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Le chantier avait du retard… Le préfet confie à une église une toile de maître en compensation

SAMARITAINE-BERCY-PARIS-STELLA

CC / Mbzt Wikimedia

“Le Christ et la Samaritaine” de Jacques Stella

Sophie Roubertie - publié le 13/10/23

L’Histoire a réservé à l’église Notre-Dame de la Nativité de Bercy, à Paris, un destin peu enviable : elle est la seule église de Paris à avoir été incendiée pendant les événements de la Commune. Et si “Le Christ et la Samaritaine” de Jacques Stella s’y trouve désormais, c’est en réparation de l’épreuve subie.

Notre-Dame de la Nativité est la première église de ce qui deviendra le 12e arrondissement de Paris. Construite au XVIIe siècle, sous le vocable de Notre-Dame du Bon Secours, on raconte que Louis XIV y aurait une fois assisté à la messe. Le Roi-Soleil est en effet passé à Bercy, y a créé un privilège sur le commerce du vin, entraînant le premier entrepôt de Bercy. Mais l’histoire a bien malmené ce sanctuaire, entre ruines et incendies. Celui que nous voyons aujourd’hui a dû être entièrement reconstruit au XIXe siècle car l’église était en ruine. C’est à ce moment-là qu’elle a pris le vocable de Notre-Dame de la Nativité.

Plus tard, en 1871, pendant la semaine sanglante de la Commune de Paris, de nombreuses œuvres d’art sont détruites dans les églises parisiennes. L’église de la Nativité est la seule à avoir été incendiée. La reconstruction sera rapide, à l’identique, la peinture des plafonds se prolongeant tout de même jusqu’au début du XXe siècle. Alors pour compenser la lenteur dans la réalisation des décors, la préfecture de la Seine offre à l’église plusieurs tableaux du XVIIe siècle dont ce Christ et la Samaritaine, peint par Jacques Stella.

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“Le Christ et la Samaritaine” de Jacques Stella.

Après cette reconstruction, les mésaventures ne se sont pas arrêtées là pour Notre-Dame de la Nativité de Bercy. L’église est totalement inondée pendant la grande crue de la Seine en 1910. Et si cela ne suffisait pas, un incendie a détruit une partie de l’intérieur de l’église en 1982…

Le tableau d’un peintre du roi

Jacques Stella, d’une famille d’origine flamande, mais né à Lyon, a longtemps vécu en Italie. Il en rapporte les couleurs lumineuses qu’on retrouve dans Le Christ et la Samaritaine. Le tableau est daté de 1652, une période pendant laquelle il était logé au Louvre. Ses qualités l’avaient fait reconnaître par Louis XIII, qui l’avait nommé “peintre du roi”. Le génie de Stella ? Faire verser l’eau d’une jarre dans une autre jarre bien plus décorée, pour illustrer les propos de Jésus sur l’eau vive : “Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive”.

Le tableau a été commandé par les carmélites du Faubourg Saint-Jacques, pour le décor réputé splendide de l’église du couvent de l’Incarnation à Paris. Tout près du Val-de-Grâce, sa nef comptait, entres autres, des toiles de Charles Le Brun et Philippe de Champaigne. Lors des saisies révolutionnaires, le tableau de Jacques Stella est expédié dans un dépôt rue de Beaune. En 1806, c’est à Saint-Sulpice qu’il est affecté, puis transféré quelques années plus tard dans l’église de la Madeleine. Et c’est en 1873 qu’il trouve la place qui est maintenant la sienne depuis 150 ans. Sans autre aventure qu’une belle restauration au début des années 2000 et un voyage en Italie pour une exposition.

Tags:
art sacréParisPeinture
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