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Dans la voix d’Édith Piaf, se trouvait sa foi

Edith Piaf

Collection ChristopheL via AFP

Édith Piaf.

Pierre Fesquet - publié le 09/10/23

Il y a soixante ans, le 10 octobre 1963, "la Môme" rendait l’âme et le Ciel s’ouvrait enfin pour elle. Auteur du livre "Piaf, un cri vers Dieu", le comédien et dramaturge Pierre Fesquet raconte ce que fut la foi d’Édith à travers sa vie cabossée, sa dévotion envers Thérèse de Lisieux, et sa grande charité.

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Édith Piaf, il était une voix… Une voix venue d’ailleurs, « chantant d’écho en écho », submergeant les frontières du temps et des cœurs soixante après sa mort. La chanteuse fut souvent imitée mais jamais égalée, car dans la voix d’Édith se trouvait sa foi. « Si un jour je perdais la foi, je ne pourrai plus chanter », affirmait-t-elle. À l’âge de trois ans, abandonnée par sa mère, mal soignée d’une kératite aiguë, elle perd quasiment la vue et ne la retrouve qu’âgée de quatre ans et demi, au terme d’un pèlerinage sur la tombe de sainte Thérèse, à Lisieux

Une grande vénération pour sainte Thérèse

Toute sa vie, Édith vénèrera la Petite Thérèse, portant autour du cou la médaille de la sainte, l’embrassant chaque soir avant d’entrer en scène. Sa dévotion ira jusqu’au choix de la robe de scène, noire, sans artifice. Aux personnes qui l’interrogent sur cette sobriété scénique, elle répond : « Ma petite robe ? C’est comme le voile noir de sainte Thérèse. » Plusieurs témoins affirment qu’Édith, au moment de son oraison, est entourée d’odeur de roses envoyée par sainte Thérèse, du Ciel. La sainte avait prophétisé : « Vous verrez, après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses. » 

Enfant, elle souffre d’un manque d’amour et le cherche, par la suite, chez les hommes qui jalonnèrent sa vie. « La maladie d’amour ne se guérit que par l’amour », écrit Thérèse, dont Piaf était la cousine au septième degré ! Leur style d’écriture se ressemble : « Je joue à la banque de l’amour, je joue gros jeu, si je perds je verrai bien. » Cette phrase de Thérèse pourrait être de Piaf !

Pieuse et généreuse

La soif de Dieu se perçoit dans son répertoire. Comment ne pas songer à Chanson bleue, un de ses titres favoris, dont elle a écrit les paroles : « Quand Jésus est mort sur la croix, il a souffert autant que toi. » Elle aimait chanter Le Ciel est fermé : dans cette chanson, Dieu se met en grève, fatigué des atrocités de la terre. Les prières attendent à la porte du Ciel et décident de devenir ferventes. Dieu ouvre alors de nouveau le Paradis.

Piaf priait tous les soirs, à genoux au pied de son lit. Elle donnait des sommes d’argent importantes pour la restauration d’édifices religieux. Ce fut le cas dans le Lot pour l’église de Gluges, dédiée à Marie. La même chose se reproduisit, en tournée en Corrèze, avec son ami le photographe Hugues Vassal. Près de Brive-la-Gaillarde, Édith entre dans une église délabrée dotée d’une jolie statue de Thérèse de Lisieux. C’est un signe pour Piaf ! Elle veut que l’église soit reconstruite et offre tous les cachets de la tournée pour la réfection du lieu de culte. Elle fera le même geste, à New-York, pour l’église Saint-Vincent-de-Paul.

Édith n’avait pas oublié son enfance pauvre et aidait financièrement des personnes âgées ou des amis en difficulté matérielle. Proche des petits, des oubliés, Piaf sauva même un prêtre du suicide. À la fin des années quarante, à Marseille, alors qu’il traverse une grave dépression, l’abbé Martin se prépare à mettre fin à ses jours. Mais une chanson et la voix de Piaf vont venir bouleverser sa décision. Sa foi, sa vocation sacerdotale et l’envie de vivre renaissent en même temps, ce jour où il est au plus mal… en écoutant la voix de Piaf ! 

Sur la tombe d’Édith

Édith s’éteint le 10 octobre 1963, à 13h10. La veille, ses dernières paroles entendues par son infirmière sont une prière : « Cher petit Jésus… » L’abbé Martin veillera le corps d’Édith, boulevard Lannes, durant deux jours. Le communiqué de l’archevêché de Paris à l’occasion de la mort de Piaf tombe, lapidaire : « Si les honneurs que l’Église réserve à ses défunts ne peuvent lui être rendus en raison d’une situation irrégulière, l’aumônier de l’Union catholique viendra lundi au cimetière du Père-Lachaise prier sur la tombe de l’artiste. » Dans ses mémoires, Marc Bonel, son accordéoniste, ne cache pas sa colère vis-à-vis du clergé de l’époque : « Elle ne méritait pas que l’archevêché lui ferme son sanctuaire et la voue aux enfers comme l’évêque Pierre Cauchon avait conduit Jeanne d’Arc au bûcher. Quelle honte pour ceux qui ont pris cette décision sans demander la permission à Celui qui, là-haut, avait déjà ouvert ses bras à Édith ! » Le 14 octobre 1963, trois ecclésiastiques assurèrent l’absoute au cimetière.  

Piaf et Thérèse parlent le même langage quand elles évoquent leur vocation dans l’éternité, leur future intercession. Thérèse a le style d’Édith dans une lettre envoyée aux siens. Elle y parle d’alouettes… de piafs ! « Ne croyez pas que lorsque je serai au Ciel, annonce-t-elle, je vous ferai tomber des alouettes rôties dans le bec. Vous aurez, peut-être, de grandes épreuves mais je vous enverrai des lumières qui vous les feront apprécier et aimer. » Sur la tombe d’Édith, des fleurs restèrent fraîches, très longtemps, durant les semaines qui suivirent l’enterrement, au grand étonnement de ses admirateurs… « Jésus a voulu changer la manière de faire pousser sa petite fleur. Il la trouvait sans doute assez arrosée, car maintenant c’est le soleil qui la fait grandir » (Thérèse de Lisieux).

Pratique

Piaf, un cri vers Dieu, Pierre Fesquet, éditions Salvator, août 2023, 15,90 euros.

Tags:
FoiMusiqueThérèse de Lisieux
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