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Spiritualité
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La prière est un combat !

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Jaren Jai Wicklund | Shutterstock

Jean-Michel Castaing - publié le 12/02/23

Pour prier continuellement comme nous y invite le Christ, notre spontanéité ne suffit pas. Nous avons besoin de l'aide de l'Église, de la Vierge et surtout de Jésus.

Après la Seconde Guerre mondiale, un vaste mouvement dans l’Église prôna un retour à la liberté chrétienne vécue comme un consentement spontané donné aux paroles du Christ, dans une démarche pleinement consciente et avertie. Il s’agissait alors d’inscrire de nouveau la loi évangélique dans les cœurs et ne de pas se contenter de l’automaticité de la pratique dominicale afin de rejoindre Dieu. Bref, le chrétien devait (re)devenir un croyant authentique et ne plus se prévaloir de son appartenance sociologique à l’Église militante pour s’exonérer d’une recherche personnelle des voies de l’Esprit. Selon certains chrétiens, l’authenticité spirituelle allait enfin se substituer aux réflexes d’une religiosité soumise à la pression sociologique et à la force d’inertie des habitudes si bien que peu à peu, la spontanéité spirituelle des individus pourrait se passer des béquilles des « commandements » de l’Église. 

Notre vie spirituelle a besoin de l’Église

Cependant, cette nouvelle approche de la vie chrétienne résultait d’une vision un peu trop optimiste de la condition réelle des croyants. En effet, tout reposait désormais sur les épaules de l’individu et de sa « spontanéité » considérée comme marque d’un élan véridique vers Dieu. Dans ces conditions, la « pratique » dictée par l’habitude, la culture du milieu ambiant et les leçons du catéchisme allait rejoindre, pensait-on, les vieux missels dans la poussière des sacristies. 

Hélas ! il fallut vite déchanter. Certes, il serait inexact d’imputer à cette volonté d' »épuration » de la foi les effets, sinon de la déchristianisation, du moins de la chute vertigineuse du nombre de croyants qui participent à la messe de nos jours. Toutefois, en mettant exagérément l’accent sur l’authenticité de la démarche de foi, n’a-t-on pas oublié un peu vite toutes les médiations auxquelles s’alimentent les pratiques de prière : les commandements de l’Église, le recours fréquent aux sacrements de l’Eucharistie et de la confession, le milieu de vie imprégné de culture et de références chrétiennes, les exemples de nos anciens, les vérités enseignées par le Magistère, les activités paroissiales ? Surtout, n’a-t-on pas sous-estimé les combats, les pesanteurs spirituelles, le péché (disons clairement le mot) qui plombent nos élans vers Dieu ? Car livré à lui-même, le chrétien, même celui dont la foi est « authentique » et « spontanée », finira tôt ou tard par manquer de l’oxygène de l’Esprit pour continuer à vivre du Christ — cet oxygène que seule l’Église est en mesure de lui fournir gratuitement quand ses réserves sont épuisées.

Notre prière rencontre beaucoup d’obstacles

C’est ici qu’il est important de rappeler une vérité que l’on a l’habitude de taire lorsque l’on vante inconsidérément la « spontanéité spirituelle » : la prière est souvent un combat. Elle ne se réduit pas à de douces effusions ou de sublimes exaltations. « L’esprit est ardent mais la chair est faible » (Mt 26,41) dit Jésus, ce qui signifie que l’homme laissé à ses propres forces (telle est la signification du terme « chair » dans le Nouveau Testament) n’est pas assez fort pour prier tous les jours durant toute une vie, et cela avec ardeur et sans interruption. Les tentations, les concupiscences, le péché, les distractions, les divertissements, les révoltes, auront tôt ou tard raison de sa détermination initiale. Avec le temps, sa « spontanéité » s’émoussera. Grande sera alors l’envie de laisser tomber et de passer à autre chose.

Durer dans la prière est un combat. Or, pour se préparer à un combat, il est recommandé de se procurer l’équipement nécessaire pour le livrer et le soutenir. C’est ici que les habitudes, les recommandations de l’Église, la présence d’une communauté chrétienne, une discipline qui fait fi de nos états d’âme passagers, constituent de puissants soutiens. Il est présomptueux de prétendre pouvoir durer dans la prière tout seul. C’est pourquoi il ne faut pas trop idéaliser la pratique de l’oraison. Elle ne consiste pas toujours en un cœur-à-cœur doux et suave avec Jésus. Des déserts nous attendent sur le chemin de la rencontre avec Dieu. Des découragements aussi. Si l’ange n’avait pas fourni au prophète Elie de quoi boire et manger au pied du genêt où il s’était laissé tomber en attendant la mort, jamais il ne serait parvenu à la montagne de l’Horeb où Dieu se révéla à lui dans une « voix de fin silence » (1R 19,12). 

Vaincre avec le Christ pascal en prière

Comme Élie, nous avons besoin de nourriture et de boisson : le pain et le sang du Seigneur reçus à la messe du dimanche, pour persévérer dans la prière. Car l’Eucharistie est le mémorial de la Pâque de Jésus. Or Jésus, sur la Croix, pria continuellement son Père. Aussi, en nous unissant à lui à la messe, deviendrons-nous comme lui des prières vivantes, des torches enflammées de l’Esprit. Dès lors, nous vaincrons plus facilement tous les obstacles rencontrés dans notre pratique de la supplication, de la louange, de la demande et de l’adoration. Durant les périodes de découragement, de lassitude, de tentations, de désert, les vertus du Christ pascal, priant et vainqueur, investiront nos êtres pour les réorienter vers le chemin de la prière. 

« Mais priez, mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps » dit la Vierge en apparaissant à Pontmain en 1871, en Mayenne. Si Marie a cru bon de rappeler à ces enfants pieux et pratiquants l’urgence et la nécessité vitale de la prière, c’est parce que celle-ci est un combat et que la persévérance ne va pas de soi, ne « coule pas de source ». L’homme a été blessé par le péché originel qui a considérablement compliqué ses rapports avec son Créateur et Rédempteur. Il vaut mieux être conscient de cette situation si nous voulons éviter les désillusions. De même qu’une expérience gratifiante n’est pas toujours la mesure d’une prière qui portera du fruit et que Dieu peut habiter en nous tandis que nous traversons un désert de la foi en éprouvant sécheresse et absence, de même la « spontanéité » ne suffit pas toujours à nous alimenter durablement en « carburant » spirituel. Nous avons besoin parfois de nous faire aider pour durer dans la prière. Ces « aidants » spirituels sont l’Église (Tradition, enseignements, communautés, sacrements — notamment la confession qui actualise elle aussi la Résurrection de Jésus dans nos existences et facilite de la sorte nos relations avec Dieu en les rendant encore plus cordiales et amicales —, œuvres de charité, retraite dans un monastère, messe quotidienne ou dominicale), Marie et surtout Jésus et l’Esprit-Saint. La prière est un combat qu’il serait téméraire de vouloir mener seul. 

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