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« L’éducation à la sexualité », un abus sur les enfants

CLASSE-LYCEE-AFP

JEFF PACHOUD / AFP

Inès Pélissié du Rausas - publié le 26/09/23

Le projet d’"éducation à la sexualité" lancé par l’Éducation nationale vise moins à informer les élèves qu’à redéfinir le sens de la sexualité, en contournant la responsabilité des parents. Pour Inès Pélissié du Rausas, auteur de "Les parents, l'école et la sexualité - Qui dit quoi ?" (Cerf), mentir sur la sexualité humaine en la réduisant à des "pratiques" est une véritable violence faite aux enfants.

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Un projet de formation à « l’éducation à la sexualité » a été lancé par le ministère de l’Éducation nationale pour l’année scolaire 2023/2024, à destination du corps enseignant. Il s’agirait de systématiser, du cours préparatoire à la terminale, les trois séances annuelles déjà prévues en les orientant toujours plus vers l’éducation au plaisir, au choix de l’orientation sexuelle, du genre et même du sexe, sous couvert de santé sexuelle, de « lutte contre […] les discriminations liées à l’identité de genre ou à l’orientation sexuelle, réelle ou supposée », et de promotion du « consentement ».

Une nouvelle vision de la sexualité

Comment en est-on arrivé là ? À ses débuts en France, en 1974, l’éducation sexuelle est surtout une information sur la biologie de la « reproduction ». Mais dans les années 1980, la lutte contre le sida conduit à la promotion du préservatif, présenté alors comme moyen de prévention. Cela devient l’occasion de montrer aux jeunes des mises en situation appelant l’usage de ce préservatif, et cela au mépris de l’interdiction de promouvoir des messages à caractère pornographique. 

En 1996, la circulaire ministérielle « Prévention du sida en milieu scolaire : l’éducation à la sexualité » franchit un pas : il ne s’agit plus seulement d’informer les élèves mais de diffuser une nouvelle vision. Certes, la sexualité humaine est encore déclarée « inséparable de données biologiques », mais sa vision doit être « en ajustement constant », non pas aux réalités de la personne humaine et de son corps sexué, mais aux « situations vécues ». Cette vision intègre et banalise toutes les « pratiques sexuelles » possibles — que Freud appelait dans son Introduction à la psychanalyse des « perversions » — en perdant de vue les deux buts essentiels de la sexualité humaine : la dimension de l’amour et du cœur, l’expression, par l’union dans la chair, de l’amour total et exclusif qui unit les époux et la procréation.

Redéfinir le terme « sexualité »

Peu à peu, les expressions « pratiques sexuelles » ou « vie sexuelle » viennent en effet supplanter ou accompagner le terme sexualité pour le redéfinir. Ce terme est gênant car porteur de la réalité de la double finalitéobjective du sexe qu’il exprime : l’union en une seule chair de l’homme et de la femme (le don de l’amour), et leur fécondité (le don de la vie). Être sexué (du verbe secare en latin) c’est littéralement être séparé, pour pouvoir épouser, s’unir et engendrer. Le mot sexualité désigne en effet « le caractère de ce qui est sexué, l’ensemble des caractères propres à chaque sexe, qui différencient les sexes, les individus mâles et femelles ; le fait d’être sexué, les mécanismes physiologiques qui concourent au rapprochement des sexes et à la reproduction de l’espèce » (source : Crntl.fr).

L’expression « vie sexuelle » désigne plutôt l’ensemble des comportements permettant d’atteindre un plaisir sexuel, selon les « orientations » qui s’imposent aujourd’hui comme de nouvelles normes. Elles ne s’inscrivent plus dans la différence sexuelle, dans la masculinité et la féminité, ces « catégories binaires » qui seraient désormais dépassées. Ces nouvelles normes n’ont plus de fondement biologique, et sont seulement relatives les unes aux autres. Ainsi, être hétérosexuel serait être non-homosexuel, et réciproquement. C’est une vision utilitariste et relativiste de la sexualité et du corps « chose pour jouir », selon le mot de Marcuse, qui est proposée aux jeunes (voir le site Onsexprime.fr de Santé publique France destiné aux adolescents). Avec un grand absent : le mot amour.

De l’éducation « à la sexualité » on est passé à l’éducation « aux sexualités ». Et l’on entend, dans les cours des collèges, les élèves se demander s’ils sont homos, hétéros, bi, ou nés peut-être dans le mauvais corps. À l’heure où la pornographie imprime ses stéréotypes dans le mental des jeunes, on voit une contagion se répandre, surtout chez les adolescentes, qui n’acceptent pas leur féminité et veulent changer de sexe. Et ce sous l’influence des réseaux sociaux, des médias et avec maintenant la complaisance de l’école.

La théorie du genre : défaire le sexe

2013 a marqué l’arrivée de la théorie du genre à l’école. Cette théorie ne vise pas seulement à distinguer le sexe, donnée biologique, du genre (gender) manière culturelle d’incarner la réalité de son sexe dans un lieu et temps donnés. La distinction est juste. Cette théorie vise à dissocier le genre du sexe pour ultimement défaire le sexe, le rendre lui aussi relatif, non pas aux coutumes du temps, mais à mes ressentis et envies. La circulaire Blanquer du 29 septembre 2021, au nom de la lutte contre l’homophobie et la transphobie, enjoint à l’ensemble du corps éducatif d’appliquer « l’identité de genre ressentie par l’élève ». L’éducation à la sexualité devra porter ces luttes dans les établissements auprès des élèves. 

Quant aux parents, ils peuvent et doivent être exclus si l’élève ne veut pas leur en parler, et pourraient même faire l’objet d’un signalement en cas d’opposition (Circulaire Blanquer, ch. 2, a) :

Si l’élève fait seul la démarche d’aborder la question de son identité de genre auprès d’un personnel de l’établissement, une communication avec les représentants légaux ne doit se faire qu’avec l’accord explicite de l’élève. Le respect de ce principe de confidentialité est en effet capital : dans certains cas, une divulgation non souhaitée de la transidentité du jeune peut l’exposer à un sérieux risque de rejet ou de violence. Dans les cas où le mineur apparaît en situation de danger dans son environnement familial ou de vie, il peut être décidé de rédiger et transmettre une information préoccupante à la cellule départementale de recueil des informations préoccupantes (Crip) ou de faire un signalement judiciaire auprès du parquet des mineurs.

Contourner les familles

Bien sûr, les enfants doivent être protégés des violences. Mais un parent qui aurait un avis différent, qui voudrait avec bon sens interroger le mal-être profond de son enfant, consulter le médecin de famille, et protéger l’intégrité de son enfant en laissant du temps au temps, serait-il déjà « violent » du simple fait qu’il ne se soumettrait pas au désir exprimé par l’enfant ? D’après le Code de l’éducation, pourtant, l’État est censé « garantir le respect de la personnalité de l’enfant et de l’action éducative des familles » (article L111-2). Nous sommes devant une contradiction qui s’explique : la cellule familiale est le meilleur rempart contre les colonisations idéologiques. Les colonisateurs d’aujourd’hui la contournent en s’adressant aux enfants sur les réseaux sociaux, et maintenant à l’école.

La véritable violence faite aux enfants ne consiste-t-elle pas à leur mentir sur la sexualité humaine en la réduisant à une boîte à outils pour la jouissance ? À leur mentir sur les hormonothérapies, en laissant croire qu’elles sont réversibles ? Ou sur la gravité des opérations, véritables mutilations du corps, accompagnées de traitements lourds et d’une perte de la fécondité à jamais ? À leur cacher que le caractère sexué de la personne fait partie de son ADN, de son patrimoine génétique dès l’instant de sa conception, et pour toujours et que cela « dit » quelque chose ? À leur cacher que beaucoup de jeunes quand ils veulent « détransitionner », ne le peuvent pas complètement ? Que des témoignages existent (comme celui du youtubeur britannique Oli London), que des scandales ont été révélés (Cf. Hannah Barnes, A time to think, Swift press, Londres 2023), que des procès sont intentés pour tromperie et manque de soins ?

La responsabilité des parents

Le nouveau ministre maintiendra-t-il le projet de systématisation de « l’éducation à la sexualité » ? Utilisera-t-il la lutte contre le harcèlement, décrétée priorité de la rentrée, comme un cheval de Troie ? Les parents voient bien que l’Éducation nationale outrepasse ses droits. Ils viennent de l’exprimer massivement dans un sondage récent : 70% des parents d’élèves du primaire sont contre l’éducation sexuelle à l’école. Les parents attendent plutôt de l’École qu’elle instruise dans un cadre protecteur, qu’elle rétablisse l’autorité et le niveau des élèves (source : baromètre Ifop-SOS Éducation septembre 2023).

À nous parents de nouer avec nos enfants des liens de complicité et de tendresse qui nous permettront d’aborder avec eux les questions intimes, de les rassurer sur la beauté de ce qu’ils sont, de les aider à s’identifier. À nous de leur dire qu’ils ont été voulus et aimés par Dieu d’un amour éternel, dès avant la création du monde. Avec leur corps et leur âme. À nous de les enraciner dans l’amour ! C’est notre belle mission de parents, et ce n’est pas si compliqué. Fier et heureux d’être soi, pourquoi pas ?

Pratique

Parlons d’amour à nos enfants, à la lumière de la théologie du corps, Artège, 2019.
Un parcours de formation 3Apprendre à aimer3 permet d’acquérir et de transmettre un regard juste sur l’éveil au sens du corps, à la vérité et à la beauté de l’amour. Il bénéficie du label de la Fondation Good Love soutenue par le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, comme programme d’EARS conforme au Magistère de l’Église catholique.

Tags:
ÉcoleÉducationSexualité
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