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Kung Pin-mei, l’évêque de Shanghai qui a résisté à l’oppression communiste

Mgr Kung Pin-mei évêque, cardinal Chine

http://www.cardinalkungfoundation.org, Public domain, via Wikimedia Commons

Kung Pin-mei, évêque de Shanghai, nommé cardinal en 1979 par le pape Jean Paul II.

Kevin Tanguy - publié le 30/09/23

Nommé cardinal en 1979 par Jean Paul II pour sa foi inébranlable malgré la répression exercée contre lui en Chine, Kung Pin-mei a passé trente ans de sa vie en prison uniquement pour avoir témoigné de l’amour de Jésus.

Avoir passé sa vie en prison en raison de sa foi, c’est ce qu’a subi Kung Pin-mei (1901 – 2000), évêque de Shanghai pour avoir témoigné de sa foi envers la population chinoise. Cet homme d’une grande piété a fait preuve d’un courage et d’une dévotion immense envers le Christ tout au long de sa vie. Ordonné prêtre le 28 mai 1930, il a ensuite été nommé évêque de Shanghai en 1950. Sa nomination à ce poste de responsabilité intervient dans une période répressive concernant la liberté religieuse en Chine. En effet, le Parti communiste avait pris le contrôle du pays. Mais cela n’a pas effrayé le jeune évêque qui a défié les autorités politiques. 

Une mission d’évangélisation 

Au milieu du XXe siècle, on dénombre environ trois millions decatholiques en Chine sur une population de 500 millions d’habitants. La faible proportion de fidèles n’empêche pas Kung Pin-mei d’annoncer inlassablement l’Évangile, au contraire ! Pendant cinq ans, l’évêque multiplie les appels à la prière et à la conversion. Face à cette effervescence que le gouvernement juge dangereuse, de nombreux laïcs et prêtres ont été arrêtés et condamnés à plusieurs dizaines d’années de travaux forcés. 

En 1952, il lance l’année mariale à Shanghai. L’objectif est simple, pendant cette période il doit y avoir une récitation ininterrompue 24 heures par jour du chapelet devant une statue de Notre-Dame de Fatima à l’église du Christ Roi de Shanghai. Mgr Kung Pin-mei à lui-même dirigé un chapelet face à des centaines de policiers. « Sainte Mère, nous ne te demandons pas un miracle. Nous ne vous supplions pas d’arrêter les persécutions. Mais nous vous supplions de nous soutenir, nous qui sommes très faibles », déclare-t-il à la fin de la prière. 

L’évêque sait que son temps était compté. Mais il ne cesse d’affirmer que le plus important n’est pas sa personne mais l’enseignement de la doctrine catholique pour que les fidèles puissent à leur tour transmettre la bonne parole. C’est pour cette raison que Kung Pin-mei redouble d’efforts pour former des centaines de catéchistes. « Monseigneur Kung, dans l’obscurité, éclairez notre chemin. Vous nous guidez sur notre chemin périlleux. Vous soutenez notre foi et les traditions de l’Église. Vous êtes le fondement de notre Église à Shanghai », témoigne un groupe de jeunes lors d’un rassemblement pour le nouvel an de 1953 afin de le remercier pour son implication dans le dynamisme de l’Église en Chine. 

Une vie derrière les barreaux 

Son travail d’évangélisation cesse brutalement en septembre 1955. Mgr Kung est arrêté avec 200 prêtres par les autorités chinoises. La veille de son procès, l’évêque fait preuve d’un grand courage. Le procureur général lui demande de diriger le mouvement des églises indépendantes et créer l’Association patriotique chinoise. Autrement dit, le gouvernement souhaite créer une Église parallèle sous le joug du Parti communiste. Accepter cette proposition est inenvisageable pour l’homme d’église. « Je suis un évêque catholique romain. Si je dénonçais le Saint-Père, non seulement je ne serais pas évêque, mais je ne serais même pas catholique. Vous pouvez me couper la tête, mais vous ne pouvez jamais m’enlever mes devoirs », répond-il. 

Cet affront lui vaut de disparaître des radars. Il passera trente ans derrière les barreaux. Durant cette période, il n’a pas le droit de recevoir des visites, de l’argent, et même des lettres. Il vit coupé du monde, dans l’isolement le plus total. Kung Pin-mei est assigné à résidence en 1985, avant d’être officiellement libéré deux ans et demi plus tard. Pour des raisons de santé, son neveu parvient à faire emmener l’évêque aux États-Unis où il passera la fin de sa vie.

Agir pour les chrétiens persécutés

Malgré la distance qui le sépare de son pays, Kung Pin-mei n’a de cesse d’alerter sur les persécutions envers l’Église catholique romaine en Chine à travers des interviews, des conférences, et bien sûr dans ses homélies. Quand le président chinois se rend aux Etats-Unis en 1997, l’homme d’église demande au dirigeant de garantir la liberté religieuse des catholiques. « Je vous demande respectueusement, Monsieur le Président, de permettre aux catholiques romains de maintenir la communion religieuse avec le Pape afin de garder la plénitude de leur foi. Que la Chine, sous votre habile direction, soit reconnue internationalement comme un pays qui jouit d’une véritable liberté religieuse.  » Sa requête ne sera jamais entendue par le gouvernement communiste.  

Pour sa fidélité envers le Saint-Siège et son infaillibilité malgré la répression, le pape Jean Paul II le nomme cardinal en 1979 alors qu’il est encore emprisonné. L’annonce officielle ne sera faite que le 28 juin 1991. Kung Pin-mei s’éteint à l’âge de 98 ans le 12 mars 2000. Encore aujourd’hui, il reste un modèle pour des millions de catholiques chinois et plus encore. Dans une prière qu’il a écrite à l’attention des prêtres, il demande au Seigneur : « Ayez pitié des prêtres qui sont persécutés, en prison, abandonnés, accablés de souffrances. Ayez pitié des prêtres qui sont tièdes et de ceux qui vacillent dans leur foi. »

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