Les prieurés sont des petites communautés monastiques dépendant la plupart du temps, mais pas systématiquement, d’une abbaye. Ces communautés sont établies dans des couvents ou dans de simples maisons pour les moins importantes d’entre elles. L’église prieurale, qui dépend donc d’un prieuré, possède une position centrale dans ces établissements voués à la prière et au travail. Ces églises sont généralement construites et entretenues par les abbayes mères dont dépendent les prieurés.
Comme tous les établissements monastiques, la journée du prieuré respecte la liturgie habituelle des heures et ses sept offices rituels (Matines/Lectures, Laudes, Tierce, Sexte, None, Vêpres, Complies). L’église prieurale est donc le cœur battant du prieuré et de sa communauté qui s’y réunit à heures fixes, religieux appelé au recueillement par le clocher qui rythme leurs journées. S’y exerce le plus souvent la règle bénédictine qui codifie l’essentiel de cette vie monacale.
Au Moyen Âge, âge d’or du monde monastique, les prieurés sont parfois fortifiés. Le clocher de l’église pouvait alors servir de tour d’observation. Elle contribuait ainsi à la défense de l’établissement religieux quand la prospérité de certains prieurés pouvait susciter la convoitise. À côté de l’église se trouve généralement le cloître entouré des bâtiments nécessaires à la vie communautaire.
Les prieurés comme les abbayes contribuent à l’organisation économique de la société médiévale, mais aussi à son développement culturel par la plume des moines copistes qui reproduisent les ouvrages, ou par les chants qui y résonnent quotidiennement… Selon Philippe Méry, l’auteur du livre Abbayes, prieurés, couvent France, ces établissements forment véritablement “un creuset de civilisation.” Certaines abbayes puissantes parmi les plus prospères peuvent en effet compter parfois jusqu’à près de 300 prieurés qui dépendent d’elles. Ces abbayes tissent ainsi une toile à la fois temporelle sur le territoire et spirituelle par leurs églises prieurales desquelles les prières des moines s’élèvent avec ferveur.