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Spiritualité
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Contempler les blessures du Christ : les mains (5/6)

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Fred de Noyelle / Godong

Christ sur la croix. Détail. El Greco.

Mathilde de Robien - publié le 06/04/23

Selon une dévotion demandée par le Christ lui-même invitant à honorer ses plaies, pénétrons, chaque jour de la Semaine sainte, dans ce mystère d’amour. Car c'est en contemplant son épaule, sa tête, son flanc, ses pieds, ses mains et son cœur meurtris, que l'on réalise combien le Christ a souffert pour nous et combien il nous aime.

Avec les plaies des pieds et du côté, les blessures infligées aux mains de Jésus font partie des « cinq plaies » majeures de la dévotion traditionnelle. Cette dernière distingue même la plaie de la main droite de celle de la main gauche. Les blessures des mains, que Jésus montre à ses disciples après la résurrection, sont causées par les clous qui ont transpercé ses paumes pour être cloué sur la croix. Dans les Psaumes, le prophète David fait dire au Seigneur :

« Ils me percent les mains et les pieds ; je peux compter tous mes os. Ces gens me voient, ils me regardent. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement » (Ps 21, 17).

Des mains bienfaisantes

Contempler les mains du Christ, c’est se remémorer tout le bien qu’elles ont fait, sur terre, avant d’être injustement clouées sur le bois de la croix. La main du Christ, c’est d’abord une main qui bénit, et en premier lieu les enfants :

« On présenta des enfants à Jésus pour qu’il leur impose les mains en priant. (…) Il leur imposa les mains, puis il partit de là » (Mt 19, 13).

C’est une main qui guérit les malades :

« Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait » (Lc 4, 40).

Une main qui rend la vue aux aveugles :

« Jésus, de nouveau, imposa les mains sur les yeux de l’homme ; celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté » (Mc 8, 25).

C’est une main qui nourrit, au sens propre, notamment lors de la multiplication des pains :

« Prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule » (Mc 8, 6).

Enfin c’est une main qui donne vie :

« Il s’approcha et toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » Alors le mort se redressa et se mit à parler » (Lc 7, 15).

Des mains qui ont fait des miracles du temps de Jésus, et qui continuent encore aujourd’hui leur œuvre bienfaisante. « Ces mains qui ont opéré tant de prodiges, qui ont fait tellement de bien, les voici perforées. Mais, ô miracle nouveau et inattendu, elles poursuivent leur œuvre de bienfaisance. Leurs deux trous sont deux cratères d’où s’échappe une lave incandescente d’amour, un ruban qui s’élargit et pousse toujours plus loin », souligne Mgr Le Tourneau dans son livre Les blessures du Christ (Artège).

Une plaie suintant tellement l’amour, qu’elle bouleversa saint Josémaria Escrivá, fondateur de l’Opus Dei, un matin de juin 1938. Tout au long de sa vie, il développa une profonde dévotion envers les plaies du Christ, mais celle-ci débuta grâce à la découverte assez soudaine de la plaie de la main droite, un matin du mois de juin, tandis qu’il se dirigeait vers le monastère de « Las Huelgas ». Il décrit cette illumination dans une lettre adressée à Juan Jimenez Vargas le jour même :

« Ce matin, alors que j’allais à Las Huelgas, pour prier, j’ai découvert une Amérique (une Méditerranée) : la Sainte Plaie de la main droite de mon Seigneur. Et voilà où j’en suis : toute la journée entre les baisers et l’adoration. Comme elle est aimable, la Sainte Humanité de notre Dieu ! Demande-lui qu’il veuille me donner son véritable Amour et toutes mes autres affections en seront bien purifiées. Inutile de dire : sur la Croix, mon cœur ! car si une Blessure du Christ purifie, guérit, apaise, fortifie, enflamme et remplit d’amour, que ne feront pas les cinq plaies ouvertes sur le bois de la croix ? »

Le sceau de l’amour du Christ

Lorsque le Christ vient au milieu de ses disciples après la résurrection, la première chose qu’il fait est de leur montrer ses blessures. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » puis leur montre ses mains et son côté. La réaction des disciples est frappante. Ils n’expriment pas de peur, de compassion ou de honte à avoir abandonné Jésus, mais de la paix et de la joie : « Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur » (Jn 20, 20). Comme s’ils voyaient déjà dans les marques des clous le sceau de l’amour de Dieu.

Saint Bernard de Clairvaux verra lui aussi dans les clous des clés pour mesurer l’infinie miséricorde de Dieu : « Ces clous dont il a été percé sont devenus pour moi comme des clefs, qui m’ont ouvert le trésor de ses secrets et fait voir la volonté du Seigneur. Et pourquoi ne la verrais-je pas au travers de ses plaies ? Ses clous et ses blessures crient hautement que Dieu est vraiment en Jésus-Christ et qu’il y réconcilie le monde avec lui-même » (Sermons sur le Cantique des cantiques).

Au-delà de la paix et de la joie ressenties par les disciples, saint Bernard témoigne quant à lui de la douceur émanant des plaies du Seigneur : « Ils ont percé ses mains, ses pieds et, d’un coup de lance, son flanc ; par ces trous béants, je puis humer le miel de ce roc, et l’huile qui coule de sa pierre très dure, c’est-à-dire voir et goûter la douceur du Seigneur » (Sermons sur le Cantique des cantiques).

Prière de sainte Claire à la plaie de la main droite

Sainte Claire d’Assise a rédigé une prière intitulée « Prière aux Cinq Très Saintes Plaies de notre Seigneur Jésus-Christ ». Voici la partie qui concerne la plaie de la main droite :

« Louange et Gloire à Toi, Seigneur Jésus-Christ, pour la Très Sainte Plaie de Ta main droite.

Par cette Plaie sacrée, pardonne-moi tous les péchés que j’ai commis contre Toi, par pensée, par parole et par action, par négligence à Ton service ou par sensualité, soit en dormant, soit en veillant.

Par Ta Passion rends-moi capable de célébrer dignement le souvenir de Ta Mort par amour et de Tes Saintes Plaies ; et de Te rendre grâce, avec Ton aide, en mortifiant mon corps. Toi qui vis et règnes dans les siècles des siècles. Amen. »

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Semaine sainte
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