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Ce pendentif médiéval pourrait contenir des reliques oubliées

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LEIZA

Bérengère de Portzamparc - publié le 31/01/23

Pendant des siècles, ce pendentif moyenâgeux était enfoui dans une ancienne fosse à ordures. Mis à jour en 2008, et après nettoyage et études effectués par des chercheurs allemands, il pourrait bien cacher en son cœur une relique de saint, d'après une nouvelle étude en date de début janvier.


C’est dans une antique fosse à ordures de l’ancienne cité romaine de Mayence, en Allemagne, qu’a été découvert, en 2008, un pendentif médiéval totalement corrodé, après au moins 600 ans d’enfouissement. Cela n’a pas découragé les archéologues et chercheurs allemands qui se sont penchés sur cet objet en cuivre, de la taille d’une paume de main. Si l’étude de la terre dans laquelle était enfouie le bijou a démontré qu’il y était depuis le XIVe siècle, son style artistique suggère toutefois que celui-ci daterait plutôt du XIIe siècle, et qu’il aurait pu être fabriqué à environ 285 kilomètres de là, dans un atelier près de la ville de Hanovre, connu pour être à l’origine d’objets similaires. L’objet aurait donc été « jeté » au bout de 200 ans d’existence !

Après avoir passé plus de 500 heures de travaux de restauration afin d’éliminer la corrosion, l’équipe de recherche interdisciplinaire dirigée par le Centre d’archéologie Leibniz (LEIZA), dédiée à cet objet, a permis de révéler qu’il s’agissait d’un très beau bijou, vert et bleu et recouvert de feuille d’or. Un quadrilobe, typique de l’art gothique, émaillé d’images du Christ, de la Vierge Marie, des quatre évangélistes et de quatre saintes. Et le 5 janvier dernier, cette même équipe a annoncé, par communiqué, une nouvelle découverte de taille…

Des reliques de saint ?

En effet, grâce à des techniques ultra-modernes, en l’occurrence une imagerie neutronique non invasive et non destructrice, l’équipe a pu déceler qu’à l’intérieur même du bijou, dans une petite cavité, se trouvaient cinq petits sacs en tissu (en lin ou en soie ?) contenant chacun de minuscules fragments d’os. Ces derniers pourraient potentiellement constituer les reliques d’un saint. « Les essais non destructifs aux neutrons ont été particulièrement utiles car nous ne pouvions pas simplement [l’ouvrir] et regarder à l’intérieur », explique ainsi le restaurateur Matthias Heinzel. « L’objet et surtout le mécanisme de verrouillage sont gravement endommagés par des siècles de corrosion, et l’ouvrir reviendrait à le détruire irrévocablement. »

Un phylactère

Elles suscitent la construction de sanctuaires, elles mettent en mouvement des foules de pèlerins… mais de quoi s’agit-il vraiment ? Le mot latin reliqua désigne les restes corporels de saiints ou d’objets leur ayant appartenu ou d’objets réputés avoir appartenu au Christ. Elles sont considérées comme sacrées, et font souvent l’objet d’un culte ou d’une dévotion particulière. Comme précise la Congrégation des causes des saints dans une instruction publiée en italien, le 16 décembre 2017 sur Les reliques dans l’Église : authenticité et conservation, « les reliques doivent être conservées dans des lieux sacrés et vénérés par le culte ». 

Ce pendentif, qu’on appelle un phylactère, était assez courant au XIIe siècle. Porté autour du cou, il était censé protéger celui qui le porte. Les historiens savent par ailleurs que ces « reliquaires » médiévaux contenaient, en plus des ossements, une bande de parchemin (ou de papier) portant le nom du saint porté. Reste donc aux chercheurs, et à leurs machines surpuissantes, de réussir à lire à travers l’objet, pour tenter cette fois de faire apparaître les quelques lettres qui élucideraient le mystère ! « Peut-être que nous le découvrirons dans les prochaines années, avec d’autres instruments et une résolution plus élevée. Qui sait ? Nous allons essayer », indique encore Matthias Heinzel. Jusqu’à présent, seuls trois autres phylactères de ce genre ont été ouverts.

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