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[HOMÉLIE] Par sa miséricorde, il nous fait renaître

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Brooklyn Museum

"L'incrédulité de saint Thomas", de James Tissot

Jacques de Longeaux - publié le 15/04/23

Le père Jacques de Longeaux, curé de la paroisse Saint-Pierre-du-Gros Caillou à Paris, commente les lectures du dimanche de la divine Miséricorde (1P 1, 3-9 ; Jn 20, 19-31). Vainqueur de la mort, le Christ vient donner sa paix qui guérit de la peur. Par sa miséricorde, il nous fait renaître dans une vivante espérance.

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« La paix soit avec vous. » À trois reprises Jésus ressuscité salue ses disciples par ces mots. Ils prennent tout leur sens si l’on se rappelle qu’au cours de la Passion tous les disciples — à l’exception de Jean — ont abandonné Jésus et que Pierre l’a renié trois fois. La vue de Jésus vivant a de quoi les stupéfier et les inquiéter. Mettons-nous à leur place. Nous sommes le soir du premier jour de la semaine (le dimanche soir). Les événements tragiques de l’arrestation, du procès et de la crucifixion de Jésus datent de moins de trois jours. Les disciples n’avaient pas compris ce que Jésus voulait dire lorsqu’il leur annonçait qu’il ressusciterait le troisième jour. Pour le moment, ils sont enfermés dans un lieu caché car ils ont peur de subir le même sort que leur maître. 

Un appel à la confiance

Or, voilà que Jésus en personne se tient au milieu d’eux. On comprend qu’ils puissent être « saisis de frayeur et de crainte » comme le rapporte saint Luc (Lc 24, 37). Mais aussi, selon saint Jean, ils « furent remplis de joie en voyant le Seigneur » (Jn 20, 20). La salutation : « La paix soit avec vous » leur a procuré paix et consolation. Ils ont reconnu Jésus en voyant les plaies de ses mains et de son côté : c’est bien lui qui a été cloué au bois de la Croix qui est là, vivant, au milieu d’eux. Il ne leur adresse aucun reproche, il leur donne la paix, sa paix. Même à Thomas, Jésus ne reproche pas son refus de croire sans avoir vu. Il ne l’accuse pas, il ne le condamne pas : il l’appelle à la foi. À travers Thomas, Jésus nous appelle, nous aussi, à croire sans voir, en faisant confiance au témoignage des saintes femmes et des apôtres que l’Église a transmis fidèlement jusqu’à nous.

La salutation de Jésus est l’expression de sa miséricorde.

La salutation de Jésus est l’expression de sa miséricorde. Il connaît la faiblesse humaine, il sait que l’esprit est ardent mais que la chair est faible. Sa parole est un pardon, une absolution. Aux hommes faibles et pécheurs, Jésus dit : « La paix soit avec vous. » Il ne revient pas sur les événements passés, il tourne ses disciples vers l’avenir : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20, 21). Et il leur insuffle l’Esprit qui leur donnera la force nécessaire pour être ses témoins fidèles. Par la miséricorde de Dieu ils seront guéris de toute peur, libérés de toute lâcheté. Ils témoigneront jusqu’au martyre.

Se disposer à recevoir la miséricorde

Ayant bénéficié de la miséricorde divine, les disciples seront à leur tour les porteurs de la miséricorde : « À qui vous remettrez les péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus » (v. 23). Ici surgit une question : Pourquoi Jésus évoque-t-il la possibilité de maintenir les péchés ? Serait-ce une limite à sa miséricorde ? Certainement pas. La miséricorde divine est sans limite. Mais encore faut-il que nous soyons disposés à la recevoir et que nous la recevions avec fruit. Le pardon des péchés suppose que nous reconnaissions le mal que nous avons commis, que nous le regrettions, que nous soyons résolus à ne pas recommencer. Le pardon de Dieu est à la fois gratuit, toujours offert et exigeant. Il nous engage à rejeter le mal et à faire le bien ; à réparer autant que possible les dégâts que nous avons faits ; à pardonner à notre tour à ceux qui ont des torts envers nous (nous savons que ce n’est pas facile, c’est pourquoi nous en demandons à Dieu la grâce à chaque fois que nous prions le Notre Père). « Maintenir les péchés », ce n’est pas condamner définitivement : c’est œuvrer pour que les conditions d’un authentique accueil du pardon soient prochainement réunies.    

La renaissance du baptême

La résurrection de Jésus est la plus grande œuvre de la miséricorde divine à notre égard. C’est pour nous, pour notre salut que Jésus est mort et ressuscité. Il a traversé la souffrance et la mort pour qu’à sa suite nous puissions entrer dans la Vie. Comment ne pas être transportés de joie ! Comment ne pas louer la miséricorde divine ! Comment notre vie n’en serait-elle pas transformée ! Demandons à Dieu de croire vraiment à la réalisation des promesses, de croire vraiment que la mort est vaincue. Ce n’est pas un rêve ! La résurrection de Jésus est bien réelle, plus réelle que tout ce que nous appelons réalité. L’espérance chrétienne dépasse tous les rêves.         

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts » (1P 1, 3). Cette renaissance, œuvre de la miséricorde divine, est celle du baptême. Elle découle directement du cœur ouvert du Ressuscité. Nous rendons grâce ce dimanche pour les baptisés de Pâques. Nous partageons leur joie. Ils participent à la messe revêtus de leur vêtement blanc. Que leur exemple nous aide à reprendre conscience de la grâce de notre baptême et de notre confirmation. Qu’elle porte dans nos vies et dans le monde un fruit abondant de justice et de miséricorde. 

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Tags:
HomélieMiséricorde
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