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Où ont eu lieu les miracles eucharistiques en France ?

Hostie consacrée

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La rédaction d'Aleteia - publié le 18/06/23

L’histoire de l’Église rapporte plusieurs miracles eucharistiques. On en dénombre environ 130 reconnus par l’Église catholique. Si la majorité d’entre eux a eu lieu en Italie, plusieurs se sont aussi déroulés en France. Découvrez ces douze endroits où la Présence réelle s’est manifestée aux Français.

Les miracles eucharistiques, bien que conservant une grande part de mystère pour l’homme, sont considérés par l’Eglise catholique comme des manifestations explicites de la Présence réelle à travers le pain ou le vin, consacrés des mains du prêtre. L’Eglise demeure toujours extrêmement prudente quant à la reconnaissance de ces miracles tant leur prodige nous dépasse. Ils prennent en effet la forme de phénomènes extraordinaires et surnaturels, comme la transformation du pain et du vin en chair et en sang, la lévitation de l’hostie, des guérisons soudaines ou encore des apparitions… Au total, 136 miracles ont été recensés par Carlo Acutis pour son exposition internationale sur “Les miracles eucharistiques dans le monde”. Beaucoup ont eu lieu en Italie ou encore en Espagne, mais on en trouve également une douzaine en France. 

1 Douai, 1254

Pâques 1254. Dans la ville de Douai, le curé de l’église Saint-Pierre donne la communion à ses paroissiens, mais une hostie lui échappe des mains. Alors qu’il se baisse pour la ramasser, l’hostie se soulève d’elle-même et se pose sur l’ostensoir. Puis apparaît un enfant d’une beauté stupéfiante, que le prêtre mais aussi les fidèles contemplent, ébahis. L’évêque de Cambrai se rend sur place dans la foulée et demande à voir l’hostie. Il la découvre marquée du visage du Christ couronné d’épines, deux gouttes de sang coulant de son front. Pendant la Révolution, l’hostie disparaît. Elle n’est retrouvée qu’en 1854 par le curé, cachée sous le Christ de l’autel des défunts avec une lettre écrite en latin de la main de son prédécesseur : “Je soussigné, chanoine de l’illustre église collégiale Saint-Aimé, je certifie que c’est vraiment l’hostie du saint miracle que j’ai soustraite au danger imminent de la profanation en la recueillant. Je L’ai déposée dans ce ciboire et j’ai laissé ce témoignage écrit de ma main pour les fidèles qui la découvriront par la suite (5 janvier 1793).”

2Neuvy Saint Sepulcre, 1257

Dans la Basilique de Neuvy-Saint-Sépulcre, en Indre, est précieusement conservée une relique de deux gouttes de sang du Christ, recueillies sur le calvaire pendant la Passion et rapportées de Terre Sainte en 1257. Elle est constituée de sang coagulé et pur, non mélangé avec de l’eau ou de la terre.

3Paris, 1290

À Paris, le jour de Pâques 1290, un homme nourrissant une haine viscérale contre la foi catholique se procure une hostie consacrée. Il lui porte un coup de couteau afin de la déchirer, et aussitôt pénétrée par la lame, du sang en jaillit en abondance. Terrifié, le profanateur la jette au feu, mais l’hostie s’élève. S’en ressaisissant, affolé, il la jette dans l’eau bouillante, à nouveau en vain : l’hostie s’élève encore, et cette fois-ci prend l’aspect de la Croix du Christ. C’est finalement une paroissienne de Saint-Jean en Grève qui la rapporte au curé. Elle est aussitôt placée dans un reliquaire, perdu à la Révolution. Dans l’église Saint-Etienne-du-Mont, un vitrail raconte l’histoire de ce miracle. 

4Blanot, 1331

À Blanot, petite commune de Bourgogne, les catholiques fêtent Pâques, dimanche 31 mars 1331. Au moment de la communion, alors que les fidèles s’agenouillent pour recevoir le précieux Corps, un servant d’autel remarque qu’une parcelle de l’hostie est tombée sur une petite nappe, portée en dessous du ciboire par les enfants de chœur. 

“Révérend Père, veuillez vous tourner vers nous car le Corps de Notre Seigneur est tombé sur la nappe de Communion de la bouche d’une dame”, chuchote le servant au père Hugues de la Baume. Mais lorsque ce dernier s’approche, le morceau a disparu… pour laisser place à une tâche de sang frais. Saisi de stupeur, le prêtre se précipite à la sacristie muni du napperon et tâche de la laver. Mais plus la nappe est frottée, plus la tâche s’élargit. Tremblant d’émotion, le père de la Baume revient à l’autel et dépose la morceau de la nappe dans un reliquaire, avant de s’écrier face à ses paroissiens : “Bonnes gens, ici il y a le Très Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus Christ. J’ai cherché par tous les moyens à laver le linge et à l’essorer, mais je n’ai pas réussi à retirer le morceau d’Hostie transformé en sang, de cette nappe.”

La relique est depuis honorée chaque année aux grandes fêtes, notamment lors de la Fête-Dieu.

5Dijon, 1430

On devrait plutôt parler de miracle eucharistique de Monaco, mais ne pinaillons pas. En 1430, une femme dont le nom est demeuré inconnu fait ses emplettes chez un brocanteur de la principauté monégasque. Elle en ressort avec un bel ostensoir. Une fois chez elle, elle y découvre une grande hostie qui y était demeurée installée : l’objet avait dû être volé. Sans se douter que ce précieux morceau de pain n’est autre que la présence réelle du Christ, la femme retire l’hostie à l’aide d’un couteau. L’hostie se met immédiatement à saigner et une image de Jésus s’y dessine, représenté assis et entouré des instruments de sa Passion. L’hostie est offerte par le pape Eugène IV au Duc Philippe de Bourgogne, qui la donne à son tour à la ville de Dijon, alors capitale du duché de Bourgogne. La précieuse relique est conservée dans la basilique Saint-Michel Archange. 

En 1794, alors que la Révolution poursuit son cours dans un bain de sang, l’hostie miraculeuse est brûlée par cinq agents du Conseil Communal. Une étoile sera dessinée devant l’église Saint-Michel où s’est déroulé ce terrible sacrilège. 

6Avignon, 1433

Avignon, 30 novembre 1433. Le Rhône, grossi par les pluies abondantes tombées les jours précédents, sort de son lit et submerge la cité des Papes. La panique s’empare de la ville, totalement inondée. Dans la pagaille, deux frères des Pénitents Gris, petite confraternité fondée sous Louis VIII, se hissent sur une barque et rament tant bien que mal vers la Chapelle de la Sainte-Croix. Les deux frères se sont en effet souvenus que le Saint-Sacrement y était exposé à l’adoration. Pas une minute à perdre pour sauver la sainte Hostie. Quelle n’est pas leur surprise de constater, une fois entrés dans la chapelle, que les eaux, hautes de plusieurs mètres, se sont ouvertes en deux pour laisser le passage libre jusqu’à l’autel, comme Moïse face à la mer rouge. Au bout de l’allée, sur l’autel, l’ostensoir est là, intact et au sec, comme attendant qu’on vienne le chercher. 

La nouvelle de ce miracle se répand aussitôt comme trainée de poudre. Un sursaut de ferveur populaire se fait sentir. Fidèles, autorités, incroyants, tous se précipitent à la chapelle pour y chanter des cantiques de louanges. Depuis ce jour, l’anniversaire du miracle est célébré tous les ans, le 30 novembre. 

7La Rochelle, 1461

Le jour de Pâques de l’année 1461, une femme amène son fils Bertrand, petit garçon âgé de 12 ans, à la messe de la Résurrection au sein de l’église Saint-Batholomée, à la Rochelle. À sept ans, l’enfant victime d’une malheureuse chute était devenu totalement muet. Lorsque vient le moment de la communion, le petit Bertrand fait comprendre au prêtre qu’il veut recevoir le corps du Christ. Mais ce dernier refuse de lui donner au motif qu’il n’a pu entendre la confession du jeune muet avant de communier. Devant le refus du prêtre, Bertrand insiste et supplie à grands renforts de gestes. Le prêtre, ému, cède et lui donne l’Eucharistie : aussitôt, Bertrand se remet à parler. Ses premiers mots sont “Adjutorium nostrum in nomine Domini !”, ce qui veut dire “Notre secours est dans le nom du Seigneur.”

Le manuscrit qui décrit ce miracle est toujours conservé dans la cathédrale de La Rochelle.

8Marseille-En-Beauvaisis, 1533

Un froid jour de décembre 1532, deux voleurs se glissent dans l’église de Marseille-en-Beauvaisis et subtilisent un ciboire d’argent contenant les hosties consacrées, immédiatement abandonnées sous une grosse pierre de la grande rue. Le 1er janvier, un certain monsieur Jean Moucque passe dans cette rue sous une déferlante de vent et de neige. Son attention est aussitôt attirée par une pierre, pourtant exposée à la tempête, qui ne cumule aucune couche de neige. La soulevant, il découvre les hosties, intactes. Une chapelle fut dressée quelques temps plus tard pour encourager la dévotion, et plusieurs miracles de guérisons y eurent lieu, comme celle de Jacques Sauvage, prêtre paralysé guéri totalement.

9Faverney, 1608

En 1608, l’abbaye bénédictine de Faverney est dans la tourmente : plusieurs moines s’éloignent de la foi catholique dans un contexte de diffusion du protestantisme en France. Après une adoration, les moines laissèrent sur l’autel provisoire, installé pour l’occasion, l’ostensoir et les deux hosties consacrées. Au petit matin, un cri de stupeur fait accourir la communauté : l’autel est totalement réduit en cendres et l’ostensoir introuvable. En fait, celui-ci est suspendu dans les airs et les hosties sont intactes. Les moines préparent alors un nouvel autel et y célèbrent la messe. Au moment de l’élévation, l’ostensoir, toujours suspendu, se met à redescendre sur le nouvel autel. Ce miracle eucharistique raffermit la foi de la communauté ainsi que des fidèles. L’une des deux hosties est demeurée intacte, tandis que l’autre fut détruite lors de la Révolution française.

10Pressac, 1643

Jeudi saint de l’an 1643 : après la messe, les paroissiens appellent, affolés, le curé. Les flammes des bougies laissées allumées ont déclenché un incendie près de l’autel. Du calice qui a servi pendant la communion ne restent que les cendres. Ou presque. Le pied est demeuré intact et l’hostie est retrouvée cachée en-dessous. Elle est consommée le lendemain, pendant la liturgie du Vendredi Saint.

11Les Ulmes, 1668

Le 12 juin 1668, les catholiques des Ulmes, petite bourgade de l’actuel département de Maine-et-Loire, fêtent le Très Saint Corps de Jésus-Christ. A cette occasion, une adoration eucharistique est organisée dans l’église. Alors que le père Nicolas Nezan encense l’ostensoir pendant que les fidèles chantent le Pange Lingua, un jeune homme apparaît à la place de l’Hostie. Lumineux, vêtu de blanc et les cheveux d’un brun clair jusqu’aux épaules, il se tient là, les mains jointes, pendant près d’un quart d’heure. Après enquête, l’évêque reconnut le miracle. L’hostie conservée de nombreuses années dans une petite niche spécialement dédiée, fut ensuite consommée par le vicaire de Puy-Notre-Dame qui craignait sa profanation lors de la Révolution.

12Bordeaux, 1822

Bordeaux, un 3 février 1822. L’abbé Delort célèbre la messe pour la toute jeune communauté religieuse de la Sainte-Famille dans l’église Sainte-Eulalie, rue Mazarin. Il expose ensuite le Saint Sacrement pour l’adoration eucharistique. Alors qu’il a placé l’hostie dans l’ostensoir, le prêtre s’incline sur les marches de l’autel. Puis relève la tête, et se retrouve nez-à-nez avec le visage du Christ, à la place de l’hostie. Toute l’assistance voit apparaître un visage radieux, celui d’un homme jeune et très beau, légèrement incliné, le regard empreint de bonté. Certains diront avoir entendu la voix de Jésus dire : “Je suis celui qui est.”

Devant un tel phénomène, l’archevêque de Bordeaux émet des réserves et se montre prudent, mais pas fermé. Il engage une enquête minutieuse, et reconnaît bientôt le miracle eucharistique. La relique de l’ostensoir est conservée à Martillac.

EN IMAGES : Ces 12 lieux de France ont connu des miracles eucharistiques

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