, donne-moi quelqu’un à qui donner à boire », « quand j’ai besoin d’être aimé, donne-moi quelqu’un à aimer ». 

Et pourtant, quand il s’agit de faire le bilan de sa journée en fin de soirée, il m’arrive plus souvent de prendre conscience de mes défaillances que de mes francs-succès dans mon désir de suivre ces maximes à la lettre près. 

Comment avais-je pu laisser passer autant d’appels à aimer, donner, rayonner ? Toutes ces mains tendues que je n’ai pas saisies, ces regards perdus à qui je n’ai pas souri, ces signes cliniques que je n’ai pas compris…

Au cours des premières semaines, cet écart de temps entre mon engagement et son réel achèvement me peinait. Et la tentation du découragement me guettait. Comment avais-je pu laisser passer autant d’appels à aimer, donner, rayonner ? Toutes ces mains tendues que je n’ai pas saisies, ces regards perdus à qui je n’ai pas souri, ces signes cliniques que je n’ai pas compris…

Et l’on se sent si pauvre, si incapable, si petit. Mais tout s’est éclairé un simple mardi après-midi. 

J’accompagnais exceptionnellement Hrant pour la fête de Noël de son école. En arrivant dans le hall, l’ambiance était folle: clown, père Noël, et notre Hrant qui rigole. Je lui retire son manteau, le soulève de son fauteuil roulant et m’assois avec lui. Extérieurement, la fête bat son plein, mais intérieurement, je suis rongée par un souci: j’avais lu ce matin la phrase « Nous ne saurons jamais tout le bien qu’un simple sourire peut être capable de faire », et je réalise que j’ai encore entamé cette journée sans cet élan du cœur qui m’avait été prescrit dans cet ouvrage de mère Teresa que je lis. 

C’est de chacun de ces enfants que je recevrai le meilleur des enseignements: prendre exemple sur leur don de soi, leur persévérance, leur joie.

C’est alors qu’Hrant me pince le nez (c’est son jeu favori) et par la même occasion me sort de ma rêverie. Je rejoins son regard tout attendri, et j’en fonds moi aussi. Il arbore un sourire resplendissant, traduisant un bonheur simple mais évident. Et je me laisse captiver par son rayonnement. 

Je me dis intérieurement alors que s’il y en a bien un qui applique le conseil de Mère Teresa aujourd’hui, c’est bien lui.

Et cette pensée me fait réaliser que cela s’avère toujours vrai : ces enfants que nous soignons incarnent continûment les paroles de Mère Teresa et ses enseignements. Parfois silencieusement mais toujours pleinement, ils cherchent à aimer, donner, se donner, gratuitement. À l’image de Jésus dont ils sont si proches, mystérieusement.

Éblouie par cette découverte, je décide de garder mon regard posé sur Hrant toute l’après-midi durant. Car je sais désormais que c’est de lui, et de chacun de ces enfants que j’accompagne au quotidien, que je recevrai le meilleur des enseignements : prendre exemple sur leur don de soi, leur persévérance, leur joie. Pour recommencer une nouvelle journée énergiquement.

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Enfants
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