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Messe du Pape à Marseille : le mauvais procès fait à Emmanuel Macron

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Andreas SOLARO / AFP

Emmanuel Macron au stade Vélodrome, 23 septembre 2023.

Michel Cool - publié le 24/09/23

Le procès intenté à Emmanuel Macron pour son assistance à la messe du Pape n’est ni honnête ni franc, estime notre chroniqueur Michel Cool.

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Depuis sept ans se pratique en France un sport national qui ne se dément pas. Ce jeu consiste à prendre systématiquement le contrepied de tout ce que fait et dit le président de la République. Quoiqu’il dise, quoiqu’il fasse, il est vertement critiqué, rabroué comme un garnement. Est-ce l’ardoise à payer pour celui qui fait figure d’agaçant « premier de la classe » ? Est-ce la rançon de celui dont l’indubitable capacité de résilience est assimilée à de l’arrogance et du mépris ? Toujours est-il, qu’en dépit d’un bilan économique que nombre de ses prédécesseurs pourraient lui envier, Emmanuel Macron est exécré par beaucoup de Français à la stupéfaction de nos voisins européens. Ce qui est sûr, c’est que sa juvénilité ne lui aura apporté aucune faveur, aucune indulgence, à la différence, par exemple, d’un John Kennedy, mais c’était, il est vrai, sous d’autres cieux et en d’autres temps.

Une « haine démocratique » ?

La fille du philosophe Raymond Aron, la sociologue Dominique Schnapper s’est penché sur les raisons de cette haine qui colle aux basques du président français. « Tout ce qu’il fait est mal » constate cette fine analyste de l’influence montante des idées populistes et autoritaristes dans les opinions publiques européennes. Tout en prenant en compte certaines maladresses personnelles de l’actuel président et l’histoire complexe et ambivalente des Français — régicides dans l’âme — avec leurs dirigeants, Schnapper estime toutefois qu’Emmanuel Macron est surtout « la victime de ce qu’on peut appeler une haine démocratique » ; celle-ci se nourrissant de toutes les déceptions et impatiences qu’exacerbent à souhait les tenants tonitruants des manières fortes et des répliques radicales.

Un autre politologue et chroniqueur de la Ve République depuis ses débuts s’est lui aussi attaqué à la question : dans un essai pour le moins anticonformiste avec le prêt-à-penser médiatique, Alain Duhamel estime que la détestation parfois viscérale de Macron s’enracine dans un conservatisme français profond qui peut paradoxalement prendre la mouche en devenant sans-culottes et en érigeant des barricades. « Emmanuel Macron incarne le XXIe siècle, c’est-à-dire tout ce dont les Français ont peur. Il est trop de son époque dans un pays qui n’a pas envie d’être de son époque », estime le journaliste politique dont sa vision échaudera probablement des milieux à la fibre populiste. On se souvient du tollé qu’avait suscité, il y a cinq ans, la tirade du président sur les « Gaulois réfractaires »…

À la messe du Pape

À raison d’au moins une polémique par jour, on ne compte donc plus les remises en cause de tel ou tel agissement ou de telle ou telle parole du président. Comme si, au fond, ce dernier n’était bon qu’à commettre des faux pas, à fomenter des traquenards ou à proférer des bêtises. Dernière polémique en date : la tactilité dont le président a fait preuve avec le roi Charles III d’Angleterre au château de Versailles. Ce serait là, outre une impolitesse crasse, un crime de lèse-majesté. Le plus cocasse est que les auteurs de cette critique sont les mêmes qui ne cessent de dénoncer la présupposée condescendance froide et méprisante de l’ancien élève des jésuites devenu président !

Mais la dernière polémique la plus injuste et la plus injustifiée est celle visant la présence d’Emmanuel Macron à la messe du Pape au Vélodrome de Marseille. Pour le coup, ceux qui l’ont lancée et continuent de l’exploiter ont raté une occasion de se taire et de défigurer l’histoire. Tous les présidents de la Ve République ont sans exception honoré de leur présence des cérémonies religieuses dans des synagogues, des mosquées, des églises ou des cathédrales. Qui ne se souvient de la silhouette majestueuse du général de Gaulle assistant à une messe pontificale en 1964 pour le 800e anniversaire de Notre-Dame de Paris ? Les archives photos n’ont pas perdu la mémoire, elles ! Ou alors il faudrait les trafiquer pour faire mentir l’histoire ! En 1980, lors de la première visite de Jean Paul II en France, Valéry Giscard d’Estaing avait tenu à assister à une cérémonie religieuse en présence du Pape dans la cathédrale parisienne. 

Un vieux complexe anticatholique

Le procès intenté à Emmanuel Macron n’est ni honnête ni franc. Les mêmes qui s’égosillent à lui reprocher cette messe marseillaise sont étrangement taiseux quand des élus bardés de leurs écharpes tricolores se font photographier dans des cérémonies de rupture du jeûne du Ramadan ! À entendre les cris d’orfraie de ces vigies d’une laïcité pratiquant le « deux poids deux mesures », le président de la République ne pourrait pas assister à une messe quand elle est dite par le Pape, autrement dit, par un de ses homologues chefs d’État : mais, que ça plaise ou non, le Pape est le dirigeant d’un État de droit, reconnu par notre République et par beaucoup d’autres pays… Ne frise-t-on pas la bêtise et même le ridicule ?

Qui ne voit que sous cette nouvelle cabale, c’est bien sûr le président qu’on cherche encore à atteindre, mais c’est aussi un vieux complexe anticatholique rance et rancunier, en son temps démasqué par René Rémond, qu’on tente péniblement de réactiver, quitte à tordre le cou à la raison et à l’histoire ?

[EN IMAGES] La messe du pape François à Marseille

Tags:
MessePape François à Marseille
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