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Atteinte d’une maladie dégénérative, Anne-Claire témoigne de son chemin vers Dieu

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Avec l'aimable autorisation d'Anne-Claire Cassan.

Caroline Moulinet - publié le 06/05/23

Anne-Claire est mariée et mère de cinq enfants. A sa quatrième grossesse, elle découvre qu’elle souffre d’une maladie dégénérative, la maladie de Charcot-Marie-Tooth. Anne-Claire partage pour Aleteia le chemin sur lequel elle avance chaque jour.

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La maladie n’est pas la première épreuve qu’a endurée Anne-Claire. Alors qu’elle a dix-huit ans seulement, sa maman est rappelée à Dieu, puis son père quelques années après. Il serait bien compréhensible de se demander « Pourquoi tant d’épreuves pour une même personne ? » mais Anne-Claire témoigne : « J’ai découvert ma maladie lors de ma quatrième grossesse, alors que les femmes sont en général touchées vers l’âge de vingt ans. Les garçons encore plus tôt. Je pense vraiment que le Seigneur m’a préservée. Il m’a préparée à accepter ma maladie. Je sais maintenant que je vivrai d’autres épreuves, mais que le Seigneur sera toujours là pour moi, je suis armée pour marcher sur le chemin qu’Il me propose. »

C’est en relisant l’histoire de sa vie qu’Anne-Claire voit la merveille de l’action de Dieu. Son livre Je me déploierai dans ta faiblesse est pétri de son désir de permettre à d’autres de gagner du temps pour être à leur tour mieux armés pour vivre. Elle confie : « À dix-huit ans, je n’ai pas accepté le décès de maman. J’ai endurci mon cœur, j’ai mis Dieu de côté, je devais tenir le coup pour papa, continuer mes études. C’est mon mari qui m’a ramenée vers Dieu. Il m’a emmenée dans une église, et ce jour-là, j’ai fait l’expérience d’une rencontre personnelle avec le Seigneur. Les paroles que j’entendais étaient pour moi, elles ont ouvert mon cœur. Ce Dieu que j’accusais de tout le mal que je traversais, me disait qu’Il m’aime et Il m’invitait à m’ouvrir à son aide. »

Accepter ses limites

Anne-Claire était une personne active, qui ne demandait jamais d’aide. Depuis le décès de ses parents, sa volonté de se débrouiller par elle-même était exacerbée. « À cette période de ma vie, il fallait que j’aille de l’avant. Sauf que je restais une femme avec ses limites. Avec ma maladie, j’ai été forcée de m’arrêter, de ne plus compter sur mes propres forces, d’accepter que mes limites soient atteintes. Je ne pouvais que lever les yeux vers le Ciel et crier vers le Seigneur. »

Il faut oser boire la parole de Dieu. Il faut accepter de Le laisser agir.

Cette action de s’arrêter, de prendre le temps de vivre, Anne-Claire aimerait la conseiller à chacun. « Mon corps souffre continuellement. Dès le matin, je suis obligée de prévoir des temps de pause. Maintenant je me rends compte à quel point ces moments sont précieux. Je me passerais bien de la douleur, mais avoir la possibilité d’avoir le temps de plonger à l’intérieur de moi et de prier est un vrai cadeau. »

Elle poursuit : « Si mon témoignage pouvait donner aux gens le déclic pour chercher en eux la présence de Dieu… Il ne demande qu’à agir en nous mais pour ça, il faut apprendre à s’arrêter. Il faut oser boire la parole de Dieu. Il faut accepter de Le laisser agir. »

« Aujourd’hui la société met en avant le bien-être personnel, et c’est bon dans le sens qu’il ne faut pas se laisser enfermer dans ses blessures, se durcir, mais il ne faut pas en rester là. Le bien-être oui, mais pour ensuite pouvoir aller vers les autres, donner à son tour. Ma maladie me force à demander de l’aide et je découvre comme c’est bon. En refusant de demander de l’aide, je privais l’autre d’une occasion de devenir saint. En demandant de l’aide, je fais appel à la bonté des gens, et donc à la présence de Dieu en eux », partage la mère de famille.

« Il me reste de mes parents la piété »

Anne-Claire affectionne particulièrement saint Ignace et sainte Thérèse de Lisieux : « Je m’émerveille de toutes les petites lumières de Dieu dans mon quotidien. Il faut prendre le temps de relire sa vie, de regarder et de voir ces trésors. Il ne faut pas les mettre négligemment de côté ou les ignorer parce qu’ils nous dépassent et peuvent donc faire un peu peur. Ils sont une réserve de consolation quand vient un temps plus douloureux. Ces moments du quotidien font mon Espérance. Le Royaume des Cieux est déjà là parmi nous, dans un simple regard ou un geste de consolation. »

Je crois que le Seigneur me donnera tout ce qu’il me faut le moment venu.

« Plus j’avance sur mon chemin, plus je ressens une paix profonde et une vraie joie », poursuit Anne-Claire, tout en confiant : « Au début je fulminais. Je souffre d’une maladie dégénérative, ce qui veut dire “perdre ses qualités” ! Ce n’est pas ça ! Je perds petit à petit mes capacités, mais je ne perds pas mes qualités. Je sais que je vais continuer à diminuer. Si je me concentre sur ce que je perds, c’est désespérant, or je veux vivre ! Je crois que le Seigneur me donnera tout ce qu’il me faut le moment venu. »

Épouse et mère de famille, Anne-Claire souhaite s’adresser à la jeunesse ainsi qu’aux mères. Sa maladie ne lui permet pas de travailler. Elle n’apporte pas de revenus au foyer, elle n’a pas de belles actions à présenter à la reconnaissance du monde. Pourtant elle sème. Elle partage la lumière de Dieu autour d’elle, à commencer par sa famille.

CASSAN
Anne-Claire en compagnie de son mari.

« Que me reste-t-il ? Je n’ai plus ma maman, ni mon papa, mais il me reste d’eux leur piété, leur sens de l’effort et de l’engagement. Ma réussite ne sera pas dans l’argent, le mobilier ou la renommée que je laisserai à mes enfants, j’espère pouvoir leur laisser un exemple de volonté d’aller de l’avant, sans se faire écraser par les épreuves. Un témoignage qu’on peut être souriant et lumineux et donner de soi-même, même quand on a tant perdu. »

Elle continue : « Que les mères de familles ne sous-estiment pas leur valeur. La foi est reçue au baptême mais il faut l’activer, et les mères doivent retrouver le sens de leur mission : amener leurs enfants à Dieu. »

Aux jeunes, elle lance cet appel : « Moi j’ai perdu tant de temps. Chacun est aimé par Dieu, que les jeunes arrêtent de regarder les réseaux sociaux où chacun est identique. Chacun est unique ! Que les jeunes cherchent en eux ce qui fait leur différence, leur unicité. Le Seigneur les aidera. “Deviens ce que tu es et tu mettras le feu au monde” écrivait Ste Catherine de Sienne.” »

Anne-Claire a choisi d’écrire pour témoigner. Non pas pour convaincre mais pour rappeler au monde son besoin de transcendance. « L’homme veut tout gérer, tout expliquer, tout contrôler mais il est bon de garder le mystère, d’accepter sans tout comprendre, cela permet de rester humble. » Elle poursuit : « L’exemple des novices dont s’occupait ma tante contemplative m’a très sûrement influencée : ces femmes n’ont apparemment pas de rôle dans la société, et pourtant quand je leur rendais visite étant enfant, une telle lumière émanait d’elles ! Ce qui compte est que chaque personne soit à sa place. Certains sont appelés à de grandes actions, d’autres pas, et Jésus veut venir visiter chacun personnellement. »

Dans ce ralentissement que provoque sa maladie, Anne-Claire trouve le silence nécessaire qui lui permet de laisser la Parole résonner en elle. « La Foi et l’Espérance donnent une grande liberté. Une liberté de se libérer de ce que pensent les autres, la liberté d’aller là où le Seigneur appelle. Chaque chemin est unique. »

Et c’est bien un chemin, le chemin d’une vie vers le Ciel, accompagné par Jésus, et Marie.

Pratique :

Je me déploierai dans ta faiblesse, Anne-Claire Cassan, Artège, mai 2023,15,11 €.

Tags:
deuilMaladie
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