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Sœur Julie, l’ange de la bonté des camps nazis

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Photo with the consent of the Dominican Sisters

Anna Gebalska-Berekets - publié le 13/06/21

« Venez, sœur Julie nous attend pour le rosaire » disaient ses co-prisonniers du camp de concentration nazi à Stutthof. La bienheureuse sœur Julie Rodzińska célébrée ce 12 juin a puisé force et espoir dans la prière. Morte en martyr, jusqu’au dernier jour de sa vie, elle portait secours à ceux qui souffraient.

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Ses compagnons de détention l’appelaient l’ange de la bonté. La bienheureuse Julie Rodzińska est morte dans le camp de concentration nazi de Stutthof (près de Dantzig, en Pologne) à l’âge de 46 ans. Elle fait partie des 108 martyrs morts pendant la Seconde Guerre mondiale, béatifiés par le pape Jean Paul II le 13 juin 1999. C’est la première religieuse dominicaine qui rejoint le cortège des saints.

Au camp, sœur Julie puise chaque jour son espoir dans la prière. Avec une tranche de pain, elle fabrique un chapelet et invite les prisonniers de différentes nationalités à réciter ensemble le rosaire. « Venez, sœur Julia nous attend pour le rosaire« , disaient-ils.

Née en 1899 à Nawojowa au sud de la Pologne, Julie est la deuxième d’une fratrie de cinq enfants. Orpheline à l’âge de 10 ans, elle est recueillie avec sa petite sœur au couvent dominicain de Wielowski. Sept ans plus tard, elle y entre comme postulante, puis prend l’habit blanc sous le nom de Marie-Julie. La jeune religieuse s’occupera surtout des orphelins et de l’éducation des enfants et des jeunes, une mission qui lui est très naturelle.

Pendant l’occupation allemande, sœur Julie continue secrètement à enseigner jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée en 1943. Parce qu’elle ne veut pas renoncer à sa foi, sœur Julie est enfermée pendant un an dans une cellule d’isolement, puis transférée vers le camp de concentration de Stutthof. A partir de ce moment-là, la religieuse devient le matricule 40992. Les conditions du camp sont extrêmes. Cependant, en puisant ses forces dans le chapelet, elle soutient activement les autres.

Lorsqu’elle apprend qu’un des prisonniers juifs a l’intention de se suicider, elle lui envoie des messages secrets jusqu’à ce que l’homme lui assure que finalement il ne se donnera pas la mort. Plus tard, il répétera que c’est sœur Julie qui lui avait donné l’espoir de survivre à l’enfer du camp. Ewa Hoff, l’une des survivantes de Stutthof témoignera plus tard : « Un jour, en me touchant avec douceur, comme seule une mère peut réveiller un enfant, sœur Julie m’a soufflé à l’oreille : j’ai de la soupe pour toi et je voudrais que tu la manges pendant qu’elle est encore chaude. C’est la seule raison pour laquelle je vous ai réveillée ».

Un chapelet fabriqué de pain

La religieuse encourage ses co-prisonniers à prier. Un jour, elle a l’idée de transformer une tranche de pain en grains de chapelet. Dès lors, elle organise le rosaire en invitant des prisonniers de différentes nationalités. Lorsqu’une épidémie de typhus se propage dans le camp en 1944, les autorités nazies décident d’isoler le camp juif du reste. Selon leur plan, les Juifs doivent mourir. Le bloc de la mort est prêt.

Personne ne s’en approche… sauf sœur Julie. Elle organise aussitôt des livraisons clandestines de médicaments et d’eau. Et elle continue de le faire lorsqu’elle tombe elle-même malade. Des témoins survivants déclareront après la guerre que la religieuse « a fait preuve de miséricorde inouïe dans des conditions où l’on avait oublié que la miséricorde existait ». Sœur Julie est morte en martyr le 20 février 1945. Dans l’immensité du mal, elle était un ange, portant secours à ceux qui souffraient. Elle est la preuve que le bien peut s’épanouir même là où le mal se répand.

Découvrez l’émouvant album photo de la bienheureuse Julie Rodzinska :

Tags:
dominicainsmartyrerosaireSeconde Guerre mondiale
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