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Mgr Aveline, un profil « méditerranéen » qui a su toucher le Pape

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Handout / VATICAN MEDIA / AFP

Le pape François et Mgr Jean-Marc Aveline.

Camille Dalmas - publié le 29/05/22 - mis à jour le 19/09/23

Dans quelques jours, l’archevêque de Marseille, Mgr Jean-Marc Aveline va recevoir le Pape dans la cité phocéenne. Portrait de celui qui a rejoint la liste des cardinaux électeurs le 27 août 2022.

À 63 ans, Mgr Jean-Marc Aveline a rejoint le 27 août 2022 les quatre autres cardinaux français âgés de moins de 80 ans et qui auraient donc la charge d’élire un nouveau pape en cas de conclave – Dominique Mamberti, Philippe Barbarin, Jean-Pierre Ricard et André Vingt-Trois. Le 15 mai dernier, l’archevêque de la cité phocéenne était venu à Rome assister aux canonisations de dix bienheureux, dont le Français Charles de Foucauld. L’avant veille, il avait brillamment retracé la vie du saint Français lors d’une conférence tenue à l’église française de la Trinité-des-Monts, à Rome.

En avril 2021, Mgr Aveline avait rencontré le pape François durant près d’une heure en tête-à-tête. « Une première », avait-il confié au sortir d’une audience où les deux hommes avaient largement évoqué la « théologie de la Méditerranée », cette idée selon laquelle le dialogue et les échanges entre les peuples du pourtour méditerranéen doivent permettre de déployer « une grande tente de paix ».

Manifestement, le pape François a été touché par ce chaleureux pasteur au parcours singulier. Un profil « méditerranéen » qui n’a pas laissé indifférent François. Jean-Marc Aveline est né en Algérie française à Sidi Bel Abbès en 1958. Sa famille, des pieds noirs originaires d’Andalousie, s’y est installée à la fin du XIXe siècle. Le prélat marseillais aime à rappeler qu’elle y était « venue fuir la famine et chercher du travail à une époque où les flux migratoires en Méditerranée allaient plutôt du Nord vers le Sud ».

Lui-même ne connaîtra qu’à peine les « plateaux de terre brune au sud d’Oran » où s’enracinèrent les siens pendant près d’un demi-siècle : la guerre d’Algérie et les Accords d’Évian les poussèrent, comme tant d’autres, à prendre la fuite. Il se souvient de la violence de ce temps là, des « balles perdues » qui brisaient les vitres de leur appartement familial. À quatre ans, il traverse la Mare Nostrum, laissant une « histoire familiale […] avec ses souvenirs heureux et ses cicatrices douloureuses » qui, pour sûr, le marquèrent radicalement. 

Après quelques années passées à Paris, où son père, pourtant ébéniste, trouve un travail dans les chemins de fers, il rejoint Marseille. Là, Jean-Marc Aveline connaît une enfance heureuse dans les quartiers populaires de la cité phocéenne. Il réside dans les Quartiers Nord, à Saint-Barthélémy dans une cité HLM construite pour les agents de la SNCF. Ses parents sont croyants, son père bénévole au Secours catholique, un exemple qui l’a marqué. Bon élève, il est admis au Lycée Victor Hugo, où il obtient un bac scientifique en 1975 avant d’intégrer le prestigieux Lycée Thiers en classes préparatoires. Maths Sup’, Maths Spé, il passe les concours, s’apprête à « cuber », mais lui revient alors une « petite chanson » qui lui trottait dans la tête depuis ses 8-9 ans : devenir prêtre.

Le dialogue interreligieux n’était pas ma qualification, ni mon goût. Mais la vie, souvent, nous éclaire longtemps après sur des cohérences qui nous avaient échappé…

Au début de l’été, il part en retraite pendant huit jours dans un monastère provençal où il prie en silence, une épreuve pour lui qui est d’un naturel plutôt joyeux. De retour à Marseille, il croise un prêtre qui lui demande à la cantonade quand est-ce qu’il rentre au séminaire. Sans vraiment réfléchir, le jeune homme répond « en septembre ». 

Le début de sa mission de prêtre est particulièrement lié à l’enseignement, une aubaine pour celui qui rêvait d’être professeur. En septembre 1977, il intègre ainsi le séminaire d’Avignon, où il reste jusqu’en 1979. Il rejoint ensuite le séminaire des Carmes à Paris, où il étudie le grec et l’hébreu biblique. En 1984, il est ordonné prêtre, et poursuit pendant deux ans ses études. En 1986, il retourne enfin à Marseille. Professeur au séminaire puis vicaire dans une paroisse du centre-ville, il se voit confier la charge des vocations pour le diocèse en 1991.

En 1992, il crée l’Institut de sciences et de théologie des religion (ISTR), dont il restera le directeur jusqu’en 2002. On lui confie aussi les rênes de l’institution Saint-Jean et un cours à la faculté de théologie de l’Université catholique de Lyon. En 2007, il est choisi pour devenir vicaire général de l’archidiocèse de Marseille.

C’est alors qu’il est appelé pour venir à Rome en tant que consulteur du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. « Le dialogue interreligieux n’était pas ma qualification, ni mon goût. Mais la vie, souvent, nous éclaire longtemps après sur des cohérences qui nous avaient échappé… Cette expérience a changé ma vie », confiait-il à La Provence en 2019. En 2013, il est nommé par le pape François chez lui, à Marseille, évêque auxiliaire. 

Un des évêques les plus « bergogliens » de l’Hexagone

Six ans plus tard, François lui confie la mission de succéder à Mgr Georges Pontier qui part à la retraite. Vu comme un des évêques les plus « bergogliens » de l’Hexagone, sa nomination fait de cet évêque français un des ponts privilégiés entre la France et Rome, bien qu’il ne maîtrise pas l’italien. C’est d’ailleurs vers lui que se sont tournés ses confrères faire venir le pape François à Marseille en automne 2023.

Le pape François et le futur cardinal partagent une certaine vision de la mission de l’Église catholique en Méditerranée, entre dialogue apaisé avec l’Islam, fraternité et solidarité avec l’autre rive. « Marseille est plus qu’une ville : c’est un message ! Un message où la détresse se mêle à l’espérance », a-t-il lancé au président de République Emmanuel Macron lors de sa visite dans sa ville en août 2021, à un moment où les projecteurs étaient braqués sur les déboires sécuritaires persistants du port provençal.

« Message » : un terme souvent employé par le pape François – lui-même l’ayant emprunté à Jean Paul II – pour évoquer une autre réalité méditerranéenne : celle du Liban. Ainsi, sans doute le pape François aura été surtout séduit par la dimension méditerranéenne de l’archevêque.

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