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Le périple de Céline, 6.000 kilomètres sur les pas de Marie Madeleine

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Céline Anaya Gautier

Céline Anaya Gautier.

Domitille Farret d'Astiès - publié le 21/07/23

Partie de Meudon le 9 avril 2023, Céline Anaya Gauthier a entamé un pèlerinage de 6.000 kilomètres sur les traces de sainte Marie-Madeleine avec un objectif final : la ville de Magdala, en Israël.

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« J’interroge la place de la femme dans la société et ma porte d’entrée est Marie-Madeleine« . À 46 ans, Céline Anaya Gauthier a entamé une marche de 6.000 kilomètres sur les traces de sainte Marie Madeleine. Un pèlerinage qui revêt pour elle deux dimensions : journalistique et spirituelle. Photographe-journaliste de profession, cette Franco-péruvienne à la spiritualité « hors des sentiers battus », selon sa propre expression, s’est mise en tête de découvrir qui était vraiment Marie Madeleine, qu’elle ne connaissait pour ainsi dire pas quelques mois auparavant. « Pour moi, c’était le nom de l’église de ma grand-mère au Pérou. Je n’avais aucune idée de qui elle était », lance-t-elle. Le point de départ de ce projet, c’est une interrogation. Et chez cette grande marcheuse qui a parcouru pas moins de onze fois les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, interrogation rime assez naturellement avec aventure.

Elle décide donc de mener un travail d’enquête et de relier les lieux importants qui parlent de la sainte. Le 9 avril 2023, elle quitte sa ville de Meudon après une messe d’envoi, puis relie Vézelay, Rocamadour, les Saintes-Maries-de-la-Mer. Son chemin, elle le trace à sa façon. Ainsi, attirée par les Vierges noires, elle décide de faire une pause au Puy-en-Velay. Plus loin, au niveau des Pyrénées, elle chemine à travers les sentiers cathares. Mais clairement, ce qui la guide, c’est la sainte de Magdala. Aujourd’hui, en route vers la Sainte-Beaume, elle a pour projet d’atteindre Civitavecchia (Italie) après un passage sur la via francigena, et de là, de rejoindre Port-Saïd (Égypte) par bateau. Puis elle empruntera le chemin de la Sainte-Famille ― une route de pèlerinage copte ― avant de mettre le cap sur Jérusalem, et enfin le site de l’ancienne Magdala, au bord du lac de Tibériade, objectif final de son périple. Arrivée prévue dans un an. À Dieu vat !

Un chemin spirituel et intellectuel

Sur le chemin, elle se plonge dans les Écritures et rencontre archéologues, historiens, religieux et exégètes qui l’aident dans son travail d’enquête sur la sainte. « Marie-Madeleine cristallise beaucoup de croyances. J’ai la sensation que quelles que soient les personnes qui en parlent, que ce soient des hommes ou des femmes, les gens parlent d’eux-mêmes, de ce qu’ils sont ou aimeraient être. Je dirais que Marie-Madeleine est un kaléidoscope ». 

La marcheuse se souvient d’une Brésilienne qui lui parlait du côté sauvage de la sainte, mais aussi d’une femme au lourd passé plus sensible à la dimension de la femme pardonnée, ou encore de religieuses pour lesquelles « l’apôtre des apôtres » représentait la femme au sein de l’Église. « Je me sens riche de toutes ces visions », concède-t-elle, tout en affirmant avoir besoin de creuser plus profondément, animée par la certitude que le fait de revenir aux textes sacrés lui offrira une vision plus juste de la sainte. « Ma quête de vérité ne remet pas du tout en question la foi des autres. Je suis sur un chemin spirituel, historique et intellectuel ». Après cent jours de route et mille huit cent kilomètres parcourus, elle a encore plus de questions qu’au départ et évoque « un bouillonnement richissime intellectuellement » où alternent « des moments de grâce et de colère extrême ».

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Des épreuves et des incertitudes

Et ses journées ? L’été, elle se lève à cinq heures du matin pour un départ à cinq heures trente. Elle parcourt vingt à trente kilomètres, puis arrive à l’étape entre midi trente et treize heures. Vient le temps de la sieste, de la lessive quotidienne, puis un temps d’écoute des textes sacrés. Chaque dimanche, elle s’octroie vingt-quatre heures de pause. Le chemin, c’est de la spiritualité mais aussi une organisation concrète… et beaucoup de rencontres et de surprises.

Au départ, Céline s’était mise en route avec une amie, Claire, qui a été contrainte d’arrêter à cause de problèmes de santé. Rude épreuve pour notre journaliste qui voit avec effroi qu’elle devra continuer la route seule. « Je me demandais si j’allais y arriver. Je me sentais moyennement motivée à l’idée de traverser le Morvan et le Forez toute seule. J’ai prié l’archange saint Michel et une heure plus tard, un Hollandais est arrivé… qui s’appelait Michel ». Le pèlerin-surprise arrive à point nommé et sera son compagnon de route durant les prochaines étapes.

La bourlingueuse des hautes sphères raconte son chemin sur les réseaux sociaux, images à l’appui, sans faire mystère des difficultés. « Je fais vraiment part de mes états d’âme. Je m’affiche quand j’ai des doutes et quand je suis au bout de ma vie. Je montre tout : ce ne sont pas que de beaux paysages et tout n’est pas rose ». Forte de ces hauts et ces bas, elle continue vaillamment, gardant en tête ces mots que lui a glissés de manière impromptue une inconnue au tout début de son aventure : « Marie-Madeleine était une femme entière. Elle n’a pas eu besoin de Jésus pour être entière. Mais c’est parce qu’elle était entière qu’elle l’a compris avec le cœur ». 

Tags:
Marie MadeleinePèlerinage
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