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Elles défendent les droits de ceux qui n’ont plus rien

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Sylvain Dorient - publié le 19/03/23

Au monastère de Mirhi, dans l’extrême est du Congo, des femmes défendent les droits de leurs prochains, dans un pays où ils sont très menacés. Rencontre avec les Filles de la Résurrection, en République démocratique du Congo.

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Le travail manuel fait partie de la règle des Filles de la Résurrection, mais dans ce monastère de Mirhi, au bord du lac Kivu, dans l’extrême est congolais, il faut à la lettre travailler pour manger. Depuis la guerre civile qui a éclaté en 1995, toute la région vit au rythme des invasions de divers groupes armés, qui maintiennent un pesant climat d’insécurité, empêchent les artisans de commercer et maintiennent la population dans la pauvreté. 

Les religieuses partent donc, la bêche sur l’épaule, biner les choux, récolter le maïs ou entretenir les grands champs de bananiers qui jouxtent leur monastère. La générosité de la nature, le climat doux de ces régions légèrement en altitude et le sourire des sœurs pourraient faire oublier la précarité de leur situation. Au Nord et au Sud-Kivu, la population, excessivement pauvre, est soumise aux caprices des milices, qui pillent les ressources d’un pays excessivement riche…

Formations pour les déshérités

Sœur Alphonsine Tchiza montre du doigt un regroupement de jeunes filles qui entourent une sœur en tablier de travail : « Ici, nous enseignons à faire la cuisine. Elles n’ont pas pu étudier à l’école, mais au moins elles auront une formation pour trouver un emploi. » Autour du couvent, dans la campagne vallonée, les familles de paysans partagent les mêmes difficultés. Ils ont trop peu de terre, et craignent de devoir à tout moment abandonner leurs champs, sous la menace des miliciens, pour aller grossir le flot des déshérités qui se pressent dans les bidonvilles de la ville la plus proche, Bukavu. Ils manquent désespérément de perspective d’avenir. 

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« Ils ne comprennent pas pourquoi ils ne s’en sortent pas », témoigne la Sœur. Avant la guerre de 1995, ils n’étaient pas riches, mais ils pouvaient vivre sereinement. À présent, ils voient année après année leur situation s’effondrer, les denrées importées sont hors de prix, commercer est devenu très compliqué. Ils ne peuvent plus se déplacer dans leur propre pays en raison des gangs armés qui sévissent partout. Les professeurs n’ont pas touché de paye de l’État depuis 1995… Les hôpitaux sont inaccessibles à ceux qui n’ont pas d’argent. 

Les dialogues d’un aveugle et d’un muet

Dans ce contexte délétère, les Sœurs représentent un dernier recours, pour les plus pauvres des pauvres. Parmi eux, elles citent l’exemple de Xaverine qui en plus de ses 5 enfants, a pris en charge une mère célibataire, Chantal, ainsi que ses trois enfants. Son mari, Tuombe, est aveugle et ne peut pas beaucoup l’aider à la maison. « Mais il fait ce qu’il peut, c’est un brave homme », assure en souriant la sœur Alphonsine, qui s’ingénie à lui trouver de menus travaux compatibles avec son handicap. Étrangement, cette famille recomposée fonctionne plutôt harmonieusement et les enfants vont presque tous à l’école, où ils font partie des éléments brillants.

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Tuombe l’aveugle a un ami muet, Karani, avec lequel il entretien d’étranges discussions. « Personne ne comprend comment ils communiquent, mais cela marche très bien entre eux. Ils peuvent dialoguer ensemble pendant des heures, échangeant des gestes et des bruits mal articulés », s’amuse sœur Alphonsine. Dans l’océan de misères de l’Est congolais, les sœurs ont créé un havre de charité pour défendre les droits de ceux qui n’ont plus rien.

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