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JO de Pékin : à deux pas des sites olympiques, l’étonnante chapelle de Chongli

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Zhu Zheng / XINHUA / Xinhua via AFP

Site olympique de ski, Chongli (Chine).

Louis du Bosnet - published on 14/02/22

Passionnés et amateurs de sport sont tout entier tournés vers Zhangjiakou, Yanqing ou encore Pékin afin de suivre jusqu’au 20 février les Jeux olympiques. Mais il est un autre lieu, situé à quelques kilomètres des pistes olympiques, qui ne manque pas non plus d’intérêt : la chapelle de Chongli édifiée il y a plus d’un siècle par des missionnaires.

Depuis le 4 février et jusqu’au au 20 février, Pékin, qui avait déjà été le théâtre des Jeux Olympiques d’été en 2008, organise les Jeux Olympiques d’hiver de 2022. Une partie des épreuves de ski de fond et de biathlon ont lieu dans le district de Chongli-Zhangjiakou, situé dans la province du Hebei, au nord de la Chine. Dans la ville de Qipanliang, la discrète chapelle de Chongli, située près de la gare TGV et à proximité des sites olympiques, intrigue autant qu’elle attire.

Un refuge pour les catholiques et les missionnaires.

Construite en 1904 sous l’impulsion du missionnaire néerlandais Hadriaan van der Heijden, le petit édifice attirait des missionnaires européens venus exercer leur apostolat en Chine, jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Mao. La plupart des missionnaires, notamment des prêtres belges de la congrégation du Cœur immaculé de Marie (CICM), connus comme les pères de Scheut, sont donc arrivés dans la région « en contribuant à en faire un refuge pour les catholiques et les missionnaires », détaille le père Jeroom Heyndrickx, l’un des plus grands historiens du christianisme en Chine, dans un récent article paru dans la newsletter de la Fondation Ferdinand Verbiest.

Il y a 150 ans, avant de devenir la ville de Zhangjiakou, Xiwanzi était un petit village isolé de 3.000 âmes mais avait donc déjà sa propre église catholique. Ces dernières années, bien avant le début des préparatifs des Jeux olympiques d’hiver, des chrétiens ont utilisé leurs propres moyens et techniques afin de construire une nouvelle église. « Elle domine au milieu des gratte-ciel avec deux hauts clochers comme une belle cathédrale », reprend le père Jeroom Heyndrickx.

Pour les athlètes catholiques en lice, ces Jeux d’hiver ont une saveur bien particulière liée aux douloureux souvenirs de massacres de chrétiens survenus à Hebei et la région voisine de Chahar au début des XVIIIe et XIXe siècle. L’arrivée progressive des communistes (responsables en 1937 de la mort de 33 moines trappistes, puis en 1946 de celle d’environ 1.000 civils pour la plupart chrétiens à Xiwanzi) à la tête du pays, ainsi que le lancement de la révolution culturelle en 1966, n’ont fait que faire croître les persécutions à l’égard des catholiques.

Aujourd’hui encore, la répression reste féroce. Fermeture d’églises, arrestation de prêtres et de séminaristes, volonté de faire du christianismes une religion d’État… En décembre 2019, Xi Jinping avait même émis le souhait de réécrire les traductions des textes de la Bible pour la mettre en conformité avec les « exigences de la nouvelle époque », suscitant l’émoi de la communauté catholique. Le dernier « Index mondial de persécutions des chrétiens » (2021) recensant les statistiques établies par l’association protestante évangélique Portes Ouvertes, avait placé la Chine au premier rang des pays où le nombre d’églises avaient été prises pour cible en 2020 (3.088).

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