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Le management à l’école du saint moine Étienne d’Obazine

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Shutterstock I Branislav Nenin

Xavier Patier - publié le 16/03/23

L’art du commandement ne s’apprend pas dans les livres, ni à l’école des grands chefs trop hors normes pour être imités. En revanche, pense l’écrivain Xavier Patier, l’expérience des moines fondateurs du Moyen Âge est particulièrement inspirante.

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Commander à des hommes est une vocation difficile qui a besoin d’être confortée par le recours à des réussites exemplaires. On ne naît pas manager, on le devient, même s’il existe des prédispositions particulières en ce domaine, comme dans tous les autres. Un manager se doit de nourrir sa pratique par l’observation de ce qu’ont montré les grands chefs. Cela vaut pour tous les dirigeants. Il n’y a pas de petit management et pas non plus de petit dirigeant. Napoléon répondit à une femme qui lui disait son admiration d’avoir commandé une armée de cinq cent mille soldats : « Madame, on ne commande jamais à plus de quinze personnes. » On peut évidemment lire avec profit le Mémorial de Sainte-Hélène, ou les Mémoires de Louis XIV, ou les Mémoires de Guerre, ou les souvenirs de Churchill, mais les géants qui les ont écrits vivaient sur une autre planète que la nôtre. 

Un ascète épris de solitude

Plus directement inspirante est l’expérience des grands bâtisseurs du Moyen Âge, ces moines partis de rien qui, en cherchant Dieu, sont devenus presque malgré eux des meneurs d’hommes, des bâtisseurs d’empires temporels et spirituel, fondateurs d’une culture qui a façonné nos paysages géographiques et intérieurs. La vie de saint Étienne d’Obazine est un exemple particulièrement éclairant.

Il ne commandait que pour servir. Il aima par-dessus tout le Christ, et comme lui, il préféra les pauvres.

Voici un ascète épris de solitude, persuadé d’avoir une vocation d’ermite, qui en quelques années devient chef d’une communauté de plusieurs centaines d’hommes et de femmes. Voici un ami de la pauvreté qui en vient à gérer un réseau impressionnant d’abbayes, de prieurés et de granges structurant l’économie de toute une région. Voici un homme désireux de passer sa vie dans une cabane qui, pour finir, édifie la plus grande abbatiale de sa province. Seul en 1127, quand il bricole une première baraque en bois dans les environs d’Aubazine, il meurt en 1256 comme un des plus grands abbés bâtisseurs de son siècle. Il a entre temps enseigné, converti, nourri, guéri une foule de clercs et de laïcs, en un siècle qu’on dit chrétien — et il est vrai que Bernard de Clairvaux fut à cette époque le chef véritable de l’Occident — mais qui fut un siècle de famines, de guerres, d’assassinats et de massacres. Comment cette évolution s’est-elle produite ? 

Exigeant pour lui-même

Étienne avait des fondamentaux dont il ne s’est jamais éloigné : la prière, l’ascèse, l’écoute des autres. Il pouvait être coléreux, procédurier, intransigeant jusqu’à l’apparente injustice, mais il était avant tout exigeant pour lui-même. Il ne chercha jamais les postes élevés. Ils lui furent imposés par l’évêque le Limoges qui le contraint de devenir prieur de l’abbaye qu’il venait de fonder. Il ne commandait que pour servir. Il aima par-dessus tout le Christ, et comme lui, il préféra les pauvres. Il se sentit responsable de ceux qu’il dirigeait jusqu’à vouloir se sacrifier pour eux. Il fut un grand chef non pas bien qu’il fût grand chrétien, par parce qu’il était grand chrétien. La voie du management chrétien existe : il faut la défricher dans les livres des moines fondateurs.

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