Aleteia logoAleteia logoAleteia
Dimanche 14 juillet |
Aleteia logo
Décryptage
separateurCreated with Sketch.

Synode sur l’avenir de l’Église : que s’est-il joué à Prague ?

Article réservé aux membres Aleteia Premium
cathedrale-prague_121296310

Shutterstock

Cathédrale Saint-Guy (Prague).

Anna Kurian - publié le 10/02/23

39 conférences épiscopales réunies, du Portugal à la Turquie et la Russie en passant par la Finlande ; quelque 200 délégués sur place et 270 participants en visioconférence. En rassemblant ces réalités très contrastées, parfois opposées, l’Église catholique en Europe a organisé sa grande assemblée continentale, deuxième étape du Synode sur l’avenir de l’Église, du 5 au 9 juillet 2023, à Prague.

Depuis la majestueuse capitale de la République tchèque, des cardinaux, évêques, religieuses, laïcs, hommes et femmes, ont partagé leurs craintes, leurs espoirs, leurs attentes sur l’Église, sans tabou. Le mot d’ordre de ces journées ? L’écoute. Une attitude plutôt « confortable », a estimé Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, venue avec une délégation de deux femmes et un évêque. D’ailleurs, à la lecture du brouillon du texte de synthèse, certains, comme le Luxembourg ou l’Allemagne, ont déploré le manque de « propositions courageuses ». Mais le moment des prises de décision n’est pas arrivé, ont souligné les organisateurs de l’événement. « Ce n’est pas le but de ce synode, nous n’allons pas proposer des solutions aux problèmes », a ainsi averti Mgr Gintaras Grušas, président du Conseil des conférences épiscopales européennes. 

Dans les assemblées générales et dans les petits groupes linguistiques, on a donc prôné l’écoute inconditionnelle et l’accueil de l’autre, comme premier pas de ce Synode dédié à la synodalité. Une attitude qui est d’ores et déjà appelée la « méthode synodale », et que de nombreux participants ont appréciée. Cathy et Claude Brenti, représentants du réseau du renouveau charismatique Charis, trouvent ainsi que cette intuition est « géniale pour rapprocher des gens dans les paroisses, dans les diocèses : on peut avoir les traditionalistes d’un côté et l’Action catholique de l’autre, qui pour une fois ont dû se parler, au niveau national et continental ». « C’est un don de rester ensemble dans la diversité, glisse Tetiana Stawnychy, présidente de Caritas Ukraine. Ici on laisse l’autre dire quelque chose sans le juger, juste en écoutant et en réfléchissant sur cela. » « Ce n’est pas juste une conférence, nous faisons ce dont nous parlons, nous faisons vraiment le chemin synodal », assure-t-elle, convaincue. Un chemin qui demande d’être « authentique » et d’accepter de « montrer sa vulnérabilité ». 

Pour le cardinal Jean-Claude Hollerich, rapporteur général du Synode, c’est historique : « C’est la première fois qu’on se parle vraiment, entre chrétiens de l’Europe centrale, de l’Europe de l’Est et de l’Europe occidentale », s’est-il félicité en conclusion des travaux. En avertissant toutefois ceux qui attendent des décisions concrètes : « Ce n’est pas un synode sur l’homosexualité, ce n’est pas un synode sur le sacerdoce des femmes. (…) Je ne dis pas que ce ne sont pas des sujets importants, mais ce n’est pas ce synode. » Face aux oppositions exprimées parfois fortement en assemblée, le cardinal Juan José Omella a vu la nécessité de « faire un effort de communion, trouver ce qui nous unit et non ce qui nous sépare ». Mais pour l’archevêque de Barcelone, l’essentiel est d’abord d’être « centrés sur le Christ », « unis au Christ, au Pape et entre nous ». C’est seulement à ce prix que la communion « est possible », a-t-il affirmé. 

À présent, du 10 au 12 février, les présidents des conférences épiscopales sont réunis à huis clos pour une réflexion sur ces journées. Ils devraient eux aussi émettre leurs propres conclusions, qui seront jointes au texte de l’assemblée générale, sans le modifier. Comme toutes les autres assemblées continentales, les conclusions seront envoyées à Rome qui se prépare à sa grande assemblée synodale d’octobre prochain.

Lisez cet article
gratuitement
En créant votre compte gratuitement vous pourrez accéder à l'ensemble des articles d’Aleteia, sans aucune limitation, ainsi que rédiger des commentaires.
Lire gratuitement en s'inscrivant
Déjà membre ?

Tags:
ÉgliseSynode
Soutenez l’aventure missionnaire qu’est Aleteia !

Vous n’avez jamais fait un don à Aleteia ?  De grâce, faites-le, maintenant.
Aleteia se doit d’être gratuit : les missionnaires ne font pas payer l’évangélisation qu’ils apportent. Grâce à cette gratuité, chaque mois 10 à 20 millions d’hommes et de femmes - majoritairement des jeunes -, visitent la cathédrale virtuelle qu’est Aleteia. Mais vous le savez, si l’entrée de nos églises n’est pas payante, c’est parce que les fidèles y donnent à la quête.

Vous aimez Aleteia ? Vous voulez être de l’aventure missionnaire qu’est Aleteia ?

Alors, sans attendre, aujourd’hui même, donnez !

*avec déduction fiscale
Top 10
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement