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[HOMÉLIE] Le chemin de la correction fraternelle

JESUS-APOSTLES-TISSOT

Brooklyn Museum

Recommandation aux apôtres, par James Tissot, Brooklyn Museum.

Gaëtan de Bodard - publié le 09/09/23

Le père Gaëtan de Bodard, aumônier de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, commente les lectures du 23e dimanche du temps ordinaire (Ez 33, 7-9 ; Rm 13, 8-10 ; Mt 18, 15-20). Sur le chemin de la sainteté, il n’y a pas de vacances : ensemble, corrigeons ce qui est faussé !

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La rentrée, c’est fait ! Pour les plus jeunes, cette semaine a été marquée par le retour à l’école ou au collège ; les plus grands trouvent leurs marques au lycée et, pour les étudiants, c’est la découverte ou l’approfondissement du vaste monde des études supérieures. Et pour les adultes, septembre est synonyme de retour au boulot. En bref, pour l’immense majorité d’entre nous, les vacances sont maintenant derrière nous et, si ce n’est déjà fait, il faut reprendre le joug et se remettre pleinement au travail !

Il y a un côté étonnant, déstabilisant même dans la Parole de Dieu qui nous est proposée ce dimanche. Les lectures nous semblent quelque peu décalées, déphasées, pas tout à fait d’actualité. Il y est question de mise en garde des méchants, d’accomplissement de la loi avec la mise en place de son but ultime — l’amour parfait, et, dans le passage d’évangile, de correction fraternelle. En ce début d’année scolaire, nous aurions sans doute préféré une remise en route progressive, avec un passage graduel du pas au trot puis au galop. Sauf que là, le message est brusque, direct, à croire qu’il n’y a pas eu de vacances, de temps de pause et que l’on continue sur la lancée de l’an dernier…

Dieu ne prend pas de vacances

Eh bien ! c’est exactement le cas. Sur le chemin de la sainteté, le chemin de la perfection, il n’y a pas de vacances. Dieu est à l’œuvre à chaque instant, Il accorde Sa grâce en permanence, y compris en juillet et en août. Rappelons que Dieu n’est pas dans le temps : Il est dans l’éternité. Il n’est pas soumis, comme nous, au rythme jour/nuit ou au cycle des saisons, au temps qui passe et qui s’écoule. Dieu, contrairement à nous, ne Se fatigue pas, Il ne vieillit pas, Il n’a pas besoin de se reposer. En revanche, nous, nous avons besoin de sommeil, de repos, de reposer notre corps, de délasser notre esprit, de reprendre des forces pour « relancer la machine ». Le hic, c’est que parfois, pendant ces temps de vacances, nous nous rendons moins disponibles, nous ne donnons pas, en raison des événements, la première place à Dieu. Reconnaissons-le : si les vacances sont nécessaires et utiles pour nos corps et nos esprits, l’âme, elle, peut en pâtir : souvent, nous prions moins — ou moins bien — car notre rythme habituel est perturbé. 

Ce dimanche, nous sommes invités à reprendre le train en marche. Ce train de la sainteté qui nous mène vers Dieu.

Je me souviens de l’étonnement de jeunes que j’accompagnais lors d’une visite de l’abbaye de Solesmes. Le moine qui nous accueillait, et qui s’était prêté de bonne grâce au jeu des questions-réponses, avait expliqué aux adolescents qui l’interrogeaient qu’il ne prenait pas de vacances, que sa vie tout entière se déroulait dans les murs de l’abbaye. Stupéfaction de ses interlocuteurs : « Pas de vacances, pas de plage, de baignade dans l’Atlantique ou de crapahut en montagne : incroyable ! » Mais notre religieux, avec beaucoup de bon sens, avait fait remarquer que cela lui permettait de garder ce rythme de prières, d’oraison, de service, de travail, d’attention à ses frères qui est son chemin de sainteté.

Reprendre le train en marche

En fait, pour nous qui nous sommes peut-être mis en mode pause pendant cet été, ce dimanche, nous sommes invités à reprendre le train en marche. Ce train de la sainteté qui nous mène vers Dieu ne s’est pas arrêté pendant les deux mois estivaux — il n’a même pas ralenti ! D’où ces textes qui peuvent nous sembler tout à coup exigeants, surtout si nous avons baissé quelque peu la garde.

Chers parents, chers enseignants et vous tous qui gérez des équipes ou qui exercez des responsabilités, le prophète Ezéchiel vous rappelle vos devoirs, votre mission : faire grandir ceux qui vous sont confiés. En les encourageant, en les félicitant — ceci, c’est facile, agréable, confortable — mais parfois aussi en les reprenant, en les avertissant de leurs erreurs et en les sanctionnant quand ils poussent le bouchon un peu loin — cela, c’est moins drôle mais ô combien nécessaire… Notre société a besoin de normes, d’un cadre qui assure sa stabilité, son équilibre et il est du devoir des chefs de corriger ce qui est faussé ou de travers. C’est une preuve d’intérêt pour les personnes et pour le bien commun et saint Paul va jusqu’à affirmer que le respect des commandements est une preuve d’amour : « Le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour » (Rm 13, 10).

La correction fraternelle

L’enseignement du Seigneur Jésus va dans le même sens : la communauté chrétienne se doit d’être exemplaire. Mais ses membres, eux, peuvent être tentés et parfois ils tombent, ils pèchent, ils s’égarent. C’est le rôle de leurs frères de les aider à ouvrir les yeux pour qu’ils puissent se corriger et s’amender. L’apôtre va jusqu’à décrire avec précision comment il faut agir, avec quel moyen. Vous aurez noté surtout la patience et la persévérance qui sont demandées à ceux qui se sont aperçu de l’erreur ou des péchés de leurs frères : le salut de l’âme du pécheur est en jeu mais aussi l’équilibre, la stabilité de la communauté. 

Cela nous donne matière à réflexion en ce dimanche qui suit la rentrée. Mais surtout avec ce sujet dense de la correction fraternelle, le Seigneur nous rappelle que le chemin de la sainteté est toujours devant nous et que si nous avons baissé un peu la garde durant l’été, nous sommes invités dès maintenant à reprendre le bon rythme. En revanche, si vous mettez un peu trop de temps à vous y remettre, il n’est pas impossible qu’un frère vienne vous voir — d’abord « seul à seul » (Mt 18, 15) puis, si nécessaire « avec une ou deux personnes » (Mt 18, 15-16) — pour vous aider à raccrocher les wagons. Faites-lui bon accueil : il est là pour vous aider à vivre en disciple du Christ.

Tags:
AmourfraterniteHomélie
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