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Blanche Streb - publié le 03/04/23

La société n’a pas besoin de nier la différence des sexes, mais de la civiliser. Pour l’essayiste Blanche Streb, la virilité des garçons est une chance, quand elle est élevée dans l’intelligence du cœur.

Sortie de collège. Un petit groupe d’élèves prend le même train, et depuis une semaine que la rentrée est passée, ils se sont, du regard, repérés. Le délai entre la sonnerie de l’école et celui du train est serré. Dès que la porte de la cour est ouverte, le garçon de quatrième est à fond sur sa trottinette, bien décidé à l’attraper pour ne pas perdre un temps précieux, les études lui en volent déjà suffisamment… Derrière lui, une fille de sixième, une petite nouvelle, un peu moins rapide. Et fichtre. La voilà qui perd un temps précieux à chercher sa carte, derrière la porte battante. Le train va partir. Dans le cœur du petit homme, dilemme… Sauter dans le train ? 

« C’était mieux comme ça »

Allez, chacun pour soi ! Au fond, je la connais à peine. Ou rester là, avec elle, sur le quai, pour lui tenir compagnie, la rassurer peut-être, pendant l’heure où il va falloir attendre le suivant, au milieu des passants, des grands. Enfin rentré chez lui, il s’excuse auprès de sa maman pour son retard mais se désole surtout de tout ce temps perdu. « C’était plus fort que moi, j’ai senti que c’était mieux comme ça. — Mon fils. Ce retard t’honore. Tu as fait ce qu’il fallait », le rassure sa mère, qui le soir, lui montrera le SMS qu’elle vient de recevoir : un message de l’autre famille qui illuminera le regard du petit homme en construction : « Merci. Votre fils est un chevalier. »

Moi aussi, je tremble d’effroi et de colère devant les chiffres du nombre de femmes qui meurent sous les coups des hommes, souvent conjoints ou ex-conjoints. Les chiffres des maltraitance, viols, agressions en tout genre donnent le vertige et la nausée. Ces violences nous laissent aussi abasourdis que révoltés, surtout quand on réalise que tout n’a pas été fait pour les éviter. Mais pourquoi devrions-nous, malgré ces terribles réalités, accepter de supporter cette rengaine néoféministe que nous vivrions dans un univers binaire, où tous les hommes seraient 100% toxiques, nuisibles, inutiles ou violents ? Laisser croire que c’est la norme, c’est s’assurer d’aggraver ce qui est profondément à déplorer. 

La différence des sexes

Il y a quelques temps, lors d’un colloque consacré au féminisme, j’ai entendu une oratrice, auteur d’un essai sur la « masculinité toxique », conclure son intervention — orientée, réductrice, désespérante et donc prodigieusement agaçante — par cette recommandation qui tombait comme un péremptoire couperet : « La solution, c’est d’élever tous les petits garçons comme des filles. » Soupir de désolation. Et ce genre de mentalité est désormais bien installé. À grand renfort de jouets « dé-genrés » et de propagande partout parsemée. C’est, de mon point de vue, l’exact contraire de ce qu’il faut faire. Comme l’a écrit Eugénie Bastié au sujet de l’homme, dans son brillant plaidoyer Sauver la différence des sexes (Gallimard), « naturellement plus agressif, c’est la culture qui bride ses instincts. La virilité, si elle n’est plus organisée, polie, civilisée par la culture, ressurgira toujours. […] La différence des sexes existe. On peut la nier, elle ressurgira, sous une forme brutale, abâtardie, caricaturale ».

Ce n’est pas d’être encore et toujours plus « déconstruits » dont ont besoin les garçons, mais d’être accompagnés, orientés à grandir avec et par ce qu’ils sont, dirigés par et vers la grandeur et la force d’âme. Pour devenir des hommes droits, justes, capables de nuances et de prendre soin de ceux et ce qui les entourent, protecteurs, fortifiés dans l’intelligence du cœur, bien dans leur peau et dans leur tête. 

Ils savent porter des croix

Pour progresser (ou plutôt cesser de régresser), notre société a sacrément besoin d’exemples. Pour ne pas dire d’exemplarité. Ça tombe bien. (Attention. Propos politiquement incorrects, pas vraiment dans l’air du temps). Oui, il y des hommes bons. Pléthore même. Des bons pères, aussi, et même des bons maris. J’en connais plein. Des gars solides. Courageux. Imparfaits. Maladroits. Bourrus, parfois. Bêtas, aussi. Des gars qui se remettent en question, se donnent les moyens et s’encouragent les uns les autres pour grandir dans leurs missions. Qui savent demander pardon. Des gars qui se plantent, qui tombent, bien sûr, le poids du jour est parfois trop lourd et leurs faiblesses bien réelles. Mais ils savent porter des croix, ont le sens du don de soi. Et ô gros mots ! l’amour du prochain, et même de l’ennemi, en lettres d’or, en eux, inscrit.  

Respecter et prendre soin des filles, pour espérer que ça dure toute la vie, ça s’apprend aux garçons évidemment dès qu’ils sont petits. Pas parce qu’elles seraient bêtement fragiles — la vie se chargera de leur prouver en bien des occasions qui forceront leur admiration jusqu’où peut aller la force des femmes — mais parce qu’ils sont forts. L’altérité des sexes est une chance. Il serait temps de repenser l’humanité en ces termes. 

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