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Cette femme qui a toujours veillé sur Charles de Foucauld

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Marie de Bondy

Photomontage Aleteia /AFP/www.charlesdefoucauld.org/

Marzena Devoud - publié le 05/05/22

Amie spirituelle, deuxième mère, cousine adorée… Si, pendant toute sa vie, Marie de Bondy a veillé sur Charles de Foucauld, c’est son témoignage de foi profonde qui a provoqué la conversion foudroyante de son jeune cousin.

Si on se penche sur la vie extraordinaire de Charles de Foucaud, dont la canonisation aura lieu le 15 mai prochain à Rome, on aperçoit dans son ombre une présence constante, tant protectrice qu’inspirante : celle de Marie de Bondy. Une « belle âme », comme il l’appelait, qui a joué un rôle essentiel dans sa vie dès sa petite enfance.

Car Charles de Foucauld n’a pas encore 6 ans quand ses parents meurent : d’abord sa mère en mars 1864, puis quelques mois plus tard son père, en août de la même année. Charles et sa sœur se retrouvent orphelins. Ils sont confiés au grand-père maternel, le colonel Charles-Gabriel de Morlet, qui fera tout pour combler d’affection les deux enfants. Il marquera d’ailleurs profondément le futur saint jusqu’au choix de faire comme lui, une carrière militaire. De même, d’autres personnes de son entourage familial ont une influence bienveillante sur son éducation. Enfant, Charles apprécie la compagnie de sa belle et brillante tante, Inès Moitessier. Mais il aime encore plus la présence de sa fille Marie, qui est de huit ans son aînée. Il se retrouve souvent avec sa cousine, au château de Louye, dans l’Eure. Dans sa correspondance, il évoquera plus tard les moments de bonheur passés ensemble.

Quand, en avril 1872, Charles fait sa première communion, Marie lui offre un petit livre de Bossuet, Les élévations sur les Mystères. Ces méditations sur l’Évangile auront un impact sur son cheminement spirituel bien plus tard. Car Charles va vivre entre-temps une véritable rupture tant familiale que spirituelle. En effet, en 1874, sa cousine se marie avec le comte de Bondy. Le jeune garçon se sent soudainement abandonné à la fois par Dieu et par celle qui représentait pour lui une amie de cœur et une sœur spirituelle. Commencent alors douze années de doute et de vie « sans aucune foi » : « Jamais, je crois n’avoir été dans un si lamentable état d’esprit Je vivais comme on peut vivre quand la dernière étincelle de la foi est éteinte », expliquera-t-il plus tard dans une lettre à son ami Henri de Castries.

Désabusé, boulimique, dilapidant sa fortune, Charles profite de toutes les distractions possibles et les plus folles. Pour constater finalement, à l’âge de 20 ans, qu’il a probablement tout perdu : ses parents, sa foi, sa relation privilégiée avec sa cousine maintenant mariée, et enfin celle avec son grand-père adoré qui vient de mourir… 

L’enfant prodigue

Quand en 1884, il rentre d’un voyage de quatre ans au Maroc, sa cousine Marie le reçoit comme un enfant prodigue, très heureuse de le retrouver à nouveau, comme si rien ne s’était passé entre-temps. Charles lui annonce d’ailleurs ses fiançailles avec Marie-Marguerite Tite, une jeune fille fraîchement convertie. Lui a alors 27 ans et elle en a 23. Sa famille pourrait espérer le voir enfin se ranger et fonder une famille. Au contraire, Marie comprend assez rapidement que la raison du mariage n’est pas valable : en épousant Marie-Marguerite, Charles souhaite en réalité mettre fin aux désordres de ses propres mœurs. Déterminée, Marie réussit à le détourner de ce projet. Le futur saint lui écrira quelques années plus tard : « J’avais besoin d’être sauvé de ce mariage et vous m’avez sauvé ! ».

Discrète, Marie veille constamment sur Charles. C’est justement son témoignage de foi profonde qui le fera basculer dans une toute autre vie.

Le 19 février 1886, Charles de Foucauld s’installe à Paris au 50, rue de Miromesnil. Ce n’est qu’à quelques pas de l’hôtel particulier des Moitessier, où habite son oncle et sa tante ainsi que le ménage de sa cousine Marie. Charles n’est plus le même homme. Il vit dans la solitude et il travaille beaucoup. Comme le remarque Mgr Jean-Claude Boulanger dans L’Évangile dans le sable, « l’expérience du désert l’a profondément marqué, que ce soit le désert du Maroc ou le sud algérien et tunisien ». Pour renouer avec sa famille, Charles a l’habitude de diner chez sa cousine. C’est à cette occasion qu’il rencontre l’un de ses amis, l’abbé Huvelin, celui grâce à qui il vivra une conversion foudroyante.

Tout cela, c’était votre œuvre, mon Dieu ! Votre œuvre à vous seul ! Une belle âme vous secondait, mais par son silence, sa douceur, sa bonté, sa perfection.

Discrète, Marie de Bondy veille constamment sur Charles. Pour lui, sa cousine reflète une image de sainteté. C’est justement son témoignage qui le fera basculer dans une autre vie. Dix ans plus tard, en évoquant cette période de sa vie, Charles de Foucauld insistera en disant que Dieu s’est fait « seconder » par sa cousine Marie, pour le faire rentrer au bercail :

« Mon Dieu, vous m’avez ramené dans cette famille, objet de l’attachement passionné de mes jeunes années, de mon enfance. Tout cela, c’était votre œuvre, mon Dieu ! Votre œuvre à vous seul ! Une belle âme vous secondait, mais par son silence, sa douceur, sa bonté, sa perfection. Vous m’aviez attiré à la vertu par la beauté d’une âme, en qui la vertu m’avait paru si belle, qu’elle avait irrévocablement ravi mon cœur. »

L’enquête canonique

Quant à Marie, lors de l’enquête canonique pour la cause de béatification de son cousin, elle confiera juste ceci : « Je ne me suis aperçue en rien de l’évolution religieuse de Charles jusqu’au jour où il m’a dit incidemment : Que vous êtes heureuse de croire ! Je cherche la lumière et je ne la trouve pas ». Je lui ai répondu : « Croyez-vous que ce soit un bon moyen de chercher tout seul ? » Et il a vu l’abbé Huvelin, qu’il avait déjà rencontré dans la famille… c’est tout ce que j’ai fait pour sa conversion, dont je n’ai été qu’un instrument très indirect », a-t-elle déclaré. 

La conversion foudroyante

La scène évoquée par Marie se passe en octobre 1886, six mois après le retour de Charles dans la famille. Au fond de lui, le jeune homme de 28 ans a une conviction sans appel : c’est l’amour de Dieu qu’il veut découvrir, c’est lui qui peut combler son âme. Un matin de ce mois d’octobre, Charles entre dans l’église Saint-Augustin. Sur le conseil de sa cousine, il souhaite discuter avec l’abbé Huvelin, croisé donc un peu plus tôt à un dîner chez elle. En attendant que ce dernier termine de confesser, Charles s’agenouille et récite intérieurement cette prière :

« Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse. »

Il la répète pendant des heures jusqu’à qu’une main se pose sur son épaule pour le ramener à la réalité. Mais lorsqu’il lève les yeux, il ne voit personne. Une impression peut-être ? C’est alors qu’il voit l’abbé Huvelin sortir du confessionnal. Il se lève , le rejoint et lui demande de lui parler de Dieu. « Je voudrais avoir des lumières sur Lui », explique-t-il. L’abbé réplique : « Confessez-vous ! » Réalisant qu’il ne pourrait avoir de réponse sans obéir à sa requête, Charles se confesse sans protester. Le père Huvelin lui donne l’absolution… et soudainement, une conviction le saisit intérieurement : Dieu est là, tout près. Et il l’appelle. « Ah mon père, s’exclame-t-il, que dois-je faire pour servir le Seigneur et propager cette lumière ? Que dois-je donner ? Où dois-je aller ? En demandant de se calmer, le religieux lui répond : « Si Dieu vous appelle réellement, le temps n’aura pas d’emprise sur cette vocation. » Si l’abbé Huvelin reste prudent, la vocation, elle, est bien réelle. 

« On n’aimera jamais assez ! »

Depuis, Charles de Foucauld et Marie de Bondy parleront toujours de l’abbé Huvelin, leur ami commun, comme d’un saint. Après sa mort en 1910, Charles écrit à sa cousine : « Le Bon Dieu nous ôte les soutiens les plus utiles et les plus chers pour nous détacher de tout ce qui n’est pas lui. Il nous les ôte en apparence car en réalité nous avons le secours de notre père plus que jamais. » Le 1 décembre 1916, le jour de sa propre mort, il notera encore ces quelques phrases adressées à sa cousine : « On trouve qu’on n’aime pas assez… Comme c’est vrai, on n’aimera jamais assez ». Ce sont exactement les mêmes paroles que celles prononcées par l’abbé avant de mourir : « On n’aimera jamais assez, On vaut par ce qu’on aime. »

Découvrez aussi les dix plus belles citations de Charles de Foucauld :

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Béatification et canonisationCharles de FoucauldConversion
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