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La discipline positive, juste milieu entre fermeté et bienveillance ?

father daugther

Kristin Rogers/Stocksy United

Marzena Devoud - publié le 23/03/23

Souvent confondue à tort avec l'éducation positive, la discipline positive vise à trouver l’équilibre entre fermeté et bienveillance. Une manière constructive et structurée qui permet à l’enfant de trouver son épanouissement. Décryptage avec Alix de Salaberry, conférencière et formatrice en discipline positive.

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« Avec trois fils en bas âge, j’avais l’impression d’être un gendarme qui passait son temps à crier », confie à Aleteia Dorothée, 39 ans, mère de trois garçons de 6 à 13 ans. « J’ai tenté toutes les méthodes : punition, confiscations de jeux, des points avec de l’argent de poche supplémentaire à la clé… Sans beaucoup de résultats. Et il y a un an, j’ai découvert la « discipline positive ». C’était une révélation pour moi. Je ne pensais vraiment pas que je pourrai changer le comportement de mes enfants sans les punir systématiquement… », reconnaît-elle.

La fermeté et la bienveillance, deux piliers indissociables

« D’où nous vient l’idée saugrenue que pour que les enfants s’améliorent, il faut d’abord qu’ils se sentent moins bien ? Pensez à la dernière fois que vous vous êtes senti humilié ou traité injustement. Aviez-vous envie de coopérer ou de faire mieux ? » C’est précisément cette question que s’était posée Jane Nelsen, docteur en psychologie aux États-Unis. Elle a élaboré une nouvelle approche éducative appelée la « discipline positive ». Pour cela, cette chercheuse américaine s’est inspirée des enseignements d’Alfred Adler, psychanalyste autrichien des années 1930.

Le mot « discipline », signifie « enseigner ». Le mot « positive » veut dire « poser un regard sur les difficultés comme opportunités d’apprentissage ».

Depuis la publication en France en 2012 de son livre La Discipline positive, on en parle beaucoup, mais parfois en la confondant avec « l’éducation positive ». « Ce n’est pas la même démarche. Dans l’éducation positive ou plutôt ses dérives, il y a un manque de fermeté et un manque de cadre. Le risque est conséquent : le développement de « l’enfant-roi » et le burn-out des parents. L’enfant a besoin d’entendre un non ou un stop, cela le rassure », précise Alix de Salaberry, formatrice en discipline positive, conférencière et catéchiste à l’Institut de l’Alma à Paris.

Elle donne cette définition de la discipline positive : « si on prend la racine étymologique du mot discipline, il signifie enseigner. Le mot positive veut dire poser un regard sur les difficultés et les défis du quotidien comme opportunités d’apprentissage », explique-t-elle.

« On fait mieux quand on se sent mieux »

La discipline positive est d’abord une approche lucide. Elle s’appuie sur cette constatation pragmatique : « On fait mieux quand on se sent mieux ». Jane Nelsen est convaincue que le développement de l’enfant est favorisé lorsque l’environnement dans lequel il grandit n’est pas punitif, mais au contraire, constructif et structurant.

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Dans la discipline positive la fermeté et la bienveillance sont indissociables.

C’est une démarche qui s’appuie donc à la fois sur la fermeté et la bienveillance. Les deux notions restent indissociables. N’est-ce pas une mission impossible ? « Quand on parle de la fermeté, il s’agit du respect de la règle, dont le parent est garant. Et pour que cette approche soit entendue, respectée et vécue par l’enfant non pas comme une forme d’autoritarisme, mais comme le cadre qui va l’aider à grandir, il est important d’agir avec bienveillance.

Plus on implique l’enfant dans la réflexion, plus il se sentira responsable pour que la vie de famille tourne de façon harmonieuse.

Mais attention, rien à voir avec la permissivité. On y associe plutôt la notion de « connexion ». « Autrement dit, pour rentrer dans le monde de l’enfant, il faut pouvoir être à l’écoute de ce qu’il est en train de vivre à son échelle et à son âge. C’est souvent faire le pas de côté pour trouver une décision, une action, une parole qui va être respectueuse de l’un et de l’autre. Cette démarche ne veut pas dire mêmes droits, mêmes devoirs », explique la formatrice.

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Il est essentiel pour l’enfant de sentir qu’il a sa place et qu’il est à sa place au sein de la famille.

Alors qu’il est facile de confondre la fermeté avec l’autoritarisme et la bienveillance avec le laxisme, qu’en est-il de l’autorité ? Pour Alix de Salaberry, c’est toujours « le parent qui garde le contrôle. Il reste le capitaine du navire ». Pourtant, sans rien lâcher, il invite l’enfant à réfléchir ensemble comment respecter ce qui n’est pas négociable. « Plus on implique l’enfant dans cette réflexion commune, souligne-t-elle, plus il se sentira responsable pour que la vie de famille tourne de façon harmonieuse ».

Le sentiment d’appartenance et d’importance

Il existe deux besoins vitaux chez l’enfant. Le besoin d’appartenance et celui d’importance. Le premier concerne la communauté dans laquelle l’enfant évolue, c’est-à-dire la famille. Pour l’enfant sentir qu’il a sa place et qu’il est à sa place est essentiel. Le besoin d’importance touche à la certitude qu’il compte et qu’il a de la valeur.

« Tout l’enjeu est de pouvoir répondre à ce besoin de façon appropriée dans sa famille. Sinon, l’enfant cherchera une façon inappropriée en prenant le pouvoir ou en provoquant (« c’est moi qui décide ») : une manière de prendre sa place.

La charte familiale et l’encouragement

Le but est de développer chez l’enfant la confiance en soi par l’encouragement et par la coopération. « Pourquoi ne pas créer ensemble une charte familiale. C’est un levier extraordinaire qui met en lumière la valeur de chaque membre de la famille. Pourquoi ne pas réfléchir à toutes les tâches domestiques ? L’enfant peut alors prendre sa part.

Cette démarche facilite clairement l’encouragement : quand l’enfant réalise sa tâche, on pourra lui dire : « Merci d’avoir respecté ton engagement. » Si ce n’est pas le cas, cela vaut la peine de lui dire : « Je vois que c’est compliqué pour toi aujourd’hui de ranger ta chambre. Est-ce que tu veux qu’on en parle ? »

Clairement, ni la punition ni la récompense ne font partie de la discipline positive car il s’agit d’outils efficaces à court terme.

Afin de proposer à l’enfant tout ce qui va permettre de développer ses compétences comme l’autonomie, la confiance en soi ou le sens des responsabilités, la punition n’est pas nécessaire. « Ni la punition ni la récompense ne font partie de la discipline positive car il s’agit d’outils efficaces à court terme », souligne encore Alix de Salaberry. « Certes, le comportement de l’enfant va s’arrêter. Mais il est important de prendre conscience de ce que la punition peut générer comme ressentiment avec des traces, hélas, à long terme ». Comme le rappelle la formatrice, « faire payer l’enfant » ne fait pas partie de la discipline positive.

En revanche, construire un cadre sécurisant, respectueux basé sur la sensibilité, la spiritualité, la culture, et ancré profondément dans la recherche à réparer toujours, et à trouver toujours des solutions, telle est la clé de l’efficacité de la discipline. Avec ce GPS de chaque parent à la clé : faire grandir son enfant.

Découvrez aussi les conseils d’éducation présents dans la Bible :

Tags:
ÉducationEnfantsFamille
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