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Peut-on parler de tout devant ses enfants ?

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fizkes I Shutterstock

Caroline Moulinet - publié le 16/02/23

Une bonne clé pour discerner consiste à se demander si l'on est prêt à aborder le sujet directement avec ses enfants.

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Il serait bien difficile pour les adultes de discuter sans que jamais les enfants ne les entendent. Les enfants grandissent aussi en observant les adultes, en percevant leurs attitudes, leurs intonations, les mots qu’ils utilisent, même s’ils ne comprennent pas le sens de tous les sujets évoqués. Y a-t-il des sujets plus ou moins sensibles sur lesquels porter davantage d’attention en présence d’oreilles enfantines ? Aleteia partage l’expérience de plusieurs familles.

Les enfants ont une grande créativité qui leur permet d’imaginer et d’interpréter certaines métaphores de façon littérale. Certaines expressions peuvent être inquiétantes. Christine se souvient : « Quand j’étais petite, ma grand-mère disait qu’il fallait “mettre du plomb dans la cervelle” de tel employé. Sauf que, venant d’une famille de chasseurs, je n’avais pas compris qu’il fallait simplement que le monsieur comprenne quelque chose, je croyais que ma grand-mère allait littéralement lui tirer dessus ! Du coup j’avais très peur d’elle ! »

Prêter attention aux mots employés

Des mots incompris peuvent être anxiogènes. Par exemple en ce qui concerne la situation financière de la famille ou l’emploi des parents. « Nous ne parlons jamais d’argent devant les enfants. C’est une culture familiale », partage Sandrine. Chez Marie et Yves, ce sujet a été évoqué quand Yves a perdu son travail. « Les enfants nous ont entendu en parler, nous étions inquiets parce que mon salaire ne suffit pas pour la famille. Nous avons fini par expliquer directement aux enfants que leur papa n’avait pas de travail pour le moment, pour qu’ils comprennent mieux notre anxiété et qu’ils sachent que cet état était transitoire », raconte Marie.

Laure fait très attention aux mots employés. « J’évite les mots qui font peur : cancer, chômage, catastrophe naturelle. Même le mot “attentat” est difficile à dire, même si je ne sais pas par quoi le remplacer. Quand mon père a eu un cancer, j’étais inquiète. Au début, j’en parlais à mon mari en évitant que les enfants soient là. Et puis, avec les vacances d’été, nous nous sommes dit qu’ils allaient en entendre parler par leurs cousins alors nous avons pris les devants. Mais je n’ai pas dit le mot “cancer”, j’ai dit que leur grand-père devait se faire opérer pour enlever des cellules qui n’étaient pas bonnes pour sa santé. »

« Je fais attention aux personnes dont nous parlons devant les enfants. Ma fille a une tendance très curieuse, voire un peu commère. Parfois j’ai l’impression qu’elle écoute les nouvelles que nous partageons pour les raconter ensuite. Je ne trouve pas ça génial, j’ai l’impression d’alimenter radio tam-tam », confie Laetitia. Veiller aux discussions pour protéger les enfants de leurs faiblesses ou les aider à résister aux tentations de bavardages se pratique aussi chez Sandrine. « L’argent est tabou, c’est clair. La politique n’a pas le vent en poupe non plus, surtout parce que nous ne sommes pas tous du même bord dans ma famille. Si nos enfants nous entendent discuter tous les deux [en couple], on n’a pas envie qu’ils aillent expliquer tout ça à leurs cousins ! Ça risque de finir en pugilat ! »

Expliquer, accompagner au lieu de cacher

Concernant les sujets sensibles pour elle, Laure préfère expliquer avec ses mots : « Je pense surtout à la sexualité et à la contraception. J’ai préféré expliquer notre point de vue à notre fille avant que d’autres lui en parlent. Alors quand le sujet se présente et que je sais qu’elle entend la conversation des adultes, je veille à être ferme et cohérente sur mes positions. »

La mort est également un sujet qui demande aux adultes une attention particulière. Marie se souvient avec douleur des silences quand elle entrait dans le salon quand elle avait huit ans. Elle explique : « Mon grand-père venait de mourir, on ne me l’a dit qu’une semaine après. C’était terrible. Comme si je souffrais de son décès en plus de la trahison des autres. »

La mort s’est présentée de façon différente chez Laetitia : « J’ai fait une fausse couche. Nous l’avons dit aux enfants, mais après deux semaines. Nous avions besoin de vivre ce temps en couple d’abord, d’en parler sans leur présence. »

Quand la mort se présente de façon accidentelle ou violente (attentats ou agressions), les enfants risquent d’entendre les adultes en parler sans vraiment comprendre. Yves partage : « Notre fils a entendu parler de l’agression de cette adolescente à Paris et il n’avait pas compris ce qui s’était passé. Il m’en a parlé. Il fallait qu’il comprenne ce drame vu que, de toute façon, il savait. En revanche j’ai évité les détails morbides, pas besoin d’ajouter davantage de noir au tableau. »

Une clé de discernement

Que les adultes échangent sur tous les aspects de la vie est naturel. Une clé pour discerner s’ils peuvent parler de tout devant les enfants peut être simplement de savoir s’ils seraient prêts aussi à leur parler de ce sujet directement. Avec des mots adaptés à leur âge et à un moment propice. Tout en gardant en tête de préserver la sensibilité des enfants et leur innocence, dans la limite du possible et selon les situations.

Ainsi les adultes ne deviennent pas des relais pour que les enfants aient tendance à critiquer ou jalouser, et les parents peuvent éviter que la peur ne s’installe chez les jeunes faisant face aux événements du monde. Les parents ne peuvent pas extraire leurs enfants des douleurs de la vie, mais ils peuvent les soutenir et les accompagner, par leurs mots et leur exemple, pour développer les vertus.

Tags:
ÉducationEnfantsParents
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