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L’amertume vous envahit ? Trois manières de la combattre efficacement

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Valeria Schettino / Vento / Getty Images

Marzena Devoud - publié le 14/12/21

Comment ne pas laisser s’infiltrer en soi l’amertume, ce sentiment de tristesse, de déception et de méfiance qui peut être très dévastatrice ? Voici une leçon simple d’un moine cistercien pour la combattre avant qu’elle ne tourmente votre vie et s’empare de votre cœur…

L’amertume… Il y a des jours où l’on ressent un goût amer dans la bouche. Il prend le dessus et arrive à dominer tous les autres sentiments. Les ingrédients qui la constituent – la tristesse, la déception, la méfiance et aussi l’injustice – peuvent rendre la vie très difficile. Car il s’agit d’un véritable poison qui, parfois bien masqué, s’infiltre dans notre cœur.

Comment s’inocule-t-elle en nous ? « On peut y voir différentes raisons parmi lesquelles les relations personnelles qui, malgré la meilleure volonté du monde, ne sont pas toujours lisses comme du velours. Ce sentiment qui nous persécute n’est pas facile à éviter ni à combattre : ce n’est qu’en remontant à sa racine que nous pouvons la rendre supportable », constate Césaire Falletti dans son livre La garde du temps (Salvator). Ce moine de l’ordre cistercien est l’ancien prieur du monastère Dominus Tecum de Pra’d Mill, dans le Piémont, en Italie.

Justement, pourquoi un affront, une contradiction ou une phrase blessante ont le pouvoir d’abattre à ce point ? Est-ce parce qu’on est trop sensibles et dépendants des autres ? Et donc l’autonomie et l’indifférence sembleraient être de bonnes armes contre ces attaques qui font si mal ? Pour le religieux, même s’il peut être bon, parfois, de garder une certaine distance, ce n’est pas un principe valide : « Il vaut mieux souffrir que de devenir indifférents parce que l’indifférence provoque une dureté du cœur qui finit par étouffer celui qui l’éprouve, en plus du mal qu’il fait nécessairement aux autres », poursuit le moine.

Comment alors éviter que l’amertume ne s’empare de votre cœur au point de le rendre malade ? Le père Césaire Falletti vous donne trois antidotes puissants contre l’amertume :

1Se détacher du miroir

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Ce n’est pas facile à reconnaître : ce ne sont pas les autres qui doivent changer. Si c’est ce que vous attendez, vous risquez de « mourir d’amertume », prévient le moine. L’essentiel est de changer le regard sur soi-même et de transformer sa manière d’accueillir ce qui survient. La peur de ne pas être respecté, aimé, reconnu, la revendication de ses droits, l’attention réservée à sa propre personne est en réalité une source continuelle d’amertume. C’est elle qui empêche d’être dans la joie, la gratitude et la bonne humeur qui sont prêts à illuminer la vie de chacun. Arrêter de se contempler devant le miroir est la bonne attitude pour se défaire de cet arrière-goût amer, pour faire « partir en fumée tous ces sentiments de rage, d’irritation et de revendication qui plongent « leurs racines dans l’irréel de nos présomptions », souligne le cistercien.

2Ecarter l’inutile

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Si l’homme est doué de la capacité de discernement, il a souvent du mal à l’exploiter. Discerner, c’est savoir évaluer les choses, écarter celles qui sont inutiles et s’appuyer sur les bonnes. « Tout ce qui nous attriste porte en soi au moins une part d’inutile, et même de nocif, qu’il faut donc écarter », explique le moine. C’est une question de liberté intérieure. En s’exerçant au discernement de façon naturelle, presqu’automatique, on devient libre intérieurement et par conséquent plus serein, plus heureux, plus en paix. C’est le réflexe à prendre pour résister efficacement à l’amertume qui ne vous atteindra pas.

3Rester libre d’aimer

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Rester libre, c’est aussi rester libre face aux autres, y compris ceux qui peuvent faire mal. Rester libre ne doit surtout pas exclure la possibilité de les aimer : « c’est même respecter leurs différences et leur individualité », poursuit le religieux pour qui rester libre, c’est aussi respecter sa propre liberté et sa propre personnalité : « Rien ni personne ne peut nous enlever la joie d’être nous-mêmes, de conserver notre dignité humaine, même quand d’autres semblent nous l’enlever ».

Définir le climat de sa vie

Il s’agit donc de lutter contre… soi-même, de se détacher et de se libérer de tous ces mouvements intérieurs dont on peut devenir prisonnier. Et c’est justement dans cette lutte que la personne se construit et définit le climat de sa vie et son avenir. « Nous ne pouvons pas admettre que des faits de moindre importance assombrissent une vie : même dans l’effort, la vie peut être belle, et les relations – toujours fragiles – peuvent aussi être source de joie », affirme le père Césaire Falletti. Alors, au lieu de se lamenter sur les difficultés de la vie et des relations, il vaut mieux se délester du bagage des contradictions et jouir mieux ainsi du chemin à parcourir.

La garde du temps, de Césaire Falletti, Salvator, octobre 2021

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